lundi 15 juin 2009

La Compagnie des Bras Cassés - Part XV

La découverte du cadavre de Ferin a gravement choqué Marcus et Tordek. Cependant, ils n'auront pas le temps de faire leur deuil : le Diplomate dont ils devaient assurer la protection manque toujours à l'appel, et Glanix a un match dans quelques heures à peine. Dur temps pour la Compagnie.

Chapter XV - Looking for someone
(ou "A la recherche du demi-elfe perdu")

Marcus avait apparemment du mal à digérer la découverte macabre qu'il venait de faire. Tandis que Tordek essayait de réfréner les violentes émotions qui menaçaient de le submerger pour étudier rapidement le corps étendu devant lui, le jeune mage, ampli d'une rage frénétique, saisit le mendiant qui les avait menés ici et le plaqua contre le mur.
"- Parle mécréant, où je te fais fondre le visage! Que s'est-il passé?"
Avant d'obtenir une réponse, Marcus commença à asséner de lourdes frappes sur l'hère décontenancé, et Tordek dut s'interposer pour que le magicien se calme. Le miséreux était quasiment en état de catatonie, prostré sur le sol, et il allait dorénavant être difficile d'en tirer quelque chose. Le nain envoya Marcus chercher le reste de la troupe, pour le détourner un peu de l'immense peine qui obscurcissait apparemment son jugement. Pendant ce temps, il prit son temps pour obtenir les réponses du mendiant: celui-ci avait surpris Ferin en train de suivre discrètement un homme qui en portait un autre, apparemment inconscient. Alors qu'ils pénétraient tous dans la ruelle, une ombre furtive était tombée du toit sur Ferin et l'avait lestement poignardé, avant de disparaitre dans les ténèbres. Cela apparaissait à Tordek comme un assassinat net et sans bavure, et concordait avec l'unique blessure située dans le dos du Ferin. Le roublard avait de toute évidence était empoisonné à l'aide d'un poignard ou d'un stylet. L'oeuvre d'un professionnel.
Le reste de la compagnie arriva alors, sur les pas d'un Marcus toujours hors de lui, qui frappa derechef le mendiant pour récupérer les quelques pièces qu'ils lui avaient donné. Le va-nu-pieds s'échappa et courut se réfugier ailleurs dans la ville, maugréant complaintes et malédictions à mi-voix.
Des décisions devaient être prises. Tandis que certains voulaient partir directement suivre la trace du Diplomate et surtout du criminel (à l'image de Cyrielle), certains pensaient tout d'abord à apporter à leur défunt camarade un lieu de repos plus décent. Les aventuriers décidèrent finalement de se séparer en deux groupes : pendant que Cyrielle et Elphyr partiraient en reconnaissance, en essayant de retrouver la piste de l'assassin avec l'aide des dons de rôdeur du demi-elfe, les autres iraient rapidement déposer le cadavre de Ferin dans la maison de Tordek, en attente de trouver une dernière demeure plus digne.

***

La piste datait de la veille. Nombre de gens étaient passés dans les ruelles, et les quelques signes de passage caractéristiques avaient toutes chances d'avoir disparu. Cependant, un homme chargé d'un autre se déplace d'un pas beaucoup plus lourd, et Elphyr fut en mesure de suivre le cheminement dans les ruelles mal famées de la cité jusqu'à une maison apparemment abandonnée, à laquelle la piste menait tout droit. Alors que la moinesse et le rôdeur envisageaient d'entrer jeter un oeil dans la bâtisse, ils furent surpris par un toussotement.
" Bonjour, mademoiselle-monsieur!"
Tous deux se retournèrent en brandissant arme ou poing pour se retrouver... devant le Diplomate!
"- Comment allez-vous aujourd'hui?, continua-t-il comme si de rien n'était.
- Mais... que faites vous ici? Nous vous croyions enlevé?
- Enlevé? Que Nenni! Je me suis momentanément senti mal hier soir, sans doute après quelques excès de boisson, et un mien ami m'a transporté jusqu'à chez lui, ignorant où j'habitais.
- Pourquoi ne m'avez vous pas réveillée pour que j'assure votre protection? demanda une Cyrielle troublée.
- Je ne voulais pas vous réveiller. Je ne comptais que prendre un léger verre. Enfin tout cela n'est pas grave. Pourriez-vous tous deux me ramener jusqu'à mon domicile, s'il vous plait? Le quartier n'a pas l'air très sûr."
Les deux aventuriers obtempèrèrent en échangeant des regards surpris. Ils n'avaient pas du tout envisagé cette éventualité, et le bavardage incessant du demi-elfe qui semblait de fort bonne humeur constrastait quelque peu avec leur humeur actuelle, et de plus les empêchaient de réfléchir correctement. Ils assurèrent néanmoins l'escorte de l'Officiel jusqu'à l'auberge, où il les congédia, en leur demandant de repasser vers 13 heures pour l'emmener au match de Bourrée de l'après-midi. Cela leur laissait deux heures.

***

Le chemin jusqu'à la maison de Tordek fut on ne peut plus morose. Les compagnons portaient à bout de bras le cadavre de leur amis, et Marcus alternait entre larmoiements chétifs et crises de rage. Une fois arrivés à la maison du guerrier, ils étendirent la dépouille sur le lit nain pour s'en retourner retrouver leurs amis, en espèrant pouvoir exprimer leur rage et leur soif de vengeance sur les responsables de cet acte infâme.
Quelle ne fut pas leur suprise quand ils les retrouvèrentau pied de l'Auberge du Vif-Argent! En apprenant qu'ils avaient remis la main sur le diplomate, ils furent quelque peu intrigués, mais refusant de rester inactifs, de peur d'affronter leur peine. Ils décidèrent donc de retourner à la maison abandonnée trouvée par la moinesse et le rôdeur afin de la fouiller de fond en comble. Elphyr crocheta rapidement la serrure, et ils entrèrent tous dans une pièce très peu éclairée. A peine eurent-ils le temps de s'engager un peu qu'une subite attaque par surprise s'abattit sur le groupe. Un combat féroce s'engagea immédiatement et, l'effet de surprise passé, les aventuriers prirent rapidement le dessus, profitant de leur supériorité numérique et mus par une volonté de vengeance.
Les quatre assassins qui les avaient agressés ne firent pas long feu, et aucun quartier ne fut fait. Glanix invoqua une source de lumière magique, et une fouille minutieuse de la maison fut commencée. C'est en arrivant dans le cellier qui se trouvait au sous-sol qu'Elphyr découvrit... le Représentant du Roi! Une fois débaillonné, malgré sa fatigue, il ne manqua pas de faire savoir à Cyrielle et Elphyr (qu'il payait pour sa protection) tout le bien qu'il pensait de leurs services, et exigea de se faire amener le plus vite possible en lieu sûr.
Reconnaissant la légendaire bonhommie et gentillesse de l'Officiel, Cyrielle comprit vite qu'elle avait eu aupraravant affaire à un imposteur, impeccablement déguisé (sans doute par le biais de la magie). Les aventuriers convinrent donc d'un plan : pendant que Glanix irait jouer au match de Bourrée (qui allait commencer prochainement) et que Marcus l'accompagnerait, pour se prémunir d'une quelconque intervention magique pendant le match, Tordek emmènerait le diplomate au Monastère local de Saint-Cuthbert, sous la recommandation de Glanix, qui lui confia sa chevalière de l'ordre pour permettre une meilleure identification de la part de l'Abbé. Enfin, Elphyr et Cyrielle joueraient la comédie, et escorteraient l'imposteur au match comme prévu, afin d'essayer de se renseigner plus sur lui, voire de le piéger, au gré des événements.
Chacun partit remplir sa tâche, l'après-midi allait être longue.

***

Tordek n'était pas content : plutôt que d'aller régler son compte à cet infâme imposteur qui ne méritait que la mort (et qui était sans doute en partie responsable de la mise à sac de sa demeure, grief qui lui tenait lourdement à coeur), il se retrouvait à escorter une lopette de demi-elfe, imbu de sa personne, caractériel, qui déversait un flot ininterrompu de remontrances, et pire que tout, susceptible. S'il y avait bien un trait de caractère que ne supportait pas Tordek (qui était bonne poire, quand même, rien qu'à voir comme il acceptait des étrangers dans sa maison), c'était la susceptibilité. ça le foutait en rogne systématiquement.
Restait à choisir le chemin à prendre. Il fallait miser tout sur la sureté, il était nécessaire de bien planquer l'autre demi-race, et les grandes avenues seraient un endroit trop aisé pour se faire reconnaître et se faire piéger. Tordek décida donc d'emprunter les ruelles. En plus, il connaissait cette ville comme sa poche, c'était sa ville! Celui qui pourrait le surprendre en ce lieu n'était pas encore né!

***

Une ombre s'abattit des toits sur le nain, et lui porta un furieux coup dans le dos, avant de s'enfuir en courant, laissant le nain inconscient, étendu au milieu de la rue, et un diplomate affolé galoper en agitant des bras et en criant frénétiquement.

***

Quand Elphyr et Cyrielle arrivèrent à l'Auberge, ce fut pour trouver la chambre vide de tout diplomate, imposteur ou autre. Une fouille rapide ne donna rien (même si Elphyr était persuadé d'avoir aperçu une licorne sous le lit), et ils ressortirent tous deux bredouilles, sous le regard noir de l'aubergiste. Arrivés dehors, ils tombèrent sur le Diplomate, le vrai, habillé des mêmes fripes que celles dans lesquelles ils l'avaient trouvé quelques dizaines de minutes auparavant. Il était dans tous ses états, et mis quelques minutes à leur expliquer ce qu'il venait de se passer. Le rôdeur et la moinesse se ruèrent dans les ruelles pour arriver au corps du guerrier nain.
La solide constitution naine avait préservé la vie dans le corps meurtri de Tordek, mais il n'y avait pas de temps à perdre, il fallait trouver un moyen de le ramener à la vie!

***

Marcus s'ennuyait, et c'était insupportable. Il avait pensé que partir à l'aventure serait plus intéressant que ça, une vie faite de découvertes d'artefacts, de nouveaux sorts, et de franche camaraderie. Au lieu de ça, la vie n'était faite que de discussions avec des personnes aux intérêts totalement triviaux, de sorts de bas étage et de mauvaises surprises. Son meilleur ami venait de se faire tuer pour protéger la vie d'un Diplomate pompeux, et au lieu d'essayer de trouver le coupable, ou même d'essayer de trouver des sorts qui lui permettraient éventuellement de pouvoir exercer une vengeance, il était assis sur un gradin inconfortable au possible à se faire un infliger un spectacle grotesque de brutes qui se tapaient dessus pour un ballon. Il se demandait vraiment pourquoi le commun des mortels respirait avec ses boyaux et non avec son cerveau. Au moins l'équipe de Glanix était-elle en train de gagner haut la main, ce qui lui permettait de s'abstenir de faire intervenir sa puissante magie pour une cause aussi ridicule.
Soudain, il vit une forme se diriger rapidement vers lui. Il était à deux doigts de lui lâcher une flèche acide quand il reconnut Elphyr qui semblait fort pressé. Le demi-elfe arriva en courant:
"- Vite Marcus, il nous faut une potion de soins! Tordek est mourant, et l'apothicaire est fermé pendant le match!"
Marcus ne fit ni une ni deux même s'il n'avait pas tout compris, et donna deux potions de soins qu'il avait avec lui depuis forts longtemps au demi-elfe qui repartit aussi sec.
Deux secondes d'animation, avant de se replonger dans la morne contemplation de l'imbécilité de la population Banghorienne. Quelle joie.

***

Les aventuriers se retrouvèrent tous le soir au Monastère de Saint-Cuthbert. Glanix avait gagné son match (après une bonne prestation personnelle dont il était assez fier) contre des fiers barbares, assez brutaux mais très fair play. Il était revenu de suite avec Marcus, et finit de prodiguer les soins nécessaires à Tordek (qui allait déjà nettement mieux grâce à la potion donnée par Marcus) pour sa récupération. Le nain était circonspect et soutenait qu'il y avait forcément des sortilèges derrière l'attaque qui n'aurait pu le prendre à surprise dans le cas contraire. Il était convaincu de la présence d'un magicien dans les rangs adverses (dont personne ne savait rien). Il n'y avait pas eu de trace de l'imposteur (Marcus parla d'une espèce magique nommée Doppelganger, et semblait très intéressé par la théorie magique de ses créatures maléfiques).
Le monastère manquant de place (l'hospitalité n'étant pas le but premier de l'ordre de Saint-Cuthbert, et l'abbé ayant déjà fait une sévère entorse à ses principes en accueillant un représentant du Roi dans ses locaux), les compagnons décidèrent de retourner se reposer chez Tordek. Ils rentrèrent une fois la nuit tombée, et furent très prudent sur tout le chemin. L'arrivée chez Tordek fut un vrai soulagement, jusqu'à ce que, une fois tout le groupe entré, la porte ne se ferme.
Ils étaient entourés de cinq individus encapuchonnés, dont un mastodonte qui se tenait devant eux, un sourire narquois aux lèvres. Et ses premières paroles furent :
"Bien joué, Cyrielle!".

3 commentaires:

  1. Non je ne suis pas une traitresse, non je ne suis pas une traitresse, non je ne suis aps une traitresse, non...

    Cyrielle (traitresse)

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  2. "J'ai un capuchon, des gros seins et un air fourbe. Qui suis-je ?"

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  3. QUE FONT TOUS CES GENS CHEZ MOI ?

    (non, mais parce que bon, ma porte est défoncée, j'ai plus de chaises, l'autre gonzesse à moitié à poil nous a vendus, faudrait voir à pas abuser non plus...)

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