dimanche 21 juin 2009

La compagnie des bras cassés - Anecdote IV

Anecdote IV : « Emmerdement maximum » ou « Banghora je t’aime ».

Vite, il fallait faire vite. Sinon ils étaient perdus. Il fallait a tout prix marquer des points, sinon les adversaires allaient prendre le large, et ce serait perdu d’avance !
Gibert avait décidé de tout donner sur cette action, pour tenter de démonter le moral de l’adversaire. Deux ou trois tampons bien placés et plop ! Un point de plus ! A droite, il y avait une belle faille chez l’adversaire : en première ligne un gars qui s’était fait défoncer par Alfredo il y a deux minutes, en deuxième ligne, un petit gars tout frêle qui avait appelé sa mère lors du match précédent alors qu’il se faisait tendrement bousculer par un autre gars de seulement trois fois son gabarit. Une tarlouze en somme. Il n’y avait que le dernier défenseur qui pouvait poser problème, mais bon, c’est la qu’il allait devoir mettre toute sa force dans un joli tampon dans les règles de l’art de la Bouré. Oh oui, Gibert était un artiste, un artiste tamponneur, et c’était une star pour tous les fans de ce merveilleux jeu de Bouré. Il avait les épaules trois fois plus épaisses que sa tête, un cou gros comme ses cuisses, il avait des troncs de chêne à la place jambes, et des mains… immenses. Il aurait sûrement pu attraper le petit morveux à maman de la deuxième ligne par la tête et le jeter comme un javelot… sûrement… et tiens c’était une bonne idée ça, se dit Gibert en connectant l’hémisphère sud et l’hémisphère nord de son cerveau.
Triiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
Le coup d’envoi était donné ! Gibert attrapa la balle d’entre les mains de son adversaire qui venait de la mettre en jeu, avec une telle vigueur que cet adversaire courut en direction du trou de marque pendant quelques secondes avant de s’apercevoir que la balle n’était plus entre ses mains. Gibert tamponna avec une grande aisance le première ligne, qui alla valdinguer plusieurs mètres plus loin. Gibert poussa un rugissement en fermant les yeux, la foule du stade était aux abois. Complètement hystérique. Il rouvrit les yeux et se dirigea vers le deuxième ligne, une main tenant la balle, l’autre en avant pour tenter le « lancé de javelot ». Mais bizarrement, en s’approchant de lui il se rendit compte que ce dernier avait changé ! Comment avaient-ils fait pour changer de deuxième ligne aussi vite ? En plus le nouveau était bien plus massif. Mais bon rien d’insurmontable pour le roi du tampon. Gibert s’élança encore plus vite, vers ce nouveau deuxième ligne. Mais c’était qui d’ailleurs lui ? Un remplaçant qui venait de rentrer ? Il n’était pas sur le terrain en début de match… Bof, c’était une bonne raison de plus pour lui filer une belle trempe histoire qu’il ressorte aussi vite qu’il était entré.
Et c’est au moment ou Gibert vit apparaître d’autres gars sur le terrain que les deux hémisphères de son cerveau se reconnectèrent : « Mais ils sortent d’où ces mecs ? ». Malheureusement pour lui, cette connexion soudaine dans son encéphale lui valu un léger relâchement musculaire. Et donc son corps ne supporta pas le cumul d’une activité cérébrale intense et d’une chute violente. Plus aucune connexion ne se ferait jamais dans la tête de la superstar du tampon.

***

- « Pardon ? Répétez-moi ça ? J’ai pas dû bien comprendre !
- Il y a des corps d’hommes morts à l’étage, qui baignent dans leur sang. Ils nous ont agressés hier soir, donc on les a tués.
- …
- [sourire narquois]
- re-…
- Il faudrait les faire enlever, car ils vont commencer à faisander vu la chaleur »
L’aubergiste (qui de surcroît était un nain) dû réaliser un effort de concentration assez monumental pour ne pas aller chercher sa hache pour fendre en deux la tête de son homologue. Et pourquoi seulement en deux d’ailleurs ? Pourquoi pas en cinquante !? En mille morceaux d’égale grosseur ! Et pourquoi pas en faire du haché pour saucisses hein ??
- « Bien… on vous laisse, bonne journée ! ». Sur quoi l’homme à la tête hachée se dirigea vers la porte pour sortir.
La concentration du nain lâcha. Et il dit avec le même volume sonore qu’une foule déchaînée lors d’un match de Bourée :
- « Ne vous avisez plus jamais de revenir dans cette hôtel, plus jamais vous m’entendez ! Bande de vermines, voleurs, saccageurs, criminels ! Si vous revenez, je vous arrache la tête et la donne à manger aux cochons ! C’est clair ? ».
Il n’y avait plus personne dans le hall de l’hôtel.

***

- « Salut vieux frère ! Comment vas-tu ? »
Le vieux frère en question fronça les yeux quelques secondes, avant de reconnaître son ancien collègue de travail.
- « Salut a toi vieille raclure ! Tu me dois toujours une bière je te rappelle ! Pour la fois ou j’ai couvert tes arrières !
- Je te l’ai pas déjà offerte celle la !?
- Justement, tu m’en devais deux ! »
Il y avait d’autres personnes avec lui qui observaient chaque recoin de la banque. Comme s’ils recherchaient un nouveau spécimen d’araignée.
- « Ils font quoi tes amis la ? Demanda le nain au guichet, d’un air accusateur. Car s’ils cherchent un moyen de cambrioler la banque, dis leur immédiatement que notre sécurité est sans failles !
- Non non, ne t’inquiète pas, ils sont juste… euh… passionnés d’architecture naine !
- Ouais, je vois… » dit-il en redoublant sa surveillance.
Le nain client donna discrètement un coup de pied a chacun de ses compagnons en les regardant d’un air réprobateur.
- « Bon tu veux quoi Tordek ? Il n’y a plus de travail pour toi ici !
- Je venais juste demander si la sécurité de la banque était toujours aussi infaillible qu’avant. Car j’aimerais déposer quelques reliques en ma possession ici, mais auparavant j’aimerais m’assurer qu’elles seront bien en sécurité dans l’établissement. Tu comprends ?
- Tu as des possessions toi ? En dehors de cette vielle cahute en ruine qui te sert de maison ? ahahah, il parait d’ailleurs qu’on est venu visiter ta maison récemment, et c’est pour ça que tu veux déposer à la banque tes dernières chaises ? hahaha ».
Cette tirade ne parut pas plaire au nain client, mais bon, il ne s’en plaint pas, il pris juste un ton un peu plus dur dans ses phrases suivantes.
- « Je veux juste m’assurer que mes économies seront en sécurité ici. On dit partout en ville que cette banque est une mine d’or pour les voleurs inexpérimentés…
- Quoi ? Qui dit ça ?
- On dit même que la pierre de Bouré aurait été volée, et que cela va créer un scandale dans quelques jours !
- Quoi ?... je vais te prouver qu’elle est encore la cette pierre ! ».
Puis il s’en alla quelques minutes.
Il revint d’un air plutôt colérique.
- « Elle est toujours la cette satanée pierre ! Et j’ai pris une trempe par le chef à cause de toi pour avoir insisté pour aller voir, alors ouste ! Dégage moi le plancher, et que je te revois plus si c’est pas pour déposer de l’argent sur ton satané compte, qui est a sec depuis plusieurs années je te le rappelle ! ».
Le nain client et ses amis ne s’attardèrent pas.
- « Mais rappelle toi quand même que tu me dois une bière ! »
On ne la faisait pas à un nain, non mais !

***

- « Té r’garde cel’la ! L’est ronde comm’un coing ! Va s’la fair’ ! »
Nos deux ivrognes avaient repéré une demoiselle, pas mal foutue, forte poitrine, très beau cul, et saoule comme il faut. Juste assez pour qu’elle soit « consentante », et pour qu’elle ne se rappelle de rien le lendemain, si ce n’est un formidable mal aux fesses !
- « Rooooh toi, té e vrai fou d’la bééééz ! rhérhé ! »
Seulement le problème, c’est qu’ils ne savaient pas que leur destin avait été scellé dès lors qu’ils empoignèrent la femme pour la traîner dans une ruelle sombre. Et d’une ils ne la baisèrent jamais, et de deux une fois morts ils se virent leurs parties intimes broyées sous les coups de pieds répétés de ladite femme.

***

On frappait à la porte. Oh putain ouais et fort en plus ! Les assauts répétés sur cette porte résonnaient dans toute la pièce et dans la tête du sergent. Cela faisait redoubler d’intensité son mal de crâne.
Merde on peux pas décuver tranquille ! Laissez moi savourer tranquille ce fantastique mal de crâne ! C’est vraiment pourri de travailler au guet, les gens ne respectent même pas vos heures de récupération de lendemain de cuite.
- « C’est pour une plainte ! Ouvrez ! ».
Etrange, le sergent n’avait jamais remarqué à quel point il y avait de l’écho dans cette pièce du guet…

***

- « Salut vieux frère ! Comment vas-tu ?
- Qu’est ce que tu veux encore toi ?
- Hé bien la pierre, elle est toujours la ? Toujours en sécurité ? Vous n’avez pas eu de problèmes récemment ? Et le représentant du roi ne serait-il pas venu retirer la pierre en avance ?
- La pierre est toujours la !! Et ne me demande pas d’aller voir !! Sinon je te fais manger tes dents !
- C’est bon l’ami c’est bon ! Je suis rassuré donc je suis venu déposer de l’argent sur mon compte !
- Aaaaaah, enfin une bonne nouvelle ! Gardes-en quand même un peu pour me payer ma bière ! Combien tu veux déposer ?
- C’est combien le dépôt minimum ?
- …
- [sourire narquois]
- re-… »
Les pensées du nain au guichet auraient pu à cet instant être représentées par un drapeau pirate et une fiente de chien.
- « 30 pièces d’or.
- Ouh ! C’est une somme ! »
Voyant le visage du nain au guichet se décomposer, le nain client rajouta :
- « Allez je vais déposer 50 pièces d’or !
- Formidable……… »
Il pris l’argent, le rangea dans un sac, écrivit quelque chose dans un carnet et releva la tête sans adresser un regard sur le nain client.
- « Suivant…. ! »

***

- « Vous ? Dégagez-moi le plancher !
- Excusez-moi mais je suis ici pour la protection du chargé de protocole, aussi me faut-il passer la nuit ici.
- Dégagez ! Je ne veux plus vous voir, vous et vos amis dans mon établissement ! Je croyais avoir été clair là dessus !
- Comme vous voulez, mais s’il arrive malheur à ce représentant du roi pendant son sommeil dans votre établissement, comme c’est arrivé la nuit dernière je vous le rappelle, vous serez très certainement tenu pour responsable. »
A croire que tous les nains se ressemblent, mais à cet instant, la pensée du nain aubergiste fut très similaire a celle du nain au guichet quelques heures plus tôt.
- « Bon vous et seulement vous, si je revois vos compagnons, je les tue tous ! Il vous en coûtera 5 pièces d’or pour la nuit !
- 5 pièces d’or ? Hier nous avons payé 5 pièces d’argent !
- L’inflation a été forte aujourd’hui… » répondit le nain d’un air sarcastique.
Il n’y a pas de petits profits.
La femme chercha dans sa bourse un court instant.
- « Je n’ai pas cette somme malheureusement, mais je vais monter voir mon protégé, pour voir s’il peux me faire une avance sur ma paye »
Cette tirade s’accompagna d’un sourire narquois d’un coté, et d’un sourire crispé de l’autre. La femme avant de monter cru même apercevoir des légers filets de vapeur s’échapper des tempes et des cheveux grisonnants du nain, le regard vide, agrippant le comptoir. Lorsqu’elle redescendit pour payer, rien n’avait bougé, si ce n’est une lourde fissure dans la poutre du comptoir.

***

- « J’te parie 50 rondelles que l’ogre sera renversé pendant le match, et qu’il tombera comme une grosse merde par terre !
- Impossible ! C’est un mur ce gars la !
- T’as rien à perdre alors !
- Pari tenu ! M’est d’avis que t’as du pognon a perdre toi !
- Nous verrons, nous verrons…
Plein d’autres personnes prirent aussi ce jour la ce pari. Mais tous parièrent qu’il ne tomberait pas.

Ce pari ne fit qu’un seul heureux.
- « Alors, t’aurais pas des rondelles pour moi par hasard ? Annonça le parieur l’air enjoué.
- Beuuhhh…. Mmmm…… pfff… ouais mais…… grmlf….. »
Non le bookmaker n’avait rien à dire, même s’il cherchait, il ne trouverait pas les mots. Il grommela donc et lui donna son argent…

***

On frappait à la porte. Oh putain ouais et fort en plus ! Les assauts répétés sur cette porte résonnaient dans toute la pièce et dans la tête du sergent. Cela faisait redoubler d’intensité son mal de crâne.
Merde on peux pas décuver tranquille ! Laissez moi savourer tranquille ce fantastique mal de crâne ! C’est vraiment pourri de travailler au guet, les gens ne respectent même pas vos heures de récupération de lendemain de cuite.
- « Nous avons une information capitale ! Ouvrez ! ».
Etrange, le sergent n’avait jamais remarqué à quel point il y avait de l’écho dans cette pièce du guet… Il avait une impression de déjà vu, mais il ne préféra pas y penser car cela lui donna la gerbe.

***

Il était en train de préparer le feu pour son four à métaux quand un client entra.
- « Bonjour noble nain, quelle arme ou armure puis-je confectionner pour votre bon plaisir ?
- Bonjour à vous noble nain, on m’a dit que vous êtes le meilleur forgeron que cette terre est connu
- Oh vous me flattez, mais en effet je me débrouille assez.
- Je ne vous flattais pas… Ce n’est pas mon genre. »
Cela jeta un froid quelques secondes, mais le nain forgeron recommença :
- « Que désirez vous exactement ? Une armure digne de ce nom ? Une belle hache sur-mesure, et bien tranchante dite « Plussundégas », le nom de l’inventeur de la technique d’aiguisage ?
- Non, rien de tout ça.
- Ola ! Quelle arme gigantesque voulez vous que je confectionne ? Quelle armure en mithril d’invulnérabilité voulez vous que je vous fasse ? Dites moi tout ! » Dit le nain forgeron, alléché à l’idée d’une arme énorme à fabriquer.
Il n’avait pas eu pour client un autre nain depuis plusieurs mois, et comme les nains voulaient toujours des armes plus grosses et conséquentes que leurs voisins, il salivait de savoir ce qui l’attendait cette fois ! Il en avait marre des dagues ou autres épées courtes « Plussundégas », qu’il considérait comme des morceaux de paille.
- « Non c’est pas gigantesque quand même ! dit le nain client en rougissant.
- Un fléau a deux mains ?
- Non, plus petit.
- Une hache de guerre naine ?
- Non, un peu plus petit encore.
- Une hallebarde ?
- Non
- Une massue ?
- Toujours pas.
- Une épée bâtarde ? Une masse d’arme à pointes ? Un marteau de guerre ?»
Toutes ces armes tournoyaient dans ses yeux.
- « Non, non et non. Je voudrais une hachette de très bonne facture
- … »
Le nain forgeron resta bouche bée pendant quelques secondes. On entendit une mouche voler. Toutes les armes qui tournoyaient dans ses yeux quelques secondes auparavant tombèrent au sol et explosèrent pour laisser place à une minuscule hachette. Il venait de tomber sur le seul nain de la terre qui n’avait pas besoin de compenser sa petite taille par des armes énormes.
- « Et vous voulez faire quoi d’une hachette ? C’est pour offrir ?
- C’est pour mettre dans ma main gauche ».
Oui, ce nain voulait bel et bien une hachette… pour lui… Et il semblait le plus sérieux du monde. Le nain forgeron ne s’en remis qu’une bonne semaine plus tard…

***

La nuit avait été détestable. Toute cette foutue nuit il y avait eu du bruit a l’étage. Et cela ne pouvait être que ce foutu demi-race ou cette emmerdeuse de femme qui se prenait pour un moine. C’étaient les deux seuls clients. Ou alors ils s’étaient trouvés tout les deux, et ils avaient baisé une bonne partie de la nuit. Une sacrée partie de baise vu le boucan ! Et donc cette nuit détestable avait rendu le nain aubergiste un peu plus aigri que d’habitude. Et son humeur n’alla pas en s’améliorant lorsqu’il aperçu ses pires ennemis entrer dans l’hôtel.
- « Vous ? Je croyais vous avoir dit de ne plus jamais remettre les pieds ici !! Vous êtes comme la gangrène ma parole ! Dégerpissez ! Fichez moi le camp avant que je vous découpe en morceaux !
- Nous venons chercher le chargé de protocole, il est sous notre protection.
- Tous les idiots et crétins de cette ville doivent le protéger ou quoi ? Cette demi-race ne sait pas s’entourer ! »
Les compagnons commencèrent à monter à l’étage avant même qu’il ai fini sa phrase.
- « Et dites lui bien qu’il a fait du boucan toute la nuit, et que s’il continue, représentant du roi ou pas, je le vire d’ici ! »
Cette phrase n’eut pour effet que de faire accélérer le mouvement aux compagnons. Ils étaient peut être tous jaloux car eux aussi ils voulaient tous se faire la moinesse sans jamais y arriver…

***

Comme toutes les nuits, « vieux rat » (c’est comme ça que tout le monde l’appelait) déambulait dans les rues de Banghora a la recherche d’un caniveau un peu moins inconfortable que les autres. Il n’avait rien mangé depuis trois jours. La plèbe du stade n’était pas très généreuse cette année, aucune pièce n’était tombée dans sa main. Les seules choses qu’il avait récoltées étaient des remarques désobligeante du style : « Oh mon dieu qu’il sent mauvais ! » ou « Oh mon dieu qu’il est sale ! ». Bah vieux rat était habitué, il ne prêtait plus d’attention à ce genre de remarque, sauf que d’habitude, son odeur et sa saleté lui rapportaient quelques pièces. Donc voila, vieux rat était maintenant en quête d’un caniveau pour dormir, avec un peu de chance il trouverait un caniveau dans lequel il y aurait un rat mort a manger, ou un peu d’eau d’égout pour se débarbouiller.
Et c’est la qu’il croisa un homme encapuchonné portant un homme inconscient sur les épaules au détour d’une ruelle. L’homme s’arrêta devant lui. Vieux rat sauta sur l’occasion.
- « Une petite pièce mon bon monsieur ?
- Ola mendiant, tu vois la ruelle là-bas ? Un trésor t’y attend ! hahahaha ! »
Et il s’en alla au pas de course. Sur quoi vieux rat grommela dans sa barbe un « connard » qu’il fut le seul à entendre. Malgré tout, vieux rat était assez curieux de nature, donc il se dirigea vers la ruelle en question. Et effectivement, c’était son jour de chance. Il y trouva un cadavre qui avait quelques pièces, de la nourriture et des vêtements chauds sur lui. Il allait peut être enfin passer une bonne nuit, et pour sur il ne mourrait pas de faim cette nuit.

Le lendemain, vieux rat retourna à son affaire, il retourna mendier à l’entrée du stade. Et il était tellement excité de sa trouvaille de la veille, il était tellement repus des quelques biscuits qu’il avait trouvé sur le corps et de la bière qu’il avait pu se payer avec les quelques pièces d’argent que le macchabée possédait, qu’il ne pu se retenir d’en parler a quelques passants en échange d’une pièce ou deux. Les passants intrigués lui avait proposé quelques pièces en plus s’il les menait a son trésor, ce qu’il fit : les quelques pièces promises lui assureraient de la nourriture et de la boisson pour au moins deux semaine ! Décidément, c’était sa semaine ! Une étoile brillait sur sa tête !
C’est pourquoi il ne compris pas très bien les évènements qui suivirent. A la découverte du trésor, les passants devinrent odieux, s’énervèrent, posèrent tout un tas de questions auxquelles le malheureux vieux rat ne savait absolument pas répondre. Ils l’agressèrent et lui reprirent les quelques pièces qu’ils lui avaient données. Et ils s’en allèrent en le laissant là, dépouillé de toutes ses possessions et de toute sa fierté. Ils avaient même embarqué le corps. C’était bien parti pour qu’il reste a jeun pendant plusieurs jours…

***

- « Salut vieux frère ! Comment vas-tu ?
- Je ne suis pas ton frère ! Tu veux quoi ! ENCORE !
- Hé bien je suis la pour escorter la milice qui va venir chercher la pierre bientôt.
- Toi ? Tu escortes la milice ? T’es même pas foutu de protéger ta maison et tu veux protéger les miliciens ? hahaha, t’es un marrant toi ! » la joie sur le visage du nain au guichet disparu aussi rapidement qu’elle était arrivée. Comme si la joie avait été forcée…
- « Je viens aussi vérifier que mon or est toujours en sécurité.
- Tu te fous de ma gueule ?
- Heu… non…
- Alors dégage ! »
Le nain client commença à s’éloigner mais revint aussi sec devant le guichet.
- « Combien tu m’as dit déjà pour le solde minimum sur le compte ?
- …
- [sourire narquois]
- 30 pièces d’or
- Ah alors je voudrais retirer les 20 pièces d’or en excédent, ainsi que les intérêts.
- Les intérêts ? LES INTERETS ?? Ca fait deux jours que tu as posé ton or ! »
Le nain au guichet pris 20 pièces d’or dans sa caisse et les jeta avec force sur le guichet.
- « Tiens ! Voila ton or ! Va t’acheter des chaises avec ! Et ne t’avise pas de revenir avant cent ans ! Sinon je te le fais bouffer ton or ! Je ne veux plus te voir !
- Et la bière que je te dois ?
- Je t’en fais CADEAU !! »
Une demi seconde après avoir dit ces mots, le nain au guichet se ravisa.
- « Ou plutôt tu me la paiera dans cent ans ! ».
Quand même, une bière…

***

On frappait à la porte. Oh putain ouais et fort en plus ! Les assauts répétés sur cette porte résonnaient dans toute la pièce et dans la tête du sergent. Cela faisait redoubler d’intensité son mal de crâne.
Merde on peux pas décuver tranquille ! Laissez moi savourer tranquille ce fantastique mal de crâne ! C’est vraiment pourri de travailler au guet, les gens ne respectent même pas vos heures de récupération de lendemain de cuite.
- « Le représentant du roi nous envoie ! Ouvrez ! ».
Etrange, le sergent n’avait jamais remarqué à quel point il y avait de l’écho dans cette pièce du guet… Il avait une impression de déjà vu, mais il ne préféra pas y penser car cela lui donna la gerbe.

***

Arbitrer un match de Bouré n’était pas une mince affaire. Vous étiez au beau milieu d’un combat entre deux armées de gros monstres pleins de muscles qui se foutaient sur la gueule aussi fort qu’ils le pouvaient. Oui il fallait avoir les nerfs solides. Surtout que derrière vous, une troisième armée était elle aussi prête à bondir à la moindre erreur de jugement de votre part. C’était un peu l’armée du comité de discipline. Une erreur de jugement (par erreur de jugement le comité de discipline entendait bien sûr un abus d’objectivité et d’impartialité envers l’équipe soutenue) et l’armée était lâchée pour vous lyncher. Oui ce n’était pas une mince affaire que d’arbitrer la Bouré. Mais le solde était en conséquence de tous les risques encourus. Et ce jours la, ce fut une finale des plus mouvementées que Crumb allait arbitrer. Il allait mériter sa prime de risque.
En effet, il y eu un tampon qui bouleversa le cours du match. Un tampon durant lequel Crumb détecta une faute de « recours à la magie ». Il était clair que le gros avait usé de la magie sur le maigre. Aussi, de manière parfaitement légitime, Crumb siffla de toutes ses forces pour signaler la fraude.
- « triiiiiiiiiii
- QUOI ? Je suis expulsé pour usage de la magie ?
- Triiiiiiiiii
- Mais monsieur l’arbitre, c’est cet homme qui a triché ! Regardez il empoisonne mon équipe avec ces épines !
- Triiiiiiiii
- Mais…. Monsieur l’arbitre je m’insurge devant une telle injustice !
- Triiiiiiii, dit l’arbitre en sortant de sa poche une carton rouge, signe d’explusion.
- Mais…. Saint-Cuthbert m’en est témoin, je ne laisserais pas une telle injustice restée impunie !! »
Sur ces mots, le gros joueur s’empara de la jambe du maigre, et il commença à faire tournoyer ce dernier au dessus de sa tête, frappant l’arbitre.
- « Triiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii », répondit l’arbitre a cette agression, tout en sortant un carton noir de sa poche.
Personne ne savait exactement ce que signifiait ce carton noir, les gens savaient juste que c’était une faute très grave. Et donc la vision de ce carton n’eut pas un effet très positif sur le comité de discipline (la foule), qui commença à descendre sur le terrain.

L’arbitre Crumb allait devoir utiliser sa prime de risque pour se faire soigner.

***

La finale avait très mal fini. Ratonnade générale. Expulsions. Disqualifications. Aucune récompense car le prix avait été volé. Plusieurs morts. Une pelouse à refaire. Des arbitres ne voulant plus arbitrer. Un stade fermé pour plusieurs mois… Ouah cette finale allait rester dans les annales de la Bouré ! Heureusement pour Gyorn, un noble passionné de Bouré qui avait fait le déplacement spécialement depuis la capitale du pays pour voir la finale, la bière avait malgré tout été au rendez-vous après cette fin de match mouvementée.
Mais il avait quand même cher payé les kilomètres se disait-il. Pour un match aussi catastrophique. Deux jours de cheval pour ça, il n’était pas très sur que cela en valait la peine. Mais bon il avait au moins pu rendre visite a son cousin de Banghora, et il avait pu se taper une magnifique femme de joie sans la crainte de se faire démasquer par sa femme. Donc au moins pour ça, le déplacement avait été utile. Donc ça va, il n’était pas trop mécontent d’être venu.
Ce sentiment s’envola le lendemain matin, au moment de partir. Il allait récupérer son cheval pour rentrer. Et il fut très désappointé d’apprendre a l’écurie de la ville qu’il allait devoir rentrer a pied ou payer un carrosse. Son cheval n’était plus la, il avait été « emprunté » par les voleurs du trophée.

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