lundi 30 mars 2009

La Compagnie des Bras Cassés - Part VII

Les Compagnons ont triomphé sans coup férir d'une bande de brigands rencontrés en chemin, guidé par un Marcus survolté. Les héros se congratulent en constatant les dégâts causés par le raid des bandits.

Chapter VI : Make my bad
Ou (un gobelin, ça va. Six gobelins, ça fait un pack)

Le sol était jonché de cadavres autour du chariot des marchands. Certains étaient ceux de pauvres commerçants qui avaient essayé tant bien que mal de résister, d'autres ceux des hommes de mauvaise vie qui avaient rencontré leur destin en ce jour. Tandis que Ferin était rentré dans le chariot faire un état des biens utilisables, les autres rassemblèrent les corps des personnes honnêtes, et Glanix fit pour eux une prière, recommandant leur âme à Saint Cuthbert qui pourrait leur conter la vengeance subie par les malfrats.
Ferin trouva vite la caisse des marchands contenant la modique somme de 400 Pièces d'Or, qu'il vida dans une de ses bourses, déjà remplie de pièces qu'il avait détroussées aux passants dans les rues d'Erose avant son départ. A part ça, il ne trouva que quelques fioles remplies de potions de différentes couleurs, quelques flèches, et une tonne d'objets inutiles de piètres valeurs, que les marchands vendaient sans doute en usant de quelque escroquerie.
- Qu'as-tu trouvé, ami Ferin? demanda Elphyr d'un ton joyeux.
- Quelques flèches, des fioles que Marcus ou Glanix devront étudier, et un tas d'objets inutiles.
- N'y avait-il pas la caisse de ces négociants?, demanda Tordek, d'un air soupçonneux.
- 40 Pièces d'Or que je m'apprêtais à vous remettre, Maître Nain. Je pense, et je crois que mes camarades en conviendront, que vous serez le plus à même de conserver notre Or afin qu'il ne soit pas dépensé inutilement!
Tordek opina, et empocha rapidement les 40 Pièces d'Or que lui tendait le roublard. Et resta ensuite pensif d'un air souriant, et il fut par la suite beaucoup moins critique dans ses propos envers le roublard.

Quand ils décidèrent de reprendre la route, les aventuriers soucieux de gagner du temps, prirent avec eux le chariot (vidé au préalable de toutes babioles superflues), qui pourrait au futur leur servir d'abri potentiel en cas de pluie, ou de permettre à certaines personnes de se reposer (si les aptitudes de Tordek ou Elphyr aux longues marches n'étaient pas à remettre en question, les capacités d'endurance de Marcus ou de Glanix restaient à confirmer). De plus, les deux boeufs attelés au chariot avaient l'air robuste, et pourraient éventuellement faire plus tard une bonne monnaie d'échange sur un quelconque marché.

Une fois le brasier chargé de consumer les corps purs allumé, la compagnie repartit, tandis qu'une épaisse et noire fumée montait vers le ciel. Il était alors aux alentours de midi quand ils repartirent d'un pas assuré vers les montagnes, maintenant plus proches.

Deux heures de route plus tard, alors que Glanix avait repris son débit sempiternel de prêches et cantiques divers, ils commencèrent à monter, et arrivèrent sur une route étroite, bordée par la vallée sur la droite, et par une longue plaine fortement pentue, qui amenait aux roches plus haut, où on pouvait apercevoir quelques grottes qui se dessinaient.
- L'endroit serait tout approprié pour une embuscade, dit Elphyr d'un ton nerveux tandis qu'il longeait cette pente. J'espère que les gobelins ne résident pas trop près dans la région, ou ils auraient tôt fait de nous attaquer.
Ces mots à peine dits, de gros roulements de tambour se firent entendre, et des formes se dessinèrent sur les hauteurs, semblant courir vers le chariot.
- Ils arrivent, chuchota Tordek, tiraillé entre le sentiment de piège, et son ancestrale envie d'en découdre avec l'ennemi héréditaire de sa race.
-Yaaaaah, cria Glanix, qui était aux rênes, et mit les boeufs au galop.

L'attaque des gobelins avait été préméditée, le gros des troupes arriveraient en bas avec un lourd retard sur le chariot, qu'il leur faudrait combler en courant, mais une poignée d'autres gobelins descendaient déjà la pente pour intercepter le chariot au loin devant. Tandis que la carriole accélérait, et semblait souffrir du contacts avec les diverses pierres qui parsemaient le chemin, Marcus eut l'idée d'utiliser les bouteilles d'huile comme projectiles : il commença donc à déchirer les tentures, afin de constituer des projectiles explosifs.
Soudain, une roue arrière explosa littéralement, après un contact de trop, et la deuxième la suivit rapidement. Le chariot continuait sur sa lancée, freiné par les contacts répétés de l'essieu arrière avec le sol. Sentant que le véhicule pouvait rapidement se disloquer, Glanix fit freiner les boeufs. Une croisée de chemins apparaissait non loin de là, un chemin montant plus avant dans la montagne, et l'autre descendant vers la vallée, tout droit vers une large forêt qui se tenait en contrebas.
Attiré par la haine de l'ennemi, Tordek profita du ralentissement de la course pour sauter de la carriole, se réceptionna d'une petite roulade, et se tint prêt à accueillir les créatures répugnantes qui se rapprochaient maintenant dangereusement.
Mal lui en prit, car ce fut exactement le moment que choisit Marcus pour lancer son projectile inflammable improvisé, qui éclata juste devant le nain, qui se retrouva avec une barbe en feu. Tandis que Marcus, horrifié, commença tout de suite à préparer un autre projectile afin de rattraper son erreur, Tordek se roulait dans l'herbe pour essayer d'éteindre le feu. Elphyr était descendu à son tour, mais d'une manière plus agile, et arrosait de flèches quelques gobelins qui arrivaient trop près. A l'avant, Glanix et Cyrielle descendirent à leur tour, et se dirigèrent vers l'avant pour réceptionner les gobelins qui descendaient droit de la pente. A l'intérieur, Ferin s'assurait qu'il n'avait rien oublié de précieux dans le véhicule avant de l'abandonner.

La lutte était inégale : malgré leurs piètres performances au corps à corps les gobelins arrivaient en grand nombre, et s'ils étaient assurés de subir de lourdes pertes, ils étaient une quinzaine à l'avant contre seulement une moine et un prêtre, et ils étaient non loin d'une centaine qui courraient à l'arrière. Le pillage allait être beau, et les récompenses grasses, pour ceux qui survivraient. De plus, il y avait un nain à torturer, une joie toujours largement appréciée chez les gobelins, et le barbu était déjà en train de se rouler par terre de peur.

C'est ce que disait un des gobelins du groupe de tête des poursuivants qui étaient sur le point de se jeter sur Tordek, quand une bouteille explosa non loin d'eux, provoquant un soudain déluge de flammes et de douleur sur les créatures méprisables qui se débattaient pour éviter une mort certaine.
Le gros nuage de flamme qui venait d'apparaître grâce à la vivacité d'esprit de Marcus laissait un répit de quelques minutes, tant cette explosion avait désorganisé les gobelins. Ferin, suivant son instinct, ne réfléchit pas trop, et courut tout droit vers la forêt, bientôt suivi par Elphyr et Marcus, et enfin Tordek. Glanix et Cyrielle, de leur côté, couvraient leur fuite en massacrant les quelques gobelins qui arrivaient par le haut au compte-goutte, et dont l'ardeur se faisait plus tempérée au fur et à mesure que les cadavres s'accumulaient. C'est quand Glanix, emporté par son mouvement, asséna un violent coup de masse d'armes sur la nuque de Cyrielle qu'ils jugèrent bon de rebrousser chemin à leur tour.
La troupe courut jusqu'à la forêt, et se dissimula non loin de l'orée. Les quelques gobelins qui osèrent les suivre jusque là furent rapidement éliminés, mais la majeure partie n'eut pas la témérité de pénétrer sous les arbres qui leur étaient hostiles, et retournèrent participer au pillage des restes du chariot et à la mise à mort des bovins qui leur serviraient de repas lors des prochains jours.

Les aventuriers se retrouvèrent vite seuls. Ils étaient saufs et fatigués. Ils pouvaient voir au loin les monts ensoleillés qui semblaient se moquer d'eux : ils avaient été vaincus, et ne passeraient pas par la montagne.

La Compagnie des bras cassés - Anecdote II

Anecdote II : Heroes of Folish and Magic



- « Quand est-ce arrivé ?

- Il y a une heure de cela, à peine ».

Et c’est la qu’il lui expliqua tout. Il était tranquillement en train de lire un livre sur les collaborations runiques entre les flammes de la montagne blanche et les vagues de l’île Isidore, documentation très intéressante à une heure aussi tardive de la nuit, quand soudain il l’avait sentie. Ce fut très prononcé dans un premier temps, très profond, puis plus diffus, plus lointain. Il avait immédiatement tenté de percevoir l’envergure de cette perturbation. Après quelques secondes de concentration, il n’en apprit guère plus. Il ne pouvait pas identifier la source, ni l’alignement de celle-ci, mais c’était très puissant. Et tout proche. Cela s’était produit à Erose même, il en était certain. Il avait pu identifier aussi une certaine onde incontrôlable. Pour sûr que la brièveté de la perturbation et sa soudaineté démontrait un manque total de maîtrise. Encore un étudiant à la recherche de découverte qui s’était plongé un peu trop profondément dans une lecture de Van Houten ? Cela n’apparaissait pas être la bonne hypothèse à première vue, car l’école était restée calme. Et cela n’aurait pas été aussi soudain et intense. La préparation d’une évocation de Van Houten nécessitait un créneau arcanique plus long et plus linéaire. Un objet magique ? Impossible, une telle puissance enfermée en son sein aurait été détectée lors de son entrée dans l’enceinte de la ville. Et un tel objet n’avait pas franchi les portes d’Erose sans être annoncé depuis des lustres. Il n’y avait aucune explication cohérente et plausible à cette soudaine perturbation des champs arcaniques de sixième niveau. C’est pourquoi Juste Carré-Das, troisième chancelier de la Tour d'Argent de l'Université Visible d’Erose, vice-président de la confrérie des mages de Bargonie et d’Eradie Occidentale, se précipita aussitôt dans le bureau du directeur de l’Université Visible.

Celui-ci avait verrouillée magiquement la porte de son bureau à une heure aussi tardive. Il devait dormir, mais Juste ne dû même pas s’en rendre compte. Désamorcer l’envoûtement d’une porte faisait partie des premiers sorts qu’il avait appris durant sa scolarité, aussi aujourd’hui ce sort se déclenchait instantanément dès qu’il avait une porte à franchir. Il s’était trop entraîné à l’époque, pour impressionner ses professeurs. Et depuis, lors de ses aventures il avait du le lancer un bon millier de fois. Et a présent son corps s’était tellement imprégné de ce sort et de magies en tout genre que pour lui, les portes étaient toujours « ouvertes ». Il était entouré de ce que l’on aurait pu appeler une « aura » arcanique, qui lui conférait de nobles avantages en plus des portes « ouvertes » : la pluie ne le mouillait plus, les torches et les lustres s’allumaient instantanément autour de lui, il « entendait » les pensées des gens… Tous ces étranges pouvoirs lui valaient d’être très respecté auprès des étudiants de l’Université.

Il entra donc dans le bureau du directeur qui se réveilla en sursaut, alerté par son hibou grand-duc.

- « L’as-tu sentie ? Demanda Juste encore enivré de la puissance de la perturbation.

- Senti quoi ? Balbutia son interlocuteur.

- La perturbation dans les champs arcaniques !

- Ne t’inquiète pas Juste, demain nous trouverons l’étudiant qui a joué avec un grimoire de Van Houten. Dit-il rassuré, et en se recouchant. Ce bon vieux Juste lui avait foutu une sacrée frayeur.

- Une perturbation de sixième niveau pour une « Vanite » (c’est une expression qui était couramment utilisée pour qualifier les évocations de Van-Houten), cela m’étonnerait ! Rétorqua-t-il.

- De sixième niveau dis-tu ? Dit-il en se relevant, intrigué et quelque peu perturbé. Quand est-ce arrivé ?

- Il y a une heure de cela, à peine.

- Comment est-ce possible ? Un magicien capable d’une telle puissance serait venu se présenter à l’Université dès son arrivée ! Bon ou mauvais ?

- Je n’ai pas pu le déceler, trop bref. Peu être une relique…

- Nous aurions senti son aura dès qu’elle aurait franchi les portes de la ville, tu le sais bien !

- Oui… c’est très étrange… dit Juste calmement en ressortant du bureau, tout en marmonnant.

Le vieux est peut être devenu fou, pensa le directeur. Il trouvait son comportement bizarre parfois, il pensait qu’il ne devait plus avoir toute sa tête, même si cela restait sans conteste un excellent magicien, et de surcroît ses apprentis s’avéraient souvent être les meilleurs à la fin de chaque cycle. Il ne devait plus trop avoir les pieds sur Terre (certes il lui arrivait parfois de léviter en marchant pendant quelques minutes).

- « Bon je verrais ça demain, il aura sûrement oublié qu’il est venu me voir ». Se dit le directeur.

Juste Carré-Das, quant à lui, essaya à nouveau de questionner les champs arcaniques, mais sans grand succès. Ils étaient redevenus calmes…

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Le directeur pense peut-être que j’ai perdu la tête, hé bien il va être servi cette fois ! Pensa Juste. Et c’est à peine trois minutes plus tard que le directeur fit irruption dans son bureau comme il l’avait prédit, s’exclamant :

- « C’est la même signature ?

- Oui… ».

Le soleil était levé depuis une heure, et ils sentirent tout deux que les champs arcaniques devinrent brouillés. Une aura magique venait de pénétrer dans l’enceinte de la ville, sûrement un objet. C’est ainsi que le directeur se précipita dans le bureau de Juste pour lui demander s’il s’agissait du même phénomène que la nuit précédente.

- « Ce n’est pas aussi intense, mais c’est la même signature, assurément… ».

Juste entendit le directeur se dire : « Mince, il a eu raison cette fois, il est peut être pas si fou que… ». Ce dernier vit le chancelier le fixer avec un air content, et il comprit très vite qu’il avait omit de taire ses pensées, ce qu’il fallait toujours faire en présence de Maitre Carré-Das. Il se contenta de sourire d’un air niais, et il dit :

- « Je vais aller voir de quoi il en retourne ! » Cette phrase sonna un peu comme une excuse.

- « Laissez, laissez. C’est un de mes élèves qui possède l’objet, il va venir à moi de lui-même » dit Juste d’un air satisfait et hautain.

Comment peut-il en être sûr ? Pensa le directeur en sortant du bureau, non sans taire cette pensée cette fois.

Une vingtaine de minutes plus tard, la perturbation s’approcha de l’Université. Juste concentra son énergie arcanique autour de la perturbation, afin de la masquer aux étudiants qui n’auraient été que trop curieux s’ils l’avaient sentie. Juste était un brin égoïste en ce qui concernait les reliques, il voulait être le premier à voir cet objet qui avait pu autant perturber la magie depuis l’extérieur de la ville ! Il la senti s’approcher peu à peu, et lorsqu’elle fut suffisamment proche, sa curiosité l’emporta sur sa patience, et d’un coup de main sec il ouvrit la lourde porte de son bureau, pourtant a une bonne quinzaine de mètres de lui, à l’autre bout de son bureau. C’est là qu’il aperçu Marcus Frélian, un de ses élèves de troisième cycle – Ouah ! J’espère qu’il va nous apprendre comment on ouvre les portes à distance l’année prochaine ! – Il était accompagné d’une femme qui ne se disait absolument rien, ah ces moines, toujours à intérioriser leurs pensées, ils sont pénibles ! Et accompagné aussi d’un nain – Grmlf, j’aime pas cet endroit, des portes qui s’ouvrent toutes seules, ça sent mauvais. S’il essaie de me piquer mon œuf, je lui pourfends le crâne moi à ce « chef mage » ! Ah, il avait pensé « chef mage » ! Juste ne supportait pas qu’on l’appelle comme ça ! Marcus n’aurait pas pu lui dire que je ne suis pas un « chef mage » !! Mais ce soudain énervement de Juste se transforma très vite en une concentration hors norme. L’objet était la ! Dans le sac de ce malheureux nain ! Juste concentra toute sa magie et sa puissance sur le nain. Ce dernier ne sut jamais à quel point il fut pendant quelques minutes entouré d’une magie surpuissante et ultra destructrice. Il ne sut jamais que si Juste Carré-Das, troisième chancelier de la Tour d'Argent de l'Université Visible d’Erose, vice-président de la confrérie des mages de Bargonie et d’Eradie Occidentale, avait levé le petit doigt, il aurait implosé, ou bien été projeté sur le mur opposé de la pièce dans un fracas assourdissant, ou bien encore été téléporté instantanément dans le monde dimensionnel des démons et autres diablotins dans lequel il aurait subit d’atroces tortures pendant plus de cent ans. Non le nain n’en sut rien, et fort heureusement pour lui.

- « Que me vaut cette visite jeune apprenti ? Entama Juste ne voulant pas que son enthousiasme soit démasqué.

- Alors… comment lui annoncer… Bonjour Maître Carré-Das, troisième chancelier…

- Epargnez moi les formalités jeune Frélian, venez-en au but de votre visite !

- Ca y est il nous la joue autoritaire… pff sale « chef magicien » ! pensa le nain, qui ne sut pas non plus qu’il passa a cet instant précis a deux doigts de la mort par strangulation magique, heureusement que Juste était vieux, et que son petit doigt n’était plus aussi mobile que dans sa jeunesse.

- Désolé de vous importuner en cette belle matinée Maître, mais nous aurions besoin mes comparses et moi-même de connaître la nature d’une relique magique que nous avons…

- Montrez la moi ! Annonça Juste qui n’en pouvait plus d’attendre.

- Va mourir sorcier, tu toucheras pas à mon héritage !

- Vas-y montre lui Tordek, ne t’inquiète pas c’est un homme de confiance. Et dépêches toi, c’est un homme assez impatient ! »

Tordek grogna, tel un nain mécontent. Mais il s’exécuta, il sorti un œuf en mithril de son sac, et le montra de loin au magicien, le serrant de toutes ses forces. Il senti soudainement que l’œuf était comme attiré par le magicien, mais il ne voulait pas le lâcher.

- « Non ! Tu ne toucheras pas à mon héritage ! Tu peux toujours courir je le lâcherais pas ! »

Sur quoi Juste lui-même se mit à répondre à Tordek par la pensée. Bien entendu, aucun de nos comparses ne l’entendit :

- « Si tu ne lâches pas cet œuf, je te métamorphose en pigeon espèce de nain obtus !

- Oula ! T’en veux vraiment sorcier ! Tu tires de plus en plus fort hein ? Mais tu m’auras pas avec tes maléfices de jeune pucelle ! »

Il est vrai que Juste avait doublée l’intensité de son sort d’attirance. Mais le nain ne perdait pas prise, il s’accrochait à cet œuf comme un enfant s’accroche à son doudou.

- « Lâche ça !!!

- Par ma barbe je ne lâcherais pas ! » Malgré que l’œuf commençait à lui glisser des doigts sous la force d’attraction.

En fin de compte, ce fut le mage qui eut raison du nain, l’œuf s’envola vers le milieu de la pièce et s’arrêta.

- « Faites y attention quand même, c’est fragile. Dit le nain la main postée sur sa hache, et la barbe toute hérissée. Si tu y fais une égratignure, mon oncle m’en est témoin je te fend en deux ! »

Mais Juste n’entendit pas cette dernière pensée, il était trop occupé à étudier l’artefact. Il demanda par la suite à Marcus de lui raconter comment ils avaient pu mettre la main sur cet artefact. Marcus lui raconta leur périple, omettant volontairement d’évoquer leurs péripéties avec les gardes. Sauf que Juste entendit quant à lui toute l’histoire dans le moindre détail. Bah ils avaient tué quelques gardes, parfait, cela allait faire de Marcus un apprenti bien plus intéressant qui saurait dorénavant gérer son stress de magicien.

Par contre le vieux Anorfol avait bien caché son jeu ! Voila pourquoi cet objet n’avait jamais été découvert, il était enfermé sous terre ! Et dire que durant leurs entretiens avec le vieux nain, ce dernier lui avait juré ne posséder aucun objet magique. Ne jamais croire un nain, c’était une règle de base qu’il n’avait pas respectée. En tout cas cela expliquait pourquoi il avait sentie la perturbation venir de l’intérieur de la ville.

- « Et c’est alors que nous l’avons apparemment activé. Il y a eu une forte lueur verte qui s’en est dégagée et…

- Oui, j’ai ressenti une perturbation dans les champs arcaniques cette nuit. C’était donc cette relique… intéressant…

- Nous voudrions savoir comment il est possible de le désactiver, car je sais de source sûre que de mauvaises choses vont se produire suite à cette activation ». Dit la moine qui était restée muette jusque la, aussi bien par la parole que par la pensée. Juste attendit d’ailleurs quelques secondes pour voir si une pensée suivrait ces belles paroles, mais il n’en fut rien. Satanés moines…

- Oui je comprend votre crainte ».

Il venait d’analyser cet œuf sous tous les angles, réalisé toutes sortes de tests magiques dessus, mais il ne pu en déceler le pouvoir, comme si une sorte de bouclier magique le protégeait. Malheureusement Juste ne s’était jamais spécialisé dans l’étude des reliques, et il en faisait les frais aujourd’hui. Cela le vexa quelque peu. D’autant plus qu’il n’y avait plus de personne capable d’étudier un tel objet depuis plusieurs longues années au sein de l’Université Visible. Le dernier en date avait malheureusement été banni de l’Université car il s’essayait à la magie noire, il y a plusieurs longues années de ça. Maelstrom Ponticus était un magicien aussi puissant que Juste Carré-Das, ils avaient tout deux étudié plusieurs années ensembles durant leur jeunesse, ils étaient tout deux les nobles créateurs de l’Université Visible d’Erose. Quand ils atteignirent tout deux la perfection magique, et que Juste se concentra un peu plus au transfert de son savoir aux nouvelles générations, Maelstrom quant à lui voulu continuer a explorer tous les aspects de la magie, sa soif de savoirs magiques n’étant pas complètement assouvie. C’est alors qu’il se plongea dans l’étude des magies obscures pour parfaire sa connaissance. Il fut dès lors banni de l’université qui ne pouvait tolérer de telles pratiques en son sein. Maelstrom s’était donc retiré aux dernières nouvelles dans une tour, dans les montagnes au nord. Et Juste n’avait depuis lors plus aucune nouvelle de son ami, cela faisait quinze ans de cela. Mais comme lui, cela devait être un vieux monsieur aujourd’hui, qui était sans doute rongé par la magie obscure. Mais de temps en temps, des marchands itinérants affirmaient avoir aperçu un vieux monsieur non loin de cette tour, donc il devait être toujours en vie, et qui plus est il ne semblait pas agressif selon ces marchands. Juste se dit que cela pourrait être une bonne expérience pour ce jeune apprenti Marcus d’aller lui rendre visite. Il apprendrait comme cela la vie d’aventurier, et cela lui ouvrirait l’esprit, lui ferait découvrir le monde. Il n’en serait plus tard qu’un bien meilleur magicien. Et ce serait très formateur pour lui d’être confronté a la magie obscure… Oui cela ferait vraiment de lui l’un des meilleurs apprenti de son cycle. Et de surcroît, Juste se dit qu’il aurait au moins quelques nouvelles de son ami lorsque Marcus reviendrait. Et cela valait bien de risquer la vie de cet apprenti. S’il revenait vivant, ce serait le meilleur de son cycle, et il pourrait faire de lui son apprenti privilégié. Après tout il lui faisait donc une fleur.

- « Malheureusement je ne suis pas en mesure de vous éclairer plus sur cet objet

- Bon bin rend moi mon héritage alors, sorcier !

- Très bien maître… je comprends. Mince même le maître ne sait pas ce que c’est ! Je ne comprend pas c’est incroyable !

- …, » toujours aucune pensée ne sortait de l’esprit de la moine, même si Juste pu lire à cet instant de la crainte et une certaine déception dans ses yeux.

Le nain commença à se rapprocher de son œuf, la main sur sa hache.

- « fais pas de connerie sorcier… tout doux… Si tu me rend pas mon œuf, t’es mort ! »

Juste ne ressenti qu’un peu de dégoût face à cette créature des plus basique. Le vieux Anorfol était plus cordial dans ses souvenirs. Il lui rendit d’un coup de main son œuf. Il ne méritait même pas de mourir…

- « Aahahaha, le nain aura triomphé du sorcier ! Tarlouze de mage ! »

- Mais Maître, savez-vous où nous pourrions trouver quelqu’un qui soit en mesure de nous aider à élucider le mystère de cet œuf ?

- Oui, il y a quelqu’un. Mais méfiez-vous de lui en toute circonstances, vous ne pourrez pas lui faire confiance. C’est un ancien de l’Université qui a été banni pour utilisation de magie noire. Il s’appelle Maelstrom Ponticus, il vit dans une tour dans les montagnes au nord d’Erose.

- Oula mais ça a l’air plutôt dangereux cette histoire, et je risque de manquer de temps pour finir mon exposé sur l’effet entropique des possessions élémentaires sur les auras démoniaques dans le cadre des lois Van Houten - Nestaffé sur les invocations mineures ! Cela ne m’interresse pas d’y aller ! Maître cette mission a l’air très intéressante, mais pensez vous que je suis en mesure de…

- Allez sans crainte jeune apprenti, cela fera une très bonne initiation pour vous, et votre exposé pourra attendre.

- …comment il a su pour mon exposé ? Merci Maître.

- Vous avez encore beaucoup de choses à apprendre, et c’est une bonne occasion. Maintenant laissez-moi ! J’ai à faire ! Vous m’avez fait assez perdre de temps comme cela ! » Rétorqua Juste qui préférait rester sur cette dernière impression de mystère autour de lui, plutôt qu’ils les questionnent à nouveau sur cet objet, duquel il n’avait vraiment rien pu tirer. Il était assez vexé envers lui-même comme ça.

- Merci Maître, je ne vous décevrai pas. Je vais jamais y arriver !! C’est trop dangereux ! glups…

- Génial, on est tombés sur un sorcier qui n’y connais rien en magie… pff, même pas capable de justifier son salaire, escroc ! Pensa Tordek en sortant de la pièce.

Bon cette impression de mystère voulue n’était pas très réussie en ce qui concernait le nain.

Il fallait vraiment qu’il étudie de plus près cette race un peu primaire à ses yeux…

mardi 24 mars 2009

La Compagnie des Bras Cassés - Part VI

Après avoir triomphé sans démériter d'une gargouille pour certains, et de certaines dissensions et autres méfiances pour les autres, l'équipe a pu mettre la main sur l'oeuf magique que détenait Angus Von Anorfol, et tient maintenant un indice déterminant dans la recherche du meurtrier du nain. Cependant, dans la lutte, la puissante magie de l'oeuf a été activée, et cela peut avoir de funestes conséquences, si on en croit l'avis de Cyrielle. Pour en savoir plus sur la magie de cet oeuf (et donc sur qui pouvait bien le convoiter), la Compagnie a décidé de faire confiance à Marcus, et d'aller voir son maître magicien, détenteur de grands savoirs oubliés.

Chapter VI - I'm on my way
Ou "Aïe, Pas sur la tête!"

Les Compagnons étaient détrempés de leur court séjour dans la rivière souterraine, et essayait péniblement de sécher au soleil du petit matin. Ils avaient émergés de la Grotte pour découvrir qu'ils y avaient passé plus de temps qu'il n'y semblait, et il tardait maintenant à Tordek d'aller plus avant dans l'investigation.
"Sorcier, guide nous jusqu'à ton maître qu'il révèle le nom de celui qui a fait ça!
- Je suis apprenti Magicien, en fait. Vous savez la sorcellerie et la magie ne sont pas exactement semblables car les vortex d'énergie thaumaturgique sont drastiquement différents selon qu'on les...
-Assez! Guide nous à ton chef magicien, et qu'on en finisse!"
Marcus allait reprendre la parole pour expliquer à Tordek que son maître, troisième chancelier de la Tour d'Argent de l'Université Visible n'était pas un "Chef Magicien", mais quand il vit l'air déterminé et obtu du nain, il préféra se retenir.
Avant de se diriger vers la ville, l'équipe se concerta. Marcus, malgré son statut d'étudiant de troisième année de troisième cycle, ne pouvait faire rentrer 6 personnes dans l'Université Visible sans susciter de lourdes interrogations. Il fut donc décidé qu'il emmènerait Tordek (qui ne voulait pas se séparer de son oeuf) et Cyrielle, qui savait garder son calme, tandis que le reste de l'équipe les attendrait.
Alors qu'ils pouvaient voir l'équipe du Nain se diriger vers les portes de la Ville, Glanix, Elphyr et Ferin prirent la décision d'attendre des résultats à la Taverne de l'Ours Bourré. En passant devant la caserne de la Milice, ils purent entendre une certaine agitation, quelque peu normale le lendemain de l'assassinat du Capitaine de la garde. Quand ils arrivèrent à la taverne, les trois compères commencèrent à s'abreuver de bières tout en se mettant au courant des affaires locales auprès du tavernier.
Quelques litres de bières plus tard, alors que Glanix pérorait sur l'importance de la foi devant un Ferin et un Elphy assoupis, leurs compagnons entrèrent par la porte de la Taverne, et leur expliquèrent ce qu'ils avaient appris, c'est à dire assez peu. De ce que Glanix comprit des explications décousues du Nain, coupé régulièrement par Marcus qui apportait des précisions assez opaques, l'oeuf était en effet un artefact assez puissant, mais que même le savoir pourtant profond du Maître de Marcus n'était pas en mesure d'identifier. Il avait cependant conseillé à la compagnie de s'adresser à un autre maître magicien, plutôt versé dans la Magie Noire, qui résidait dans une tour par delà les montagnes , et qui possédait sans doute des renseignements sur un tel objet.
La route de la tour du mage en question était assez longue et périlleuse : elle nécessitait de passer soit dans les hauts cols des Monts de Brouillard, réputés pour être infestés de Gobelins, soit par la Forêt de la Malchance qui était de notoriété publique le repaire d'une sorcière aux puissants pouvoirs. Cependant, la Compagnie, échaudée par ses précédents succès, et voulant (chacun pour ses propres motifs) en savoir plus sur cet oeuf, décida d'entreprendre dès le lendemain ce périple, et convenut après une rapide discussion de passer par les Hauts Cols, dont la route était censée être plus fréquentée (et la perspective d'occire quelques gobelins ne pouvait qu'égayer Tordek, qui haïssait cordialement tout orc et assimilé, comme tout bon nain qui se respecte).
Après que chacun ait vaqué à ses occupations durant la soirée et la nuit (Tordek ayant montré la capacité de descente légendaire des nains au reste de la Taverne pendant la soirée), la Compagnie se réunit de bon matin pour partir à l'aventure.
Alors qu'ils marchaient depuis plusieurs heures, et que Glanix alternait entre sermons et cantiques que seule Cyrielle supportait vaillamment, le groupe arriva à une croisée des chemins. Sur celui qui ne les intéressait pas, à quelques centaines de mètres de là, une bataille avait lieu : une carriole de marchands étaient apparemment attaquée par un groupe de bandits. Des bruits de lames retentissaient, et on entendait des cris. Les marchands se faisaient apparemment dominer, et ne présentaient qu'une faible résistance aux brigands.

Avant que les aventuriers aient pu convenir de la démarche à suivre, Glanix partit en courant, brandissant sa masse d'armes, pour essayer de sauver les victimes, et surtout punir les hors-la-loi. Ses compagnons le suivirent, mais alors qu'ils étaient encore à une centaine de mètres, un des vagabonds les vit, et alerta ses comparses, qui commencèrent à se préparer à l'assaut, les uns en préparant leurs armes, les autres en sortant arcs et flèches. On ne voyait pour l'instant que quelques unes de ces crapules.
Les premières flèches fusèrent de part et d'autres, et à ce jeu là, les brigands se montrèrent nettement moins efficace que les aventuriers : leurs flèches ne touchèrent aucune cible, et un d'eux brisa même son arc en tirant. De l'autre côté, Elphyr fit mouche et toucha un homme en pleine poitrine, tandis que Marcus envoya une flèche acide se loger dans le visage d'un archer, qui lâcha son arme en criant sous l'effet de l'insupportable douleur.
Dans un fracas de métal, Tordek et Glanix arrivèrent au contact, et un farouche corps à corps s'engagea. Tordek tenait les crapules à distance respectueuse en faisant d'amples mouvements avec sa hache, tandis que Glanix essayait d'abattre sans succès sa pesante masse sur le crâne de son vis à vis. Qui fut tout à coup tué d'un coup de tranchant de la main de Cyrielle, qui était arrivée sans bruit par le côté.
Mais si l'équipe arrivait à mener ce combat sans trop de problèmes pour l'instant, grâce aux tirs d'Elphyr et de Ferin, qui tenait quelques brigands à distance, d'autres arrivèrent de derrière le véhicule, et ils n'étaient plus loin d'une dizaine, autour de leur chef, un homme massif dans une grosse armure de bronze. C'est alors que Marcus usa d'un sort de Charme, et un des bandits se retourna contre un de ses accolytes, semant le trouble dans ses rangs. Ceci profita à Tordek, qui trancha rapidement le ventre de son ennemi d'un coup de hache, et à Cyrielle, qui affligea un déluge de coups sur les brigands aux alentours, frappant par erreur Glanix au passage. Ferin et Elphyr continuaient à larder de flèches les ennemis à portée. En moins d'un instant, le chef des brigands se retrouva décontenancé et entouré de cadavres. Et se tourna pour trouver en face de lui Cyrielle, qui toujours mûe par sa fureur meurtrière, lui asséna un terrible coup de pied sauté, le laissant à moitié assommé debout. C'est alors qu'un carreau provenant de l'arbalète de Ferin lui transperça la gorge.
Il tomba raide mort, entouré de ses ennemis, qui en profitèrent pour reprendre leur souffle. Le brigand charmé se tenait debout quand Glanix fondit sur lui, et lui réduit le crâne à l'état de pulpe d'un grand coup de masse.
"Mais vous êtes fous! On aurait pu l'interroger! Il ne nous attaquait même pas!!, protesta Cyrielle.
- Ces créatures de peu de foi ne méritaient pas de vivre. Il a mérité une punition, et ceci était un juste châtiment.", répondit Glanix, soudain calme.
Et la compagnie se retrouva seule, autour du chariot, dans la campagne soudain bien calme.

jeudi 19 mars 2009

La Compagnie des Bras Cassés - Part V

La compagnie est arrivée par des passages souterrains dans des grottes obscurs, garnies de divers chausse-trappes et entourloupes variés. Et de rats géants.

Chapter V - Don't stop me now
Ou comment rester de marbre?

Effectivement, dans la grande grotte qui s'ouvrait en bas des escaliers, on pouvait distinguer deux rats géants, qui se tenaient à l'extrême limite de la zone éclairée par les flammes. Et un peu plus loin, deux yeux rouges qui semblaient bien plus gros.
"Hum. Peut-être faudrait-il analyser la situation avant d'avancer plus loin? Il n'est jamais trop tard pour rebrousser chemin!", proposa courageusement Ferin.
Mais, alors qu'il disait ces mots, Glanix (qui voulait visiblement purger la frustration des combats auxquels il n'avait pu prendre part) et Tordek (belliqueux et têtu comme un nain) commencèrent à foncer vers les rats, leurs armes respectives brandies. Cyrielle leur emboîta le pas, et un combat acharné commença contre des rats un peu surpris, un peu effrayés, mais tentant de se défendre. Ils furent cependant submergés par le nombre, les renforts ayant rejoint leurs camarades plus fougueux.
Une fois les deux rats trépassés (et Cyrielle guérie par Glanix de la méchante morsure qu'elle avait reçue du rat de droite), les aventuriers se tournèrent vers le dernier rat. Il semblait nettement plus gros, et s'approchait à petit pas, tout en restant à distance respectueuse.
"Pourquoi ne s'avance-t-il pas plus? ,demanda Glanix, intrigué.
- Il a visiblement peur des flammes, lui expliqua Elphyr à qui on ne la faisait pas à propos des animaux, même des bêtes aussi citadines et repoussantes que les rats.
- Mais alors, qu'est-ce qui nous empêche de le cribler de flèches à distance?, demanda Ferin, plaçant le sens pratique avant la témérité et l'envie de combattre.
- Cela manquerait d'honneur! affirma Tordek
- Je n'ai plus qu'un seul sort de guérison mineure, dit Glanix.
- Mais on peut parfois vivre sans honneur, assura alors Ferin. ça fait bizarre au début, mais je vous promet qu'on s'habitue assez vite."
Cela dit, les compagnons sortirent leurs armes de jet, et tirèrent tous les projectiles nécessaires pour achever la bête, qui n'eut pas le temps d'arriver au corps à corps une fois la douleur surpassant la colère, et agonisa dans des petits chicotements. Et les aventuriers purent laisser les cadavres des bêtes répugnantes dans la grotte pour continuer : en effet, au fond, une porte menait à un petit couloir débouchant sur une porte à double battants.
Avant que quiconque n'ai pu essayer d'instaurer les prémices d'une organisation, Elphyr ouvrit la porte, et toute l'équipe put voir une grande statue de bête ailée à cornes ("ça change des chevaux, mais on reste dans le mauvais goût", s'exprima Elphyr), et derrière, sur un petit autel situé au milieu de la pièce, un objet brillant de forme ovaloïde.
A la vision de l'oeuf, Marcus ne se sentit plus de joie, et ouvrant la deuxième porte, s'avança vers l'autel... avant de se faire attaquer par la statue, qui se révéla être une gargouille. Heureusement, celle-ci était attachée par la patte à une chaîne attachée au réceptacle où était posé l'oeuf, et son coup de patte monolithique rata le visage du jeune mage de quelques centimètres.
Ferin, faisant preuve d'une initiative ne pouvant être provoquée que par l'appât du gain, courut tout droit, fit une légère cabriole afin d'éviter la gargouille, et récupéra l'oeuf dans sa main, tandis que Glanix et Tordek s'essayaient à attaquer la statue animée, avec peu de succès, leurs armes ricochant avec fracas sur le dur derme de la créature.
Cette dernière sentit immédiatement le vol de l'objet par Ferin, et essaya de sauter sur le roublard, mais trébucha avec force, percuta de plein fouet l'autel détruit intégralement sous l'impact, et finit sa course dans le mur du fond de la pièce, les cornes engoncées dans la roche du mur. Tandis que Glanix et Tordek continuèrent leur attaque et réussirent à détacher quelques morceaux de statue à grands coups d'objets contendants, les autres aventuriers se désintéressèrent totalement du combat. Ferin essaya de s'enfuir avec l'oeuf, mais quand il passait à côté d'Elphyr, ce dernier lui saisit habilement des mains en lui criant "Faites moi confiance". Ferin n'en avait aucune envie, mais ne put récupérer son oeuf. Cyrielle, par contre, essaya de s'emparer à son tour de l'oeuf.
Marcus, impuissant, assista l'air désemparé à la lutte silencieuse entre Cyrielle et Elphyr tirant tous les deux sur l'oeuf pour essayer de se l'approprier, tandis que le course de la bataille changeait au fond de la pièce: la gargouille avait réussi à se désempêtrer du mur, et avait asséné des terribles coups aux deux guerriers, qui avaient du mal à résister.
Elphyr réussit finalement à déséquilibrer la moinesse, et ainsi établir une prise solide sur l'oeuf. Il sortit alors un petit objet de sa poche, dont la forme ressemblait à celles des rares trous brisant la perfection de l'oeuf, et inséra l'objet dans l'oeuf, provoquant une réaction magique intense. Un grand halo vert emplit la sale pendant quelques instants puis disparut, laissant l'équipe désemparée.
C'est alors que la Gargouille arriva sur Elphyr de plein fouet, et commença à s'acharner sur le demi-elfe, qui avait laissé échapper l'oeuf. Marcus essaya de donner un coup de pied dans l'objet pour l'éloigner, mais ne réussit qu'à se fracturer le gros orteil.
Alors que la gargouille s'acharnait sur le pauvre demi-elfe, toutes les personnes à portée commencèrent à porter des coups à la créature de roche. Même Ferin, qui avait effectué un repli stratégique d'une dizaine de mètres, sortit son arme de jet afin d'essayer de sauver le rôdeur. Ce fut Tordek, prit d'une rage toute naine à la vue de personnes portant leurs mains sur son héritage, qui fracassa finalement le crane de la statue, qui vola alors en morceaux. Le calme retomba sur la compagnie, tandis que Tordek, encore fulminant, ramassa l'oeuf de son oncle, et le garda contre lui, en jetant des regards furibonds à ses compagnons.

Pendant ce temps, Glanix s'agenouillait à côté d'Elphyr, qui semblait plus près de la mort que de la vie, afin de lui porter des soins de première urgence.
"Je me demande si je vais y passer, se demandait Elphyr, qui ne ressentait même plus la douleur, alors qu'un voile lui tombait devant les yeux.
- TÔT OU TARD, C'EST UNE ASSURANCE, TOUT LE MONDE FINIT PAR ME RENCONTRER, affirma une voix caverneuse qui semblait venir de son crâne. MAIS PEUT-ETRE PAS TOUT DE SUITE."
Elphyr ouvrit alors les yeux, pour voir ses compagnons qui le regardaient d'un air anxieux. Et la douleur revenant, le demi-elfe s'évanouit.

Quand il se réveilla, quelques heures plus tard, il allait déjà mieux. Le prêtre de Saint-Cuthbert ayant pu se reposer, il avait de nouveau invoqué la bénédiction de son Dieu, et avait pu ainsi stabiliser puis améliorer l'état du rôdeur. L'équipe avait mis à profit ce temps de répit forcé pour dévoiler les petits secrets de chacun, et Elphyr eut tôt fait d'ajouter sa version : Il avait en effet trouvé un petit objet dans les poches du cadavre de Angus, qu'il avait gardé pour lui, et il avait répondu à une pulsion en insérant l'objet dans l'oeuf, espérant ainsi arrêter la gargouille. ("Ben bien joué", lui dit Ferin). Cyrielle, quant à elle, s'était joint à l'équipe sur ordre de ses supérieurs hiérarchiques, elle devait à tout prix empêcher quiconque d'activer la magie de l'artefact magique qui était en possession d'Angus Von Anorfol, qui pouvait provoquer des désastres avec sa magie surpuissante. Elle avait ainsi échoué dans sa quête, et avait l'air assez traumatisée. Enfin, Tordek avait reçu une lettre de son oncle qui s'inquiétait de sa sécurité, et demandait l'aide de son neveu pour assurer sa protection. Il semblait maintenant évident que cet oeuf était la cause du crime.
Marcus proposa qu'on amenât l'artefact à son maître en magie, qui saurait sans doute dire à quoi correspondait l'effet qu'ils avaient pu apercevoir, et ainsi essayer de retrouver qui aurait intérêt à entrer en possession de l'oeuf. Et du même coup, essayer de désactiver l'oeuf, si les conséquences de son activation s'avéraient après études aussi désastreuses que celles prévues par le monastère de Cyrielle.

Il restait cependant le problème de la sortie, l'appareil élévateur étant détruit. Après étude, Cyrielle émit la possibilité d'étudier la rivière souterraines qui coulait dans la grotte aux rats. Elle partit, à la nage pendant de longues minutes à contre-sens du courant. Au moment où tous ses camarades commençaient à s'inquiéter, elle revint pour leur dire qu'elle avait trouvé une sortie quelques dizaine de mètres en amont.
Ferin, de son côté, partit dans le sens du courant, et revint après quelques secondes, en affirmant à ses compagnons qu'il avait tout visité, et qu'il n'y avait strictement aucune possibilité de s'échapper de ce côté. L'équipe convint donc (même si Tordek et Glanix, avec leurs armures d'écaille, semblaient vraiment rechigner à nager) d'essayer par la sortie trouvée par Cyrielle.

Ils partirent tous un par un, et même s'il fallut plusieurs essais à Glanix, peu à l'aise dans l'eau, et si Tordek manqua de se noyer, ils arrivèrent finalement tous à l'air libre dans une petite grotte, non loin de l'entrée d'Erose, d'où ils pourraient facilement regagner la ville, afin d'en apprendre un peu plus sur cet artefact.

lundi 16 mars 2009

La Compagnie des Bras Cassés - Part IV

Les fiers compagnons viennent de faire (encore) passer de vie à trépas quelques gardes de la maréchaussée, mais en ont laissé échapper deux, qui vont sans doute revenir avec force renforts. Par quel stratagème arriveront-ils à s'échapper?

Chapter IV - No Answer
Ou "Heu... c'est quoi la question, déjà?"

Le silence retombait doucement sur la maison, tandis que les aventuriers se remettaient du bref moment d'action qui venait d'avoir lieu. Tandis que Glanix répétait à mi-voix "on a tué le capitaine, on a tué le capitaine, ô mon dieu, pardonnez-nous, on a tué le capitaine" d'un ton troublé, Cyrielle et Tordek transportaient le corps inanimé du premier garde dans le cagibi, avant de fermer celui-ci. Et la question se posa : "Que faire?"
"Heu, je ne sais pas pour vous, mais je pense qu'il serait bon d'aller se coucher. Il est déjà très très tard, et on a pas trouvé grand chose, et en fait, finalement, il était pas trop important pour mes études cet objet, je devrais avoir des résultats significatifs avec cet oeuf de poule maudit trouvé dans la région de Tintagelle..., marmonnait Marcus, avec une voix blanche.
- Oui, nous avons fait assez de mal comme ça, partons tant que nous avons encore la chance, et allons faire pénitence!, ajouta Glanix, qui sortait petit à petit de sa torpeur.
- Non, je dois entrer en possession de mon héritage, et venger l'honneur de ma famille, dit Tordek, le visage fermé et impassible.
- Ouais, puis on a encore rien trouvé de bien précieux", glissa Ferin visiblement mal à l'aise en présence du guerrier nain qui le fusillait du regard.
La troupe se déplaca donc prudemment vers la pièce située de l'autre côté du couloir, la seule de la maison qui n'avait pas encore été visitée. Ferin analysa rapidement la porte, constata qu'elle n'était pas piégée, et l'ouvrit ensuite silencieusement. Tout le monde entra dans la grande salle à manger, même Glanix qui fermait la marche et montrait ostensiblement son mécontentement quant au déroulement de la mission.
Quand Marcus vit les étagères où reposaient des statues de cheval et des pierres de météorites qui semblaient étrange, il prit la parole avec un peu plus d'assurance qu'à son habitude.
"Hum, cela sent la magie, je vais lancer un sort de DÉTECTION DE MAGIE!!"
Et il se lança ensuite dans une invocation rapide, très impressionnante et accompagnée de grands gestes des bras. Une fois finit, un silence s'établit.
"Ben alors?" demanda Tordek, qui faisait une confiance toute relative à la magie.
"Heu, ben pas grand chose, en fait, il y avait quelques traces de magie sur les pierres, mais rien d'important", répondit Marcus d'un ton boudeur avant de s'enfermer dans le silence.
Ferin essaya alors, avec le consentement de Tordek, de crocheter la serrure qui fermait les portes vitrées des étagères. Après 2 minutes d'efforts inutiles où Ferin n'arriva pas à accrocher le loquet quel qu'il soit, son crochet accrocha la vitre, qui s'ouvrit.
"Heu, j'avais peut-être oublié de vérifier si ces vitres étaient ouvertes, avoua Ferin d'un air gêné". Alors qu'il fixait Ferin d'un regard coupable, le regard de Tordek s'illumina quand il aperçut la hache de guerre naine qui était accrochée au mur. Et le visage de Ferin aussi, quand il vit que Tordek regardait dans une autre direction, et qu'il put escamoter une pierre dans son sac d'une main leste.
"Maître Elphyr, pouvez vous me dire si cette hache est protégée par un quelconque mécanisme?"
Après une courte étude, le demi-elfe constata de manière catégorique :
"Il n'y pas de piège, ici, mais un mécanisme qui s'enclenche en appuyant sur la hache de haut en bas. Et qui, apparemment, a souvent été utilisé."
Entendant ceci, Tordek poussa la hache vers le bas, et un bruit sourd se fit entendre, alors que le fond de la cheminée se poussait pour laisser place à un escalier qui descendait vers une grotte.
"Vite, descendons-y avant que la garde ne revienne" conseilla le demi-elfe, et toute la compagnie le suivit dans ce passage secret: Tordek, qui avait saisi la hache de guerre et la contemplait d'un air attentif à la recherche d'éventuels défauts, Ferin, qui rangeait discrètement les quelques objets qu'il avait "trouvé" sur les étagères dans son sac, Cyrielle, le visage toujours impassible, et Marcus et Glanix, qui maugréaient tous les deux. Ils prirent cependant soin de fermer la porte secrète derrière eux, après s'être assurés que celle-ci pouvait se rouvrir de l'intérieur.
Les aventuriers arrivèrent alors dans une salle ronde, au milieu de laquelle siégeait une grande statue de cheval, qui reposait apparemment sur un socle rond qui était séparé du reste de la pièce. A son côté, un mécanisme à base de leviers et de poulies. Quand Tordek tourna un peu le levier, le niveau du socle central s'abaissa de quelques centimètres.
"Il s'agit sans doute d'un quelconque dispositif magique pour nous faire descendre, constata Cyrielle, je conseille que quelques personnes se mettent dessus, et nous les descendrons, ils pourront ainsi repérer le terrain."
Ainsi fut fait, l'ascenseur menait à un niveau inférieur, où un levier similaire permettait de monter le socle. Ainsi, le reste de l'équipe put descendre à son tour.
En bas, un couloir permettait de s'éloigner du socle et de la statue du Cheval, et de l'autre côté de celle-ci, une boule de pierre imposante se tenait, et semblait pouvoir rouler vers le couloir à n'importe quel moment. Elle se tenait immobile pour l'instant, par on ne savait quelle magie occulte, l'air menaçante. Et ronde.
"Mouais, ça sent le coup fourré, ça, dit Glanix en regardant la grande sphère d'un air réprobateur."
"J'avais connu cet archéologue réputé, très connu pour son chapeau et son fouet, il m'avait parlé d'une sphère semblable... C'était un piège en fait, et il en avait réchappé de peu. Je préconise donc la méfiance à son encontre", dit Elphyr d'un ton circonspect.
"Il suffirait de remonter la plate-forme d'un demi-mètre, et ça empêcherait la pierre de rouler, non?", proposa Ferin.
Cette proposition ayant le mérite de la prudence et de la simplicité, Glanix actionna le levier, et s'arrangea pour bloquer le passage du couloir à la boule, et l'équipe put ainsi continuer son chemin dans le couloir. Plusieurs petites alcôves se tenaient à intervalles réguliers sur le côté, jusqu'à une salle un peu plus grande et assez particulière, le sol étant en dalles colorées à la façon d'un damier. Il suffit d'un rapide regard à Elphyr pour constater que sur les dalles de la première rangée, les blanches avaient l'air usées, et les noires non, et sans doute reliées à un mécanisme. Il s'aventura donc sur la première dalle blanche et tenta de regarder les suivantes. Et là, il lui fut impossible de déterminer quelles dalles étaient piégées ou utilisées. Il y avait donc forcément une logique derrière tout cela.
"Hum, je suis sûr que nous avons dû voir des indices nous permettant de deviner où marcher..., lança-t-il à la cantonade
- Ah ouais, pas bête, dit Tordek
- Effectivement, c'est même sûr..., ajouta Ferin
- Ouais mais quoi? Y a juste des statues de chevaux et des cailloux dans cette baraque. Et je parle même pas de la grotte, rétorqua Tordek
- Et les chevaux ne voient pas en couleurs, il n'y a donc que peux de chance qu'il y ait un rapport entre le cheval et le damier, ajouta Marcus.
- Ah pas sûr, dans les courses à Chevaux de l'hippodrome du Royaume de Suranie, le gagnant a le droit de porter une casaque en damier, avança Ferin d'un ton hésitant.
- Pas sûr qu'il y ait un rapport...
- Peut-être la boule? demanda Cyrielle
- La boule, elle était plutôt claire.
- Pas noire en tout cas.
- Peut-être qu'il faut passer sur les parties claires, alors?
- Ben je vois que ça...
- Pourtant, je suis sûr que le cheval, ça doit dire quelque chose, continuait Glanix
- Ah non, monsieur le prêtre, les chevaux ne parlent pas. Ou alors, il faut tenter un sort d'antropomorphie, mais c'est assez compliqué. Ou animer la statue, peut-être?, répondit Marcus
- Oubliez pas que c'est un nain, hein, faut pas chercher trop compliqué, dit Elphyr."
En voyant l'air furibond de Tordek qui le regardait, Elphyr jugea bon de ne pas continuer sur ce chemin scabreux, et décida d'avancer sur les dalles blanches. Dès le premier pas, un bruit assourdissant de mécanisme se mettant en route résonna, et un gros fracas leur parvint par derrière. Ils virent au loin que la plate-forme était détruite par la boule, avec leur (pour l'instant) seul moyen de sortie.
"Bon, ça, c'est fait. constata Ferin.
- Ah mais si, ce n'est pas un damier, c'est un échiquier! Donc nous aurions du avancer comme les chevaux aux échecs. C'était pourtant simple!"
Les échecs étant le jeu de société le plus répandu dans la région, la réponse paraissait maintenant évidente. Et tous les aventuriers de se regarder d'un air gêné, de tousser ou de baisser les yeux.
"Bon, de toutes façons, c'est fait, hein. On avance?" dit Elphyr, désireux de passer à autre chose. Et la troupe continua pour arriver devant un escalier descendant, troué d'un fossé de 50 cm, creusé de main humaine (ou naine) dans une marche. Trop petit pour être un piège, quelle pouvait donc être son utilité?
Alors que Elphyr se demandait cela à voix haute, Ferin trouva la réponse...
"Peut-être pour empêcher les rats géants de sortir?"

dimanche 15 mars 2009

La compagnie des bras cassés - Anecdote I

Anecdote I : Back in Erose butchery.


La matinée était pas mal. Le soleil était la, discret mais bien la, accompagné d’un petit vent frais matinal, ce petit vent frais qui vous caresse le visage alors que vous l’exposez au soleil.

Ouais c’était une belle matinée.

Même que les oiseaux s’étaient donné rendez-vous sur les toits des maisons pour accueillir l’arrivée du printemps dans un bordel pas possible ! Des étourneaux probablement. Ma fois, tant que ca masquait le gloussement de ces putains de pigeons. De vrais parasites ces pigeons, ca vous chiait dessus sans prévenir, ca vous piquait votre bouffe si vous la laissiez plus d’une minute sans « protection », et ca vous gloussait dans les oreilles toute la journée. Et un gloussement bien particulier juste après vous avoir lâchée une belle fiente sur l’épaule, en vous regardant avec leurs yeux vides et ineptes, d’un air de dire : « et ouais, je t’ai chié dessus… ». Fort heureusement, ils se cachaient ce jours la, surement par honte de ne pas savoir chanter comme ces étourneaux.

Ouais c’était une belle matinée.

Un son de cloche au loin. La voix mélodieuse des femmes qui discutaient dans la rue en allant acheter des patates, les bruits de pas des enfants qui galopaient dans la rue.

Ouais c’était une belle matinée.

- « Si ce con de nain ne s’était pas fait tuer hier, j’aurais probablement été de corvée de gardiennage des geôles de la caserne aujourd’hui. » pensait Arnoul.

Ouais c’était vraiment une belle matinée.

C’est du moins ce qu’il pensait jusqu'à ce qu’il rouvre les yeux.


Devant lui se tenait un jeune homme, qui avait le regard d’un chien abattu. Le genre de gars qui se lave les mains après avoir pissé. Avec son espèce de « manteau-cape » à capuchon, ses boutons d’acné sur le visage et ses mains tremblantes à l’idée de devoir adresser la parole à un représentant de la garde, cela ne pouvait être qu’un de ces catéchumène soi-disant sorciers qui apprenaient à l’école de magie comment se servir de leurs doigts pour allumer une torche sans briquet, ou bien comment on lis un livre en entier sans s’endormir. Que des trucs utiles. Et celui-là, il devait être en quatre ou cinquième année, car son visage commençait à avoir une forme humain, et aussi parce qu’il n’avait pas fui lorsqu’Arnoul avait ouvert les yeux, de peur d’être réprimandé.

- « Bonjour, j’aurais voulu savoir si, dans votre grande circonspection commune à tous les gardes de cette ville, il aurait été possible de pouvoir pénétrer – de la sueur commençait à perler sur son front – dans cette demeure ?

- T’es pas plus con qu’les autre non ? Tu sais lire, donc t’as surement dû voir c’panneau sur lequel y a écrit… ».

Telle une récitation apprise par cœur sur la profondeur de champ d’une lunette arcanique de deuxième niveau, il répondit :

- « DEFENSE D'ENTRER DURANT LA PERIODE D'INVESTIGATION DU MEURTRE…. Cela veut dire que le vénérable monsieur qui habite ici est décédé ?

- T’es perspicace nabot !

- Ah mais c'est-à-dire que cela m’arrange pas trop à vrai dire puisque je suis actuellement étudiant de troisième cycle de magie à l’Université Visible de la ville… »

« Merde, c’était pas loin ! » pensa Arnoul.

- « … et je devais rencontrer monsieur Anorfol pour une étude que je mène sur un œuf… sur un… pour parlementer avec lui de l'effet entropique des possessions élémentaires sur les auras démoniaques dans le cadre des lois Van Houten - Nestaffé sur les invocations mineures. ».

Cette phrase sortie comme une libération.

- « Ah alors c’est pour un cas de force majeure ! Fallait le dire ! On va peut être te laisser entrer alors ! » Répondit Arnoul, qui n’avait absolument rien compris de ce qu’avait rétorqué le grouillot.

Le visage du grouillot commença à s’éclairer. Il devait se dire qu’il n’était pas si mauvais que ca en diplomatie après tout.

- « Ou pas… »

Comme Arnoul s’y attendait, son collègue Caribert en poste devant la maison du nain allait se prêter au jeu ! Ils étaient du moins tous les deux sur la même longueur d’onde, ce grouillot n’allait pas s’en tirer sans quelques boutades.

Le grouillot se décomposa. Il s’adressa immédiatement à Arnoul.

- « Pourriez vous expliquer a votre collègue le cas de force majeure qui nous concerne, afin qu’il puisse me laisser entrer ? »

- Sinon quoi ? Une boule de feu va sortir de ton cul ?

- heu…. Probabl… non, enfin… les boules de feu ne sortent pas par… là… monsieur… » Répondit de manière déconcertée le grouillot.

- « Comment ? Tu oses reprendre un représentant de la loi ? Que dirais-tu d’aller tester tes diableries sur les rats des geôles de la caserne ?

- Ouais il parait qu’ils adorent ca ! ahahah… Tu vas bien t’entendre avec eux ! Ils sont très câlins !

- NON ! Je n’aime pas trop les rats… Mais comment dois-je procéder pour entrer… ?

- T’es sourd en plus ? On t’a dit qu’on ne laissait pas entrer les grouillots ! »

Arnoul regarda furtivement Caribert qui était à la limite de l’éclat de rire. Ils se comprirent, et dégainèrent aussitôt leurs armes, histoire de faire une petite frayeur à ce mage un peu trop téméraire. Et cela fonctionna plutôt bien, le mage déguerpi a grandes enjambées avant même que la lame de leurs épées ne soit visible. Quelle bande de bons a rien ces apprentis mages. Des trouillards qui se masturbaient devant leurs collections de grimoires en ruine. Celui la en tout cas ne reviendrait pas de si tôt. Il avait eu sa dose de frayeur pour le reste de sa scolarité. Cela avait été tellement facile de le faire fuir, mais tellement plaisant.

Ouais, cette matinée était de mieux en mieux.

Restais plus qu’à la fin de son service la belle Cynthia, la plus cochonne des filles de joie de la taverne de l’ours bourré soit disponible, et cette journée finirait en beauté.


Mais le destin en avait décidé autrement.


Une dizaine de minutes plus tard, un groupe vint troubler la beauté de cette matinée. Et quel groupe. Un nain hargneux et moche (quels nains n’était pas moches ?) qui se prétendait être le neveu du macchabé – Un prêtre, enfin plutôt Le prêtre le plus casse rouston de la ville, celui qui pouvait passer une journée entière à gueuler dans la rue que Saint Cuthbert punirait tous les pécheurs… merde il n’aime pas le poisson ce gars, et alors ? – Un demi-benêt, un bâtard qui devait encore penser qu’il n’avait récupéré que le meilleur des deux races – Une espèce de femme habillée en haillons et en bandelettes, surement une moine qui pensait que le seul endroit serein et calme de la ville se trouvait sur le toit de la maison du macchabé, comme par hasard ! – Et puis toujours ce grouillot trouillard qui avait sauté en opportuniste sur l’occasion de pouvoir entrer dans la maison avec ce groupe !

Merde laissez-moi profiter en paix de cette belle journée, pensa Arnoul.

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Bof de toute manière que pouvait-il bien se passer en pleine nuit dans le quartier riche. Ca servait vraiment a rien de rester la, comme des cons, a rien faire au beau milieu du quartier riche, un quartier ou il se passait bien entendu rien du tout en pleine nuit.

Et voila comment Arthur et Agilmar se retrouvèrent devant la maison du vieux Anorfol, à discuter de la pression quotidienne qu’ils subissaient dans les rangs de la milice d’Erose.

C’est a ce moment la qu’ils aperçurent au fond de la grande rue des lueurs de torches qui se rapprochaient.

- « On doit déjà être relayés ?

- Bin non, le capitaine a dit qu’on y avait droit jusqu'au lever du soleil parce qu’on est des bons a rien… » Cette phrase sonna comme un reproche d’après le timbre de sa voix.

- « Il a peut être eu des regrets… » Bizarrement, aucun de nos deux compères ne cru cette affirmation.

- « Tu crois vraiment que le capitaine puisse avoir des regrets ?

- Grmlf… Mais… chut ! »

Un long silence s’ensuivi.

- « T’as pas entendu un grincement ?

- Non… par contre c’est bizarre ces gars la bas ils avancent vraiment sans bruits. On les entend même pas marcher.

- Ca doit encore être ces foutus prêcheurs itinérants du monastère de Saint Cuthbert qui font une marche silencieuse, pour faire pénitence… Tu te rappelles, c’est comme la dernière fois ou on avait dû faire taire l’un d’entre eux qui gueulait en pleine nuit.

- ah ouais tu m’avait raconté, mais j’étais en permission c’te fois la.

- Chuuut !... t’as pas entendu c’te fois ? »

A nouveau un long silence d’outre tombe.

- « Laisse tomber, quand ils seront la on leur dira d’aller prêcher la bonne parole à l’ours bourré. »

Mais Agilmar était sûr que le grincement était bien plus proche.

Cependant ils se remirent à parler de leurs problèmes au sein de la milice. Quelques minutes plus tard, il y eu un petit cri strident venant de la maison abandonnée a coté.

- « Putain, cette baraque doit être infestée de rats.

- C’est clair. Depuis le temps qu’elle est abandonnée.

- Bah de discuter de notre solde, moi ça me donne envie de pisser. Je vais faire ça dans la ruelle, là. »

Il fut très surpris de constater qu’un épais brouillard venait de se lever de ce coté de la maison, étrange vu que le temps était assez sec depuis quelques jours.

- « Ho mais c'est quoi cette merde de purée de pois ? J'vais de l'autre côté. »

Et c’est à cet instant que les torches au loin s’éteignirent.

- « Hé t’as vu, les prêcheurs se sont barrés !

- Normal avec ta sale gueule t’as dû leur faire peur ! Héhé…

- Pfff, allez va pisser et tais toi faquin ! »

Ce qu’il fit prestement. Et à son retour le brouillard avait disparu.

- « Merde le temps se détraque ou quoi ? Y avait pas un brouillard y a deux minutes ?

- Un rat a dû péter trop fort ! »

Et ils éclatèrent de rire. Et reprirent de plus belle leur discussion sur leurs problèmes de miliciens.

C’est une vingtaine de minutes plus tard que leur nuitée fût perturbée par une lourde explosion derrière eux, dans la maison du vieux nain. Une grosse détonation qui fit vibrer le sol et les murs de la maison. Les vitres de la fenêtre de l’étage volèrent en éclats qui leur tombèrent dessus. Une pluie de verre qui leur entailla les mains. La surprise les firent se jeter au sol, le ciel leur tombait sur la tête.

- « PUTAIN DE MERDE ! C’était quoi ça ? »

Agilmar alla très vite constater les dégâts sur le coté de la maison, d’où s’échappait une épaisse fumée noire. C’est la qu’il vit la corde tendue entre les deux maisons. Il entendit aussi des voix en panique qui venaient de l’étage.

- « Putain y a des gars à l’intérieur ! La maison se fait cambrioler sous notre nez !

- Et merde vite faut aller les intercepter, sinon le capitaine va nous tuer !

- Vite vite vite !! »

Ils ouvrirent la porte de la maison, non sans difficultés, tellement leur pouls s’était emballé. Arthur ne réfléchi pas trop, il se jeta dans les escaliers pour monter à l’étage, sa lourde épée en main. Derrière lui, Agilmar vit la femme lui tomber dessus dans les escaliers. Fort heureusement, elle avait raté son coup, et Arthur leva son épée bien haut pour lui assener un coup fatal. Il ne pu même pas achever son geste qu’une espèce de boule de lueur vive vint le frapper entre les omoplates. Laissant une grosse tâche noire et roussie dans son armure matelassée. Il ne pu même pas se reprendre qu’un homme fit irruption devant lui, et lui trancha la poitrine. Une gerbe de sang éclaboussa le sol de l’escalier. Arthur s’effondra sur les marches. Ces dernières prirent feu contact de la torche qu’Arthur venait de lâcher. Merde mais ils sont combien la haut, pensa Agilmar !! Barre toi de là en vitesse mon vieux Agilmar sinon tu va finir comme Arthur ! Et sur cette belle pensée philosophique, il prit ses jambes à son coup pour aller chercher de l’aide ! C’est quelques mètres après le pas de la porte qu’il entendit un bruit sourd derrière lui. Tout en courant il regarda derrière lui pour vérifier s’il était suivi ou pas. Et à cet instant une énorme douleur lui parcouru tout le bras jusqu'à l’épaule. Il venait d’être touché par une flèche, cette dernière étant complètement plantée dans son épaule. Cela le fit trébucher, mais il se releva vite, la peur de mourir était suffisamment intense pour décupler ses forces. C’est avec horreur que la seconde qui suivi il aperçu une flèche toute bleue provenir de l’intérieur de la maison pour venir frapper l’homme qui avait tiré la flèche. Malheureusement pour Agilmar, cette flèche bleue ne s’arrêta pas, et elle vint finir sa course dans son avant bras déjà en sang. Il ne comprenait pas trop ce qu’il se passait. Manifestement des personnes étaient aussi là pour l’aider, la femme qui avait sauté sur Arthur gisait au sol, et l’homme qui l’avait achevé était a terre sur ses genoux, se tenant le bras en grimaçant de douleur. Il n’allait finalement peut être pas finir comme Arthur. Et c’est la qu’il vit que le nain qui avait achevé la femme s’approchait de lui. Sûrement un ami du vieux nain défunt qui ne supportait pas que l’on cambriole cette maison. Mais ils sortaient d’où tous ces gens ! Agilmar laissa le nain s’approcher, pensant qu’il venait l’aider à arrêter l’hémorragie qui lui avait maintenant couvert la main de sang. Malheureusement, la dernière chose qu’il vit de ce monde, ce fut une hache plantée dans son torse, et des gerbes de son sang qui s’écoulaient sur le sol.

Puis tout devint noir.


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Arnoul était sur le point de se coucher à la caserne, après cette journée de merde. En effet, à la fin de son service devant la maison il était allé à la taverne de l’ours bourré, pour se taper la belle Cynthia avec ses économies du mois. Mais il y avait retrouvé le capitaine Actarus déjà en possession de la belle. Il s’était fait renvoyer aux geôles, pour surveiller un « éminent » criminel qui avait volée une pomme sur un étalage. Et voila une nouvelle après midi à compter les rats et les pierres abimées de la geôle… En repensant à l’humiliation subite devant la belle Cynthia… Et la il fallait aller se coucher au beau milieu d’un dortoir rempli de ronfleurs professionnels.

Quelle journée de merde.

Et à peine les yeux fermés, le capitaine Actarus entra en trombe dans le dortoir en gueulant :

- « REGIS, ARNOUL, HUBERT ! AVEC MOI AU PAS DE COURSE ! »

Même la nuit s’annonçait pourrie.

Et voila, en pleine nuit, il fallait courir. Une explosion s’était produite dans le quartier riche. Et quelle surprise en voyant la maison du macchabé encore fumante, les vitres explosées. Ce satané nain, même mort, était manifestement plus efficace pour protéger sa maison que les gardes. D’ailleurs merde, ils étaient où les gardes ?

- « Ces deux cons vont m’entendre demain s’ils ont abandonné leur poste ! » maugréa le capitaine.

Ce dernier fit des gestes à Arnoul et Hubert pour leur indiquer d’entrer dans la maison et de monter voir ce qu’il en était à l’étage. La porte était ouverte, ils entrèrent tous.

- « Oui c'est bien là, regarde les corps... il serait étonnant que les criminels soient encore là, mais on ne sait jamais. Séparons-nous pour fouiller cette maison! » Annonça le capitaine. Les deux gardes au sol étaient bel et bien morts. Ils baignaient dans leur sang, ils avaient du être sauvagement massacrés.

Arnoul et Hubert se précipitèrent à l’étage, non sans crainte d’y trouver un monstre exterminateur. Merde les deux autres s’étaient fait massacrer, il fallait faire gaffe. A l’étage, tout était détruit, un mur était tombé, les vitres avaient été soufflées, et des morceaux de coffre étaient plantés un peu partout dans les murs encore debout. Et des pièces d’or éparpillées partout par terre ! Finalement c’est peut être mon jour de chance, pensa Arnoul, qui commença à vouloir en ramasser quelques-unes. Hubert le retint immédiatement en lui soufflant à l’oreille qu’ils allaient se retrouver de corvée de geôle pendant un mois si le capitaine s’en apercevait. Et repensant à cette merveilleuse après midi qu’il avait passée à se lire les lignes de la main tout seul, Arnoul se ravisa en soupirant. Ils regardèrent autour d’eux à la lueur de la lampe, mais il n’y avait pas âme qui vive, ni même de morceau d’homme éparpillé. Le coffre avait peut être pété tout seul après tout. Quoi que… par la fenêtre qui donnait sur le coté de la maison, il y avait une corde tendue vers la maison d’en face. Les cambrioleurs tuent des gardes maintenant ? Putain il ya plus de respect envers l’ordre de nos jours ! Au moment de regarder de plus près cette corde, Arnoul entendit un « Tu te fous de ma gueule ? » venant du rez-de-chaussée. C’était la voix de Régis, mais la tirade ressemblait plus à du « capitaine ». S’ensuivi un bruit de craquement. Un peu comme la fois ou Arnoul c’était tapée la grosse Martine toujours a l’auberge de l’ours bourré (et oui cette fois la, il n’avait pas assez d’économies pour Cynthia, il avait du se rabattre sur la grosse Martine, et il en était pas très fier), et qu’elle s’était mise sur la table, qui avait croulée sous son poids. Oui, c’était le même bruit de craquement. Mais alors… Ce serait Martine qui était la à cambrioler la maison ? Non elle n’aurait jamais pu tenir sur la corde. Impossible. Mais fichtre, cela devait être quelqu’un d’énorme ! S’ensuivi un échange de paroles entre le capitaine et Régis, qu’ils entendirent mal. Mais il y eu une voix de femme, Arnoul en était certain. Elle avait dit un truc du genre qu’elle faisait tomber des plats parce qu’ils étaient foutus… Arnoul ne voyait pas le rapport avec le cambriolage mais bon. Tout se recoupait, cela ne pouvait être que la grosse Martine. Il devait en avoir le cœur net. Car si Martine se retrouvait aux geôles, cela égaierait surement ses prochains jours à la caserne. Pendant qu’ils descendaient l’escalier avec Hubert, il y eu un bruit de combat, et d’un corps s’abattant lourdement sur le sol. Il faut dire que la carrure de Martine lui conférait surement suffisamment de force pour assommer ou tuer quelqu’un ! Arrivé en bas, Hubert dit :

- « Bordel, Régis et le Capitaine sont allés tous les deux dans la cuisine, et y a plus aucun bruit maintenant.

- Sûr qu'il y a un putain de guerrier là dedans. Moi j'y vais pas tout seul. »

Il ne voulait pas paraitre idiot en parlant de Martine, et surtout il ne voulait pas que ces exploits s’éventent.

- « Ptetre un troll ou un truc dans le genre. Bon, je vais aller chercher des renforts, toi garde la maison et assure toi que personne en sort! »

Hubert se trompait, Arnoul le savait. Même si Martine ressemblait effectivement à un troll. Et il ne voulait surtout pas se retrouver à nouveau face à elle, il gardait un plutôt très mauvais souvenir de sa dernière expérience avec elle.

- « Non non non, je viens avec toi moi, je reste pas tout seul dans le coin avec je sais pas quoi. »

Ou avec Martine…

Nos deux gardes prirent leurs jambes à leur coup pour aller prévenir les copains de la garde.

Oui, la nuit était bel et bien pourrie.

Quatre gardes abattus, c’était une vraie boucherie comme il n’y en avait pas eu depuis longtemps à Erose.


Quand ils revinrent un quart d’heure plus tard avec la moitié des gardes de la ville, tout était calme dans la maison. Plus aucune trace de Martine, ou d’un quelconque troll. Il ne restait que trois cadavres, dont deux sauvagement massacrés, baignant dans leur sang. Le capitaine avait aussi été assassiné. Et le quatrième garde n’était quant a lui pas complètement mort. Salement amoché, mais pas mort. Il respirait encore, inconscient. Le docteur de la garde était aussi venu, il s’occupa de lui prestement. A priori rien ne maquait dans la maison, les pièces d’or n’avaient même pas été emportées. Quel cambrioleur pouvait se barrer sans les pièces d’or ? Fallait être con ! Surtout après avoir fait péter le coffre et tué trois gardes ! Arnoul était déconcerté. Toute cette boucherie pour rien. Pourquoi Martine aurait-elle fait ça ? Arnoul préféra garder ça pour lui, personne ne le croirait de toute manière. La corde tendue entre les deux maisons fut récupérée, et la maison abandonnée d’en face fouillée. C’était un vrai pro qui avait fait le coup, la porte d’entrée n’était même pas fracturée et était fermée de l’intérieur. Il avait même détruite l’échelle qui montait à l’étage pour pas que l’on puisse le suivre ! Ca ouais, c’était un vrai pro, avec deux gardes en faction en plus pour surveiller… Martine cachait bien son jeu.

Et voila comment passer une nuit de merde, a chercher des indices et a ramener les cadavres des collègues a la caserne. Finalement, au bout de plusieurs longues heures de merde, Arnoul décida de retourner se coucher jusqu’au lever du soleil. Il ne lui restait pas beaucoup de temps, mais ce serait déjà ça. Car il sentait que le lendemain serait un branle bas de combat dans toute la caserne. Encore une journée pourrie en perspective.

Et c’est le sous capitaine qui vint réveiller tout le dortoir aux aurores.

- « Bon les gars, le capitaine étant décédé cette nuit, c’est moi qui prend la relève ! Alors au boulot bande de fiottes !! Me faut deux gars pour la relève de la maison d’Anorfol ! Pour les autres, il y a les entrées de la ville, la recherche d’indices, les questions au voisinage, les geôles et les chiottes !! Alors grouillez-vous bande d’incapables ! »

Et voila tous les gardes, se croyant encore dans leurs cauchemars, qui se levèrent péniblement.

- « ARNOUL ! »

Merde je vais avoir droit aux geôles, se dit-il.

- « Oui mon capitaine !

- Tu remplaceras le sergent Régis qui nous a quitté aussi hier soir. Bravo, tu es maintenant sergent ! Puisse-tu mourir dans d’atroces souffrances comme lui ! »

Puis le nouveau capitaine repartit aussi vite qu’il était arrivé, laissant derrière lui un Arnoul complètement décomposé. Prendre des décisions ce n’était pas trop son truc, puis être toujours en première ligne pour se faire engueuler par le capitaine ne l’enchantait pas trop. Et merde j’ai rien demandé moi, se dit-il. Il ne pensait pas que cette journée pourrait être plus pourrie que la précédente, mais cela apparaissait bien engagé… Bof au moins il n’irait plus compter les tâches de vin sur la table des geôles.

Bon en tout cas, il n’avait toujours pas reçu d’ordres pour son nouveau job. Du coup il se dit qu’il méritait bien une petite pinte de bière, histoire de noyer son malheur dans l’alcool. Avec un peu de chance, le capitaine le choperait en train de picoler, et il reviendrait sur sa décision de le nommer sergent. Et donc il partit le pas pesant jusqu’a taverne de l’ours bourré. Il s’assit au comptoir, complètement abattu.

- « qu’est c’que j’te sert l’avorton ? Demanda le tavernier.

- Comment tu parles à un sergent de la garde espèce de vaurien ! »

Finalement, ça pouvait avoir du bon d’être sergent. Le tavernier, décontenancé devant tant d’autorité, se fit tout petit, et lui proposa de lui offrir des verres pour s’excuser, visiblement troublé par l’annonce. Putain n’importe qui est promu chef de nos jours, pensa-t-il.

Puis une main délicate vint se poser sur l’épaule d’Arnoul.

- « Bonjour sergent… »

Il se retourna comme l’éclair, et son sang ne fit qu’un tour. Sa gorge se fit sèche instantanément. Et son corps se raidit. Il n’avait jamais vu Cynthia d’aussi près. Et elle était tellement belle. Et elle avait un décolleté plongeant des plus fantastiques et surnaturels. Sa bouche s’ouvrit et se fit béante. Il se serait bien jeté la tête la première dedans.

Voyant qu’il restait bloqué sur son décolleté, la belle lui releva la tête.

- « tu les veux ? »

Elle s’approcha de lui et lui susurra à l’oreille :

- « Si tu m’offres un verre, tu m’auras toute entière. »

Et elle se rapprocha encore en collant son front contre sa tempe et en poussant un petit soupir de plaisir. Arnoul se figea de plus belle, ses aisselles se firent moites, des goûtes de sueurs froides perlèrent entre ses omoplates et sa bouche devint complètement sèche. Ca à du bon finalement d’être sergent se dit-il. C’est à ce moment là qu’il aperçu Martine au fond de la taverne en compagnie d’un soudard. Une table allait souffrir avant midi. Mais il se dit qu’il allait la laisser tranquille pour le moment, après tout il lui devait beaucoup. Si elle n’avait pas cambriolée cette maison cette nuit, et tué ces gardes, il ne serait pas sergent à l’heure actuelle, et il n’aurait pas Cynthia entre les jambes.

C’était une belle matinée, qui annonçait une très belle journée…