mercredi 1 septembre 2010

La Compagnie des Bras Cassés - Part XX

Arrivés dans un endroit mystérieux, espèce de refuge sous les flots, les aventuriers se retrouvent à bord d'un navire endommagé, seuls dans un environnement possiblement hostile. Que peut donc bien leur réserver ce lieu étrange?

Chapter XX - Underwater
(ou "Vive l'eau, qui rend propre et qui rend beau")


Tordek ne se sentait pas à l'aise. Déjà, l'eau, pour parler franchement, ce n'était pas vraiment son élément. Alors sentir au dessus de lui des centaines de milliers de verres d'eau, retenus par quoi, de la Magie?, qui n'attendait que le pire moment pour lui tomber sur la gueule, ça le mettait assez mal à l'aise. Qu'on lui donne une montagne, des cailloux, de la roche, et il pourrait étayer tout ça... Mais là, voir uniquement un espèce de dôme transparent au dessus de sa tête, ça le mettait mal à l'aise.
Il avait hâte du coup, de rentrer dans le gros bâtiment. Qui en plus, avait de la gueule. C'était sûr qu'on était loin d'une réalisation naine, on pouvait voir des imperfections que le moindre jeune nain de 30 ans aurait décelé immédiatement, mais quand même, pour une construction humaine, on pouvait dire que la construction était de bonne facture (même si on pouvait supposer que, comme à l'habitude, ces tricheurs d'humains avaient utilisé de la magie pour faire tenir les voutes).

C'est donc le cœur lourd que Tordek suivit ses compagnons. Jusqu'à arriver près d'une barrique. Et là, le nain reconnut une odeur qu'il aurait pu déceler entre mille parfums : de la bière. Ne faisant ni une ni deux, il ouvrit la barrique, et trouva effectivement une pleine barrique de bière brune. Tiède, mais bonne. Il en prit quelques lampées, et son moral s'en trouva soudainement mieux. Pendant ce temps, les autres s'attardaient sur quelque chose qui trainait par terre. Des corps. Des humains. Morts. Pas de quoi s'inquiéter outre mesure. Cependant, le fait que les cadavres trainaient là apparemment depuis quelques jours, voire semaines, était indicateur que ces lieux étaient habités il n'y a pas si longtemps. Et qu'ils risquaient de l'être encore. Il valait mieux être prudents...

D'un pas prudent, l'équipe arriva à la lourde porte, qu'ils arrivèrent à pousser à deux. Ils purent ainsi entrer dans un vaste hall, porté par de massifs piliers. D'une longueur d'environ 30 mètres de long, avec de grands vitraux sur les côtés, servant apparemment pour la ventilation. Sans trop de fioritures. Du bon boulot. Une grand porte leur faisait face, et, sur le côté, une petite porte, qui semblait mener vers des souterrains.

Avant que Tordek ait eu le temps de sortir le moindre commentaire acerbe, Marcus leur annonça que la pierre se trouvait apparemment au sous-sol. Tordek convint que ça l'aurait étonné aussi.

La descente de l'escalier fut assez ardue : l'escalier n'avait pas été très bien entretenu, et les marches étaient glissantes, un léger filet d'eau coulant des conduits d'aération pour se jeter sur les marches, pour dévaler jusqu'en bas. C'est ce qui fit trébucher Glanix, qui emmena tous ces prédécesseurs avec lui dans sa chute, pour atterrir contre la porte du bas dans un capharnaüm de tous les diables.

Une fois l'équipe remise d'aplomb, ils purent continuer leur avancée et ouvrir la porte, et tomber ainsi dans une zone partiellement inondée, jonchée de cadavres deci delà. De petites pièces se tenaient sur les côtés, et des escaliers descendaient vers l'eau, et un couloir qui semblait s'arrêter une dizaine de mètres plus loin. Les corps semblaient avoir subi de violentes morsures. Inquiétant. Tordek angoissait un peu de devoir entrer dans une épaisse couche d'eau, qui lui semblait quasiment aussi haute que lui, et décida d'attendre de voir ce que ses compagnons y trouvaient. Lars et Elphyr partirent en éclaireurs, tandis que les autres s'attelaient à fouiller les corps, et voir ce qu'on pouvait trouver dans les cellules sur les côtés.

C'est à peu près au moment où Lars et Elphyr tombèrent sur une salle glauque, où ils purent trouver une espèce de masse gluante informe, où des espèces d'oeufs semblaient pousser à l'intérieur de cadavres, qu'une soudaine lueur verte sembla soudain émaner de l'oeuf et s'étendre en un instant à toute la pièce pour disparaitre tout aussi rapidement.

Cette lueur rappela à Tordek celle qu'ils avaient vu dans le cimetière Kobold, il y avait un long moment. Avant de se faire attaquer par des morts-vivants...
Et c'est au moment où le cadavre qu'il venait de fouiller commença à se remettre sur ses pieds qu'il se rendit compte que la vie n'était qu'un éternel recommencement.

mercredi 18 août 2010

La Compagnie des Bras Cassés - Part XIX

Les Aventuriers ont réussi à s'éloigner de leurs précédentes déboires, et doivent maintenant se rapprocher de la Pierre suivante qui semble être située en pleine mer. Malgré le peu d'amour de la grande partie de l'équipe pour les étendues océanes, les coéquipiers n'écoutent que leur courage pour se diriger vers de nouveaux dangers.

Chapter XIX - Sea men
(ou "Sombres Héros de la mer")

La découverte du voyage marin, qu'aucun de nos aventuriers n'avait jamais pratiqué, fut peu réjouissante. Le départ, juste après l'aube, pour profiter de la marée, semblait pour certains se tenir à une heure incongrue. De plus, un petit crachin semblait imbiber la moindre parcelle de tissu en moins de temps qu'il n'en fallait pour dire "Attaque sournoise". Tordek avait un mal de crâne qu'il imputait à la piètre qualité de l'eau de vie locale qu'il avait ingurgité en quantités "raisonnables pour un nain", Lars voulait dormir, et pour couronner le tout, Glanix, pour masquer son inconfort à quitter la terre ferme, chantait à tue-tête des cantiques. L'humeur n'était donc pas au beau fixe.

La traversée commença sans histoire. Le bateau était un raffiot pourri, dont les planches grinçaient à chaque pas, et dont on se demandait comment il faisait pour flotter. L'équipage du bateau était constitué de trois personnes: Le capitaine Kaléstim, seul maitre à bord, se contentant de donner des ordres, et de prêter main forte quand c'était absolument nécessaire. De par la présence de toute la troupe, il considéra naturellement qu'il était hors de question qu'il aide à quoi que ce soit, préférant distribuer les tâches ingrates à ses hôtes.
Son second, La Tortue, était un vieil homme, usé par les années sur la mer, qui lui avait donné un corps bien abîmé, mais surtout l'avait convaincu de détester son prochain quel qu'il soit. Ses seules paroles envers les aventuriers furent des insultes, des menaces et des malédictions, et il faisait bien attention de ne surtout pas s'approcher de Cyrielle, qui représentait pour lui une aberration (avait-on déjà vu une femme sur un bateau digne de ce nom?).
Enfin, le cuisinier et homme à tout faire était un homme d'une forte corpulence, surnommé Gros Loup, affable, et aimant la bonne chair. Il se lia tout de suite d'amitié avec Tordek et Glanix, et il fut leur seul rayon de soleil durant la traversée, tant il est vrai qu'il fournissait de la nourriture en rations suffisantes, et qu'il arrivait à tirer d'ingrédients éxécrables des goûts totalement imprévus.

La traversée était censée durer une quinzaine de jours. Les dix premiers furent paisibles, voire ennuyeux. Si Cyrielle et Glanix en profitèrent pour méditer, et Elfyr pour faire communion avec la nature dans cet endroit non dévasté par la présence de races non respectueuses de la nature, Tordek, Lars et Marcus s'ennuyaient à mourir. Le seul sursaut d'agitation fut quand Lars, découvrant un fond d'eau dans la cale, faillit sauter par desssus bord, pensant que le bateau coulait, et il fallut tous les trésors de persuasion d'Elphyr pour le convaincre de son erreur, tandis que La Tortue les lorgnait d'un air mauvais.

Une rencontre inattendue eut lieu qui détendit beaucoup l'atmosphère : un poulpe géant se trouva sur le passage du bateau, et réagissant à ce passage non désirable, attaqua le navire. Une lutte acharnée eut lieu, dont le fait marquant fut une superbe attaque plongeante de Lars, qui passa totalement à côté de son sujet pour se retrouver dans l'eau, à essayer tant bien que mal de nager tout en sauvant sa lourde épée à deux mains. Le poulpe fut achevé par une flèche d'Elphyr, et fut ensuite découpé, Gros Loup connaissant une paire de recettes alléchantes à base de Poulpe.

Les Iles arrivèrent enfin en vue. Mais Marcus se rendit compte d'un hic : le faisceau ne se dirigeait pas sur une des cinq Iles, mais droit dans le tourbillon qui se tenait à équidistance de ces promontoires. La perplexité se lut sur son regard, mais ne se laissant pas démonter, il rejoignit le capitaine à la barre, et lui demanda de faire barre toute vers le maelström. Le capitaine, à brule pourpoint, refusa. Mais une fois que Marcus fit parler toute son éloquence, ses arguments, et enfin sa magie avec le sort de "Charme-Personne", il réussit à convaincre le capitaine de se diriger droit dans les méandres tourbillonnants.
La Tortue et Glanix se rendirent compte, mais trop tard, du cap quelque peu surprenant de leur navire. C'est à ce moment que Marcus les prévint : "Planquez-vous, ça va secouer!!!!". Le bateau commençait à prendre de la vitesse, et à tourner pour se rapprocher petit à petit de l'oeil du syphon. En poussant moults jurons et promesses de vengeance, l'intégralité de l'équipage du bateau se rendit dans la cale, priant pour qu'ils puissent survivre aux chocs extrêmes que subissait le bateau, tandis que le capitaine restait à la barre, pour tenter de conserver une sorte de contrôle sur son embarcation.

Et soudain, ce fut la chute.

Une longue chute, comme s'ils étaient tombés dans un trou.

Un gros trou.

Profond.

Et ils réatterrirent quelques dizaines de mètres plus bas. Ou amerrissèrent, devrait-on dire plutôt. Quelques minutes furent nécessaires pour se sortir du capharnaüm qu'avait causé la chute libre, mais quand les aventuriers se furent remis sur pieds, ils purent sortir du bateau et découvrir un paysage étrange : sous une voute bleutée, à travers laquelle on pouvait deviner divers créatures aquatiques vaquant à leur occupation, ils se tenaient devant des murailles surplombant une douce grève de sable, au milieu de laquelle trônait un grand escalier menant à une lourde porte, permettant sans doute de découvrir un territoire inconnu et merveilleux.

"Putain, c'est chié!" s'exclama le nain, seul à même de faire passer son émotion dans ses propos.

Le capitaine (étonnamment encore vivant), mena tant bien que mal le bateau jusqu'à la grêve, où les aventuriers purent mettre pied à terre. S'ensuivit une discussion assez houleuse sur le pourquoi de cette descente, le capitaine s'étant remis du sort de Marcus, mais qui fut heureusement calmé par le rapport des forces en place.
Il fut décidé que, tandis que Gros Loup et La Tortue resteraient au bateau pour y mener les réparations nécessaires au navire, le reste de l'équipe iraient investiguer le bâtiment, qui devait sans doute receler moult trésors et secrets...