mercredi 1 septembre 2010

La Compagnie des Bras Cassés - Part XX

Arrivés dans un endroit mystérieux, espèce de refuge sous les flots, les aventuriers se retrouvent à bord d'un navire endommagé, seuls dans un environnement possiblement hostile. Que peut donc bien leur réserver ce lieu étrange?

Chapter XX - Underwater
(ou "Vive l'eau, qui rend propre et qui rend beau")


Tordek ne se sentait pas à l'aise. Déjà, l'eau, pour parler franchement, ce n'était pas vraiment son élément. Alors sentir au dessus de lui des centaines de milliers de verres d'eau, retenus par quoi, de la Magie?, qui n'attendait que le pire moment pour lui tomber sur la gueule, ça le mettait assez mal à l'aise. Qu'on lui donne une montagne, des cailloux, de la roche, et il pourrait étayer tout ça... Mais là, voir uniquement un espèce de dôme transparent au dessus de sa tête, ça le mettait mal à l'aise.
Il avait hâte du coup, de rentrer dans le gros bâtiment. Qui en plus, avait de la gueule. C'était sûr qu'on était loin d'une réalisation naine, on pouvait voir des imperfections que le moindre jeune nain de 30 ans aurait décelé immédiatement, mais quand même, pour une construction humaine, on pouvait dire que la construction était de bonne facture (même si on pouvait supposer que, comme à l'habitude, ces tricheurs d'humains avaient utilisé de la magie pour faire tenir les voutes).

C'est donc le cœur lourd que Tordek suivit ses compagnons. Jusqu'à arriver près d'une barrique. Et là, le nain reconnut une odeur qu'il aurait pu déceler entre mille parfums : de la bière. Ne faisant ni une ni deux, il ouvrit la barrique, et trouva effectivement une pleine barrique de bière brune. Tiède, mais bonne. Il en prit quelques lampées, et son moral s'en trouva soudainement mieux. Pendant ce temps, les autres s'attardaient sur quelque chose qui trainait par terre. Des corps. Des humains. Morts. Pas de quoi s'inquiéter outre mesure. Cependant, le fait que les cadavres trainaient là apparemment depuis quelques jours, voire semaines, était indicateur que ces lieux étaient habités il n'y a pas si longtemps. Et qu'ils risquaient de l'être encore. Il valait mieux être prudents...

D'un pas prudent, l'équipe arriva à la lourde porte, qu'ils arrivèrent à pousser à deux. Ils purent ainsi entrer dans un vaste hall, porté par de massifs piliers. D'une longueur d'environ 30 mètres de long, avec de grands vitraux sur les côtés, servant apparemment pour la ventilation. Sans trop de fioritures. Du bon boulot. Une grand porte leur faisait face, et, sur le côté, une petite porte, qui semblait mener vers des souterrains.

Avant que Tordek ait eu le temps de sortir le moindre commentaire acerbe, Marcus leur annonça que la pierre se trouvait apparemment au sous-sol. Tordek convint que ça l'aurait étonné aussi.

La descente de l'escalier fut assez ardue : l'escalier n'avait pas été très bien entretenu, et les marches étaient glissantes, un léger filet d'eau coulant des conduits d'aération pour se jeter sur les marches, pour dévaler jusqu'en bas. C'est ce qui fit trébucher Glanix, qui emmena tous ces prédécesseurs avec lui dans sa chute, pour atterrir contre la porte du bas dans un capharnaüm de tous les diables.

Une fois l'équipe remise d'aplomb, ils purent continuer leur avancée et ouvrir la porte, et tomber ainsi dans une zone partiellement inondée, jonchée de cadavres deci delà. De petites pièces se tenaient sur les côtés, et des escaliers descendaient vers l'eau, et un couloir qui semblait s'arrêter une dizaine de mètres plus loin. Les corps semblaient avoir subi de violentes morsures. Inquiétant. Tordek angoissait un peu de devoir entrer dans une épaisse couche d'eau, qui lui semblait quasiment aussi haute que lui, et décida d'attendre de voir ce que ses compagnons y trouvaient. Lars et Elphyr partirent en éclaireurs, tandis que les autres s'attelaient à fouiller les corps, et voir ce qu'on pouvait trouver dans les cellules sur les côtés.

C'est à peu près au moment où Lars et Elphyr tombèrent sur une salle glauque, où ils purent trouver une espèce de masse gluante informe, où des espèces d'oeufs semblaient pousser à l'intérieur de cadavres, qu'une soudaine lueur verte sembla soudain émaner de l'oeuf et s'étendre en un instant à toute la pièce pour disparaitre tout aussi rapidement.

Cette lueur rappela à Tordek celle qu'ils avaient vu dans le cimetière Kobold, il y avait un long moment. Avant de se faire attaquer par des morts-vivants...
Et c'est au moment où le cadavre qu'il venait de fouiller commença à se remettre sur ses pieds qu'il se rendit compte que la vie n'était qu'un éternel recommencement.

mercredi 18 août 2010

La Compagnie des Bras Cassés - Part XIX

Les Aventuriers ont réussi à s'éloigner de leurs précédentes déboires, et doivent maintenant se rapprocher de la Pierre suivante qui semble être située en pleine mer. Malgré le peu d'amour de la grande partie de l'équipe pour les étendues océanes, les coéquipiers n'écoutent que leur courage pour se diriger vers de nouveaux dangers.

Chapter XIX - Sea men
(ou "Sombres Héros de la mer")

La découverte du voyage marin, qu'aucun de nos aventuriers n'avait jamais pratiqué, fut peu réjouissante. Le départ, juste après l'aube, pour profiter de la marée, semblait pour certains se tenir à une heure incongrue. De plus, un petit crachin semblait imbiber la moindre parcelle de tissu en moins de temps qu'il n'en fallait pour dire "Attaque sournoise". Tordek avait un mal de crâne qu'il imputait à la piètre qualité de l'eau de vie locale qu'il avait ingurgité en quantités "raisonnables pour un nain", Lars voulait dormir, et pour couronner le tout, Glanix, pour masquer son inconfort à quitter la terre ferme, chantait à tue-tête des cantiques. L'humeur n'était donc pas au beau fixe.

La traversée commença sans histoire. Le bateau était un raffiot pourri, dont les planches grinçaient à chaque pas, et dont on se demandait comment il faisait pour flotter. L'équipage du bateau était constitué de trois personnes: Le capitaine Kaléstim, seul maitre à bord, se contentant de donner des ordres, et de prêter main forte quand c'était absolument nécessaire. De par la présence de toute la troupe, il considéra naturellement qu'il était hors de question qu'il aide à quoi que ce soit, préférant distribuer les tâches ingrates à ses hôtes.
Son second, La Tortue, était un vieil homme, usé par les années sur la mer, qui lui avait donné un corps bien abîmé, mais surtout l'avait convaincu de détester son prochain quel qu'il soit. Ses seules paroles envers les aventuriers furent des insultes, des menaces et des malédictions, et il faisait bien attention de ne surtout pas s'approcher de Cyrielle, qui représentait pour lui une aberration (avait-on déjà vu une femme sur un bateau digne de ce nom?).
Enfin, le cuisinier et homme à tout faire était un homme d'une forte corpulence, surnommé Gros Loup, affable, et aimant la bonne chair. Il se lia tout de suite d'amitié avec Tordek et Glanix, et il fut leur seul rayon de soleil durant la traversée, tant il est vrai qu'il fournissait de la nourriture en rations suffisantes, et qu'il arrivait à tirer d'ingrédients éxécrables des goûts totalement imprévus.

La traversée était censée durer une quinzaine de jours. Les dix premiers furent paisibles, voire ennuyeux. Si Cyrielle et Glanix en profitèrent pour méditer, et Elfyr pour faire communion avec la nature dans cet endroit non dévasté par la présence de races non respectueuses de la nature, Tordek, Lars et Marcus s'ennuyaient à mourir. Le seul sursaut d'agitation fut quand Lars, découvrant un fond d'eau dans la cale, faillit sauter par desssus bord, pensant que le bateau coulait, et il fallut tous les trésors de persuasion d'Elphyr pour le convaincre de son erreur, tandis que La Tortue les lorgnait d'un air mauvais.

Une rencontre inattendue eut lieu qui détendit beaucoup l'atmosphère : un poulpe géant se trouva sur le passage du bateau, et réagissant à ce passage non désirable, attaqua le navire. Une lutte acharnée eut lieu, dont le fait marquant fut une superbe attaque plongeante de Lars, qui passa totalement à côté de son sujet pour se retrouver dans l'eau, à essayer tant bien que mal de nager tout en sauvant sa lourde épée à deux mains. Le poulpe fut achevé par une flèche d'Elphyr, et fut ensuite découpé, Gros Loup connaissant une paire de recettes alléchantes à base de Poulpe.

Les Iles arrivèrent enfin en vue. Mais Marcus se rendit compte d'un hic : le faisceau ne se dirigeait pas sur une des cinq Iles, mais droit dans le tourbillon qui se tenait à équidistance de ces promontoires. La perplexité se lut sur son regard, mais ne se laissant pas démonter, il rejoignit le capitaine à la barre, et lui demanda de faire barre toute vers le maelström. Le capitaine, à brule pourpoint, refusa. Mais une fois que Marcus fit parler toute son éloquence, ses arguments, et enfin sa magie avec le sort de "Charme-Personne", il réussit à convaincre le capitaine de se diriger droit dans les méandres tourbillonnants.
La Tortue et Glanix se rendirent compte, mais trop tard, du cap quelque peu surprenant de leur navire. C'est à ce moment que Marcus les prévint : "Planquez-vous, ça va secouer!!!!". Le bateau commençait à prendre de la vitesse, et à tourner pour se rapprocher petit à petit de l'oeil du syphon. En poussant moults jurons et promesses de vengeance, l'intégralité de l'équipage du bateau se rendit dans la cale, priant pour qu'ils puissent survivre aux chocs extrêmes que subissait le bateau, tandis que le capitaine restait à la barre, pour tenter de conserver une sorte de contrôle sur son embarcation.

Et soudain, ce fut la chute.

Une longue chute, comme s'ils étaient tombés dans un trou.

Un gros trou.

Profond.

Et ils réatterrirent quelques dizaines de mètres plus bas. Ou amerrissèrent, devrait-on dire plutôt. Quelques minutes furent nécessaires pour se sortir du capharnaüm qu'avait causé la chute libre, mais quand les aventuriers se furent remis sur pieds, ils purent sortir du bateau et découvrir un paysage étrange : sous une voute bleutée, à travers laquelle on pouvait deviner divers créatures aquatiques vaquant à leur occupation, ils se tenaient devant des murailles surplombant une douce grève de sable, au milieu de laquelle trônait un grand escalier menant à une lourde porte, permettant sans doute de découvrir un territoire inconnu et merveilleux.

"Putain, c'est chié!" s'exclama le nain, seul à même de faire passer son émotion dans ses propos.

Le capitaine (étonnamment encore vivant), mena tant bien que mal le bateau jusqu'à la grêve, où les aventuriers purent mettre pied à terre. S'ensuivit une discussion assez houleuse sur le pourquoi de cette descente, le capitaine s'étant remis du sort de Marcus, mais qui fut heureusement calmé par le rapport des forces en place.
Il fut décidé que, tandis que Gros Loup et La Tortue resteraient au bateau pour y mener les réparations nécessaires au navire, le reste de l'équipe iraient investiguer le bâtiment, qui devait sans doute receler moult trésors et secrets...



lundi 12 octobre 2009

La Compagnie des Bras Cassés - Part XVIII

Nos aventuriers sont partis assez précipitamment de Banghora, en possession de la pierre tant convoitée. Les voilà en route vers de nouvelles aventures, mais poursuivis par des gardes quelque peu remontés contre eux.

Chapter XVIII - On the Road Again
(ou "Face à la mer, j'aurais pu grandir")


Une fois sorti de Banghora, les aventuriers chevauchèrent quelque temps à une vitesse soutenue afin de s’éloigner le plus vite possible de la ville et d’éventuelles poursuites. Une fois une distance respectable parcourue, ils quittèrent la route pour partir à travers champ, laissant l’habile demi-elfe couvrir leurs traces aux yeux d’éventuels pisteurs. Ils continuèrent alors un peu moins vite, le parcours à travers champs se révélant bien moins aisé.

Ce n’est qu’une fois le soleil quasi-couché qu’ils se décidèrent enfin à dresser le camp pour passer la nuit, et se remettre des émotions assez vives d’une journée bien remplie. Ils s’endormirent bien vite, non sans installer un tour de garde.

Au beau milieu de la nuit, Cyrielle fut réveillée par des cris. Elle se leva prestemment, et trouva Tordek, une hache à la main, essayant apparemment d’attaquer un Elphyr hagard, qui ne semblait pas être pleinement conscient. A ses côtés, l’œuf, d’où émanait une lueur différente de celle qu’il l’enrobait avant.

« Il a mis la pierre dans mon œuf, ce satané elfe ! Je savais qu’on ne pouvait faire confiance à une telle race ! Il m’a trahi ! Il nous a tous trahi ! Il doit mourir ! ».

Cyrielle mit quelque temps à comprendre ce qu’il s’était passé, entre les hurlements furibonds d’un nain dépossédé, et les balbutiments peu structurés d’un demi-elfe visiblement peu à son affaire.

Tout à coup, Elphyr sembla redevenir lui-même. Il ne se souvenait pas de ce qu’il s’était passé, juste d’avoir rêvé d’un sorcier enrobé dans une grande cape incantant des formules cabbalistiques. Il avait apparemment été possédé, et sous l’emprise d’une volonté autre que la sienne, avait dérobé œuf et pierre, et inséré le fragment dans l’artefact. Ces explications ne suffirent pas à convaincre Tordek de ne pas attaquer physiquement Elphyr, et il fallu toute la diplomatie, la rhétorique et l’infinie patience de Glanix pour le persuader de ne pas passer à l’acte. Ceci n’empêcha Tordek de lorgner avec moult méfiance et animosité vers le rôdeur pendant les jours suivants du voyage, où les compagnons suivaient globalement les faisceaux lumineux, qui étaient depuis la nuit fatidique beaucoup plus visibles et lumineux. Ceci les mena près de Saurate, un estuaire peu recommandable en bord de mer près duquel ils décidèrent d’établir campement.

Les aventuriers avaient passé la nuit dans les environs de Saurate : il était maintenant clair et net que le faisceau qui menait à la prochaine pierre se dirigeait tout droit vers le grand large. Ne disposant d’aucune compétence maritime ou de navigation, il était par conséquent logique de se diriger vers le port le plus proche, où ils pourraient tenter de se repérer par rapport à des cartes, afin d’avoir une estimation plus ou moins valable des iles vers lesquelles pointait la ligne astrale.

Tout n’avait pas été facile pour prendre cette décision : Lars ne comprenait pas le concept même de mer, Tordek ne faisait aucune confiance à ces traits magiques qu’il ne voyait pas (mais la perspective d’étudier une carte l’enthousiasmait quelque peu, lui qui comme tous les représentants de sa race entretenait une vraie passion pour la cartographie), Elphyr pensait que partir dans une ville si vite après les événements de Banghora ne pouvait qu’être néfaste pour eux, Glanix, piètre nageur, était quelque peu reluctant à l’idée de voyager sur l’eau…

Heureusement, Marcus put compter sur le soutien de Cyrielle, et il réussit à convaincre ses compagnons.

L’entrée à Saurate refroidit cependant quelque peu ses ardeurs : en fait de port, cet amas de maisons n’était qu’une piètre excuse pour quelques marins à la retraite de faire payer les taxes royales et locales à des marins avinés en quête de beuveries, bagarres ou galante compagnie. Les rues n’étaient pas entretenues et étaient jonchés de détritus, quelques corps avinés en quête de repos trainaient çà et là, des jeunes filles très peu vêtues attendaient encore là malgré l’heure matinale, et la puanteur atroce de la rue n’était masquée que par la très forte odeur d’algue qui régnait sur le pays depuis quelques kilomètres.

Marcus ne comprenait pas qu’on puisse choisir consciemment de vivre dans ce lieu de perdition : aucune perspective, aucun débouché autre que la fuite par la mer pour tomber dans un autre port miteux. Pour la première fois depuis longtemps, il se sentait vraiment loin de chez lui, et se demandait si la recherche de connaissances et de pouvoir ne l’avait pas fait s’égarer.

Pendant que Glanix et Cyrielle étaient partis déposer leurs montures dans les écuries (un grand bâtiment constitué principalement de murs branlants en planches vermoulues et d’un toit en chaume troué en de multiples endroits), les autres se dirigèrent vers le port. A la vue de la mer, leurs souffles furent coupés : aucun d’entre eux n’avait eu l’occasion précedemment de contempler l’immensité de l’océan, et la vision les laissait perplexe. Sauf Lars qui n’avait pas compris de quoi il s’agissait, et à qui il fallut expliquer qu’il se trouvait devant une grande étendue d’eau, donnée que sa qualité d’homme du désert lui rendait difficile à percevoir .

Après avoir rapidement fait le tour de la bourgade, pour constater qu’elle était principalement composée d’entrepôts et de lieux de perdition en tous genres, les aventuriers se réunirent pour décider de la marche à suivre.

Leur but était de continuer à suivre la trace de la pierre, il leur fallait donc, ignorant les subtilités de l’art de la navigation, louer les services d’une équipe en possession d’un bateau. Cela risquait de n’être pas chose facile, les embarcations étant chères et ayant souvent des tâches planifiées pour plusieurs mois. De plus, partir à la recherche d’un artefact magique pouvait éveiller des pensées avides et malhonnêtes et une fois en mer, les équipiers pouvaient se trouver à la merci d’un équipage de peu de scrupule. Il leur fallait donc redoubler de prudence, tout en gardant à l’esprit que leurs fonds étaient limités.

Marcus gardait la tête froide, contrairement à ses compagnons. S’émerveiller devant une vaste flaque d’eau était une chose bien inutile à faire, et il n’avait pas de temps à perdre avec de telles frivolités. Pendant que les autres perdaient leur temps, il était passé à une ingrate petite échoppe pour acquérir une carte de la côte et de la mer environnante. Ensuite, il avait fait jouer les pouvoirs de sa puissante magie pour s’orienter en direction du Nord (une simple incantation qu’il avait appris à son entrée dans l’Université Visible), et pouvoir ainsi se réperer sur la carte. Le faisceau partait tout de l’œuf en direction Sud/Sud-Est, où se trouvait justement un groupe de 5 petites iles appelées Les Iles des Larmes. L’œuf devait surement se trouver dans cette direction !

Il alla annoncer la nouvelle à la troupe : ils pouvaient maintenant travailler sur des motivations valables pour se rendre sur ces Iles, et ainsi ne pas éveiller la méfiance des marins qu’ils rencontreraient.

Ils commencèrent à essayer d’aller démarcher les diverses personnes d’allure marine (quasiment la totalité de la population de la ville) et qui semblaient, sinon dignes de confiance, au moins à peu près présentables (déjà un sélection importante), mais ils se rendirent vite compte que la journée n’était pas l’instant propice pour mener ce style de tractations. Tous les marins debouts étaient occupés à chercher du matériel pour leur bateau, à effectuer des réparations sur leurs bâtiments, et les rares oisifs n’avaient aucun pouvoir de négociation, et renvoyaient vers leurs capitaines, indisponibles jusqu’au soir. Les compagnons prirent donc leur mal en patience et attendirent la tombée de la nuit.

Morne et relativement déserte la nuit, le site portuaire prenait un tout autre visage une fois la nuit tombée. Une légioe jeunes filles sortit peu à peu des vétustes logements afin de proposer divers services à la moralité douteuse, nombre de bars et tripots ouvrirent leur portes, dans des batiments parfois totalement anonymes de l’extérieur. Les marins qui avaient dormi ou travaillé toute la journée remplissaient les différentes tavernes, et on pouvait maintenant entendre nombres chants et bruits de bagarres provenant de çà et là.

Les compagnons décidèrent de se rendre dans le bar la première auberge à portée : le Narval glorieux, qui n’avait de glorieux que le nom : un comptoir sale à l’extrême tenu par une grosse brute, des bonbonnes de rhum et des tonneaux disposés au petit bonheur la chance, voilà le décor qui s’ouvrit aux yeux de Marcus, qui commençait à s’habituer à ses décors. Une atmosphère chargée par les volutes de fumées et les odeurs d’alcools et d’algues pénétrait directement les narines, et les marins qui commençaient à s’abreuver ici étaient tous occupés par diverses occupations d’alcooliques : jeux de cartes, de dés, à boire ou simplement chansons marines souvent très portées sur des scènes relativement immorales. L’entrée de Cyrielle ne passa d’ailleurs pas inaperçue : beaucoup de regards se rivèrent sur elle, et il fallut tout le self-control de la moinesse pour ne pas rougir. Par chance, ses atours et son comportement excluait totalement la possibilité qu’elle partage la même profession que la majeure partie des femmes de la ville, ce qui lui valut d’être laissée relativement tranquille pendant la soirée, à part deux trois soulards qui furent bien vite remis à leur place par un regard froid et sévère, ou une clef de bras rapide.

Afin de se mêler à la foule sans éveiller de trop larges soupçons (chose rendue relativement peu difficile par l’hétéroclicité de la population locale, provenant des quatres coins du continent), les compagnons s’assirent en cercle et commandèrent quelques boissons, afin de jauger qui pourrait potentiellement être intéressée par un voyage jusqu’aux Iles des Larmes. Leur attention se porta assez rapidement sur un équipage relativement peu fringant qui jouait aux dés non loin, et Glanix alla entamer une conversation anodione avec le capitaine de la troupe, remarquable par son chapeau à plume.

Il fut vite clair que si le Capitaine était tout disposé à emmener la troupe sur les Iles des Larmes, ses affaires l’amenant à cet endroit de toutes façons, le prix du voyage posait problème. Le capitaine refusait d’envisager de prendre des passagers à moins de 800 pièces d’or la tête, montant exorbitant que les aventuriers ne possédaient pas. De plus, la présence d’une femme dans l’équipe, symbole de mauvais augure pour la navigation, rendait reluctant le marin à baisser ses prix. Finalement, Kaléstim (c’était le nom du capitaine), fit une proposition de joueur de dés : jouer la place des aventuriers : Si jamais Kaléstim gagnait, il gagnait 2000 pièces d’or, et sinon, il emmenait gratuitement les aventuriers, tant que ceux-ci assuraient la protection des marins en cas de rencontre avec les pirates.

Les compagnons n’avaient d’autres choix que d’accepter, mais le problème était que personne ne savait jouer aux dés. Sauf Lars. Quand on lui expliqua plus avant la conversation, que le barbare avait cessé d’écouter, les palabres et négociations n’étant pas vraiment sa tasse de thé, une lueur , mélange d’envie de et de cupidité se mit à briller dans ses yeux.

« Par chez moi, je suis une légende aux dés. J’ai gagné deux fois le concours des trois palmiers . », annonca-t-il d’une voix fière. Les autres (à l’exception de Tordek, qui n’était pas vraiment concerné par les relations sociales) prirent soin de paraître impressionnés pour ménager la susceptibilité du barbare, même s’il n’avait aucune idée de ce que pouvait bien représenter ce concours des trois palmiers.

« - Quels sont tes régles, homme de la mer ? demanda Lars au Capitaine.

- Ben, on joue aux plus fort des trois jets, selon les règles balactiennes.

- Très bien, mais quels sont ces dés étranges ?

- Ben ce sont des dés normaux ? C’est quoi l’embrouille ?

- Tous ces ronds ne veulent rien dire, ce sont des dés de mage !

- Heu, non Lars, intervint Marcus respectueusement, je peux t’assurer qu’aucune magie n’est à l’œuvre ici ! Mais ces dés sont normaux, non ?

- Non, il y a juste plus de ronds sur des faces que sur les autres ! Chez moi, c’est beaucoup plus simple : il y a la mort, la roue, le feu, l’eau, le vent et la terre. On lance deux dés, et le résultat dépend de l’élément et du temps. S’il fait du vent, le soleil et le vent, sont les deux élément majeurs, mais la mort peut tuer un des deux, tandis que la roue peut faire jouer si elle est doublée. Si le vent n’est pas là, le feu et la terre sont les deux éléments forts, l’eau est toujours l’élément faible, sauf s’il pleut, auquel cas l’eau est doublée. Si on joue la nuit, les élements sont inversés, et la mort est doublée, tandis que la roue peut faire passer le tour… »


Tous les spectateurs regardaient le barbare en pleine litanie la bouche béante, surtout ses compagnons d’aventure, qui ne l’avaient jamais entendu parler autant d’un coup. Personne n’arriva bien sûr à tenir le fil de la conversation (sauf Marcus, dont la capacité d’attention n’avait d’égale que son inaptitude à s’intéresser aux jeux de hasard).

« - C’est pour ça que mon jeu est mieux que le tien. Tous ces ronds sont les mêmes, et ça va être très difficile de savoir qui en a le plus si on tombe sur les faces où il y en a beaucoup. »

Marcus ne s’habituerait jamais à l’intellect obscur du barbare. Cependant, il prit sur lui, et lui promit qu’il l’aiderait à compter, et qu’il lui dirait les faces qu’il devrait obtenir. Ainsi, grâce à la coopération entre les deux hommes, la victoire fut acquise assez aisément face à un capitaine furibond qui, s’il avait moins bu, aurait peut –être vu Lars escamoter un ou deux dés, et changer une fois une face qui ne l’arrangeait pas, sur conseil de Marcus.

Ainsi, les aventuriers obtinrent un voyage en bateau gratuit (ce qui ne faisait que relativement plaisir à Tordek et Glanix, qui n’envisageaient pas avec bonheur la perspective de se retrouver au milieu d’une immensité liquide), et la plupart de la troupe partit se coucher assez tôt dans les chambre miteuses de l’auberge (à l’exception de Lars, qui resta un peu jouer aux dés pour de l’argent, Marcus qui restait pour l’aider, et qui percevait maintenant mieux l’intérêt qu’on pouvait avoir pour les jeux de hasard, quand le hasard ne rentrait pas vraiment en compte et qu’il y avait de l’argent à la clé, et Tordek, qui avait entrepris de préparer son voyage de la veille de la meilleure des façons, en éclusant le maximum possible de rhum).


mardi 30 juin 2009

La Compagnie des Bras Cassés - Part XVII

Pris de court par la traîtrise de Cyrielle (suivie de son Mea Culpa), les aventuriers ont eu du mal à se débarrasser de moines belliqueux, mais ont trouvé un nouveau compagnon en Lars, joyeux barbare peu porté sur les choses de l'esprit, mais apparemment motivé par les perspectives d'aventure et de découverte du monde. Cependant, la finale se joue seulement quelques heures plus tard, et le représentant du Roi reste introuvable.

Chapter XVII - The show must go on
(Ou "Tout ça pour ça?")

Le plus gros problème qui apparaissait à l'horizon trouva rapidement sa fin, et d'une façon fort simple: un membre du Guet (qui apparaissait plus éveillé que les quelques uns avec qui ils avaient déjà été en contacts) vint leur apprendre que le consul avait été retrouvé, errant dans les rues. Ils se précipitèrent à sa rencontre, pour découvrir un demi-elfe toujours aussi hautain et énervé, malgré une tenue quelque peu entaillée et une mine à faire peur. Il avait été laissé libre le matin même de la cave où il était tenu prisonnier, sans cependant avoir pu discerner l'identité de ses ravisseurs.
Après les différentes attaques qu'il avait pu subir, le Dipomate avait décidé de modifier le déroulement de la cérémonie de l'après-midi : au lieu d'amener le coffre de récompense avant le début du match en grande pompe comme c'était la coutume, la chose allait se dérouler de manière plus discrète, à la mi-temps, sous la protection conjointe de la garde et des aventuriers (le Demi-Elfe avait manifestement prit le parti de ne plus faire confiance à personne, et donc de s'entourer le plus possible de factions différentes afin de ne pas se mettre tous ses oeufs dans le même panier). Toute la troupe convint d'être présente, à l'exception de Glanix qui était bien sûr censé être présent sur le terrain. A chacun fut confié un poste de garde et un emploi du temps à respecter : il allait falloir jouer la partie serrée.

***

Quand Glanix arriva au stade, il était confiant. Tout s'arrangeait, et cela était bien entendu dû à l'intervention de Saint-Cuthbert, qui remerciait ainsi son fidèle qui faisait régner la loi sur Terre. Plus que quelques heures, et ils auraient dignement récupérer la pierre, et ils pourraient partir la tête haute de cette ville sordide où l'ordre n'était respecté que par des exceptions. Erose et sa petite vie ordonnée lui manquait, et il lui tardait d'aller se défouler sur un quelconque pêcheur. Voire sur un adversaire à la Bourrée. En plus, ils étaient petits, et ne semblaient pas particulièrement vifs. Cela serait de la tarte.

***

Elphyr se trouvait encore dans cette banque naine. Il ne voyait pas l'intérêt qu'avait cette race à se terrer sous des gros murs pour protéger l'avoir des autres. Enfin, qui pouvait se targuer de comprendre un nain? Tordek était en train de parler avec un de ses "amis" du comptoir, et essayait tellement manifestement et pitoyablement de retarder son départ de la banque que ça en devenait gênant. Mais personne de louche à l'horizon, et c'était le principal.

***

Lars était de mauvaise humeur. Il avait rencontré des guerriers, et pensait se retrouver dans des aventures, des combats et des trucs marrants. Au lieu de cela, il se trouvait à surveiller un petit demi-homme colérique, qui parlait avec des mots compliqués et donnait des ordres à tout le monde. C'était pas comme ça que Lars voyait la vie. Et en plus, il entendait les chants du match de Bourrée qui commençaient à résonner. Il ratait le match pour aider un faible à survivre. Etre civilisé, ça avait vraiment l'air nul.

***

Glanix avait déjà tamponné deux des malingres de l'équipe d'en face, et se dirigeait tout droit vers la zone d'en-but avec la balle. ça allait être du gâteau. Au moment même où il avait cette pensée, il se fit percuter sur le côté par un adversaire. Rien de grave, mais tout à coup, le prêtre se senti las, fatigué, et n'arrivait plus à courir. Ni à se motiver.
Il sentait vaguement qu'il aurait du s'énerver, ou trouver étranges voire agaçantes les soudaines broncas de la foule à son encontre. Mais il n'en avait pas la force. Il y avait quelque chose de bizarre là dessous, mais quoi? Et était-ce si important?

***

Le cortège du Diplomate se déplaça rapidement dans les rues, de l'hôtel à la Banque puis de la Banque au stade sans qu'il n'y ait de problème majeur. Il y eut quelques bousculades (surtout dûes à l'excès de zêles du guet d'une part, et de Tordek et Lars d'autre part), mais rien de bien méchant, et les officiels arrivèrent dans la tribune présidentielle sans dommage. Sur une musique épique, le Représentant du Roi présenta à la foule la Pierre, récompense traditionnelle du tournoi, et la bourse contenant les 3000 pièces d'Or. La foule, relativement énervée par le non-match qui avait eu lieu, criait et hurlait comme elle était censée le faire.

***

Mesdrick Ravals, organisateur du tournoi, était inquiet du déroulement de l'événement clôture. Ce match était destiné à mal finir : s'il avait bien commencé sur plusieurs chocs impressionnants, l'équipe locale avait baissé le pied après quelques contacts, et était maintenant largement menée. Pire que ça, les joueurs semblaient déjà exténués, et ne montraient pas de disposition à effectuer une quelconque rebellion. Et ça, le public n'allait pas l'accepter. Déjà, quelques voix criaient à la corruption ou à la triche. Mesdrick espérait de tout coeur que le retour des vestiaires ramènerait les choses au calme.
Surtout que le représentant du roi était arrivé, étrangement bien escorté : une troupe disparate l'entourait. Un Nain, un barbare et une jeune moinesse, peut être, se tenaient juste derrière lui et le capitaine des gardes, tandis qu'un peu plus loin, un demi-elfe avec un grand arc, et un jeune magicien (il devait être magicien, il avait une robe et un chapeau, c'est en général à ça qu'on les reconnaissait) était aussi aux aguets. Les gardes de Banghora étaient peu efficaces, certes, mais qui aurait bien pu en vouloir à une marionette du pouvoir comme ce demi-elfe? D'étranges rumeurs circulaient en ce moment en ville sur des attaques répétées à l'encontre de l'officiel, et ces mesures drastiques de sécurité étaient là pour les confirmer. Non, tout cela ne disait rien qui vaille à Mesdrick, qui fit une rapide prière à Pélor pour que tout se passe bien.

***

Glanix, dans les vestiaires, médita quelques minutes, et réfléchit. Il était en pleine forme ce matin, et il était maintenant fatigué, usé, démotivé comme s'il courait depuis plusieurs jours après un dragon qu'il n'attrapait jamais. Il y avait forcément quelque chose de surnaturel là-dessous, mais il aurait remarqué un éventuel sort.
Soudain, le prêtre eut une inspiration, et lança une prière à son Dieu qui avait pour but de stopper les effets de poison de toutes sortes. Et il se sentit soudain dans une forme resplendissante. La colère monta en lui. Quelqu'un avait enfreint les règles. Que ce soit dans la vie ou dans le sport, s'il y avait une chose qui insupportait à Saint-Cuthbert et à tout membre digne de son ordre, c'était la tricherie.
Il y aurait châtiment, se promit-il.

***

Marcus regarda attentivement les équipes qui rentraient sur le terrain, pour surveiller ensuite la tribune de gauche, qui lui était attribuée. Il n'avait pour l'instant vu rien d'anormal, mais il fallait rester à l'affût. "Vigilance constante" lui avait-on souvent répété à l'Université, c'était la seule façon de se préserver des démons, qui sont perpétuellement en train de guetter la moindre faille dans les dispositifs de sécurité de ceux qui utilisent les Arcanes.
Vivement qu'ils s'éloignent de ce sport violent et peu intéressant. Il espèrait juste que leur nouveau compagnon, ce barbare obtu et quasiment infirme intellectuellement se souviendrait de ce qu'ils avaient convenus pour s'emparer de la pierre. Il ne manquerait plus que le seul neurone du guerrier ait fini de fonctionner, et tout leur plan s'écroulerait.
Alors qu'il disait ça, une scène étrange se passa sur le terrain : Glanix, qui avait l'air bien en forme, quoiqu'en disait le public qui l'avait dit éreinté, avait piqué un sprint avec la balle. Mais, lors d'un léger contact avec un chétif adversaire (à peine mieux taillé que Marcus, c'était pour dire), le prêtre s'était retourné, l'air furibond, et courait maintenant après l'adversaire, dans le sens opposé du but adverse. La foule, curieuse, avait arrêté de crier pendant quelques instants, pendant que Glanix récupérait rapidement du terrain sur l'homme affolé qui tentait de s'enfuir.

***

Glanix l'avait bien senti : lors d'une contact, une nette griffure qui l'avait picotée. Ce scélérat avait tenté de le ré-empoisonner. Mensonge, Tricheries! Son sang n'avait fait qu'un tour, et il essayait maintenant de rattraper le voleur, le tricheur, le menteur.
Une fois sur lui, il l'attrapa par la gorge et lut dans ses yeux la peur, mais aussi le regard fourbe du traitre qui s'est fait découvrir, ce regard qu'on pouvait lire dans tous les yeux des criminels conscients de leur crime qui voyait avec appréhension s'approcher d'eux la Masse de la Justice. Glanix donna un grand coup au tricheur pour l'assomer, le saisit par la cheville et commença à le trainer en direction de l'arbitre en le hélant, le priant avec insistance de faire une pause dans le jeu, pour qu'il puisse faire état de la traitrise qu'il avait découverte!

***

Marcus avait bien vu le problème, l'adversaire avait sans doute triché, et l'esprit relativement borné de Glanix n'avait pu accepter cela. Pour l'aider, Marcus invoqua un sort de Charme-Personne sur l'adversaire (juste avant qu'il ne fut assommé) pour le rendre coopératif. Malheureusement, il semblait que cet arbitre était moins empoté que les précédents, et s'était rendu compte de quelque chose, car il commença à siffler à tue-tête à partir de ce moment.

***

Lars ne comprenait pas ce que faisait Glanix, il avait assommé (en enfreignant la Règle des Coups, la plus difficile à accepter chez les Barbares) un adversaire et le trainait maintenant vers l'arbitre. Un coéquipier de l'assommé avait essayé de l'intercepter, mais Glanix l'avait joliment esquivé, et l'agresseur s'était retrouvé face contre terre. Et l'arbitre sifflait maintenant dans tous les sens.
Alors que ces pensées faisaient tranquillement leur chemin à travers le cerveau de Lars, tous ses sens se mirent en éveil, lui criant "Danger". Une seconde lui suffit pour en voir l'objet, il sentait la présence de quelqu'un sur le parapet qui couvrait la tribune, non loin de lui. Un expert, au peu de bruit que faisaient ses déplacements et sa respiration. Sans doute un autre voleur qui voulait leur dérober leur trésor, mais cela n'arriverait pas. Se remémorant le code, Lars cria de toutes ses forces : "Attention, Danger!".
La réaction de ses compagnons ne se fit pas attendre, Tordek tira lourdement le diplomate et en arrière, l'étalant sur Elphyr, tandis que Cyrielle avait bondi sur le Capitaine de la Garde, créant une confusion tout à fait appropriée, qui permit à Lars de s'emparer prestement de la piere qui était dans le coffre.

***

Les gardes se rapprochaient, essayant de comprendre ce qu'il se passait, tandis que tout le monde se relevait. Le Capitaine de la garde était outré, et Cyrielle dut se confondre en excuses, mais Lars les interrompit :
" Sur le toit. Quelqu'un.".
Tous les regards se rivèrent sur le parapet, mais il était impossible de voir ce qu'il y avait dessus, et la présence d'un corps étranger était fort peu probable. Mais un garde se rendit compte que la pierre avait disparu! Tout le monde était prêt à en découdre. C'est alors que le Représentant du Roi se pencha vers le Capitaine pour lui murmurer à l'oreille.
" J'ai vu le responsable, c'est le barbare. Il faut maîtriser ces bandits avant qu'ils ne s'enfuient".
Heureusement, Marcus avait l'ouïe fine, et lança sans attendre un sort de Charme-Personne sur le Capitaine de la Garde.
C'est le moment que choisit l'assassin pour sauter du toit.

***

L'arbitre voulait expulser Glanix pour usage illégal de la magie. Quand il comprit ceci, le prêtre entra dans une fureur noire. Non seulement le garant de la loi ne voulait pas constater le crime du pêcheur qu'il tenait encore par la cheville, mais il voulait l'expulser sous quelque prétexte aussi faux que fallacieux?
Voyant la colère de Glanix, l'arbitre appela les intendants (les hommes chargés du maintien de l'ordre et de la maîtrise des joueurs trop énervés) sur le terrain. Ce qui eut pour effet de rendre le prêtre complètement fou de colère. Cette ville pervertie n'avait donc aucun relent d'ordre? Les garants de la justice était de mise avec leurs fourbes ennemis et comptaient prétexter de l'autorité de la loi pour le faire perdre? Saint-Cuthbert ne l'autoriserait pas! Il commença à frapper les gens qui tentaient de s'emparer de lui avec l'arme qu'il tenait à la main : son adversaire, tout en déclamant des versets saints pour extérioriser sa colère.
"ET SAINT CUTHBERT VIT LA DEBAUCHE, LE DESORDRE ET LA CORRUPTION, ET GRANDE FUT SA COLERE. IL FIT DESCENDRE DES CIEUX SA MASSE SACREE ET PAR 7 FOIS, LA MORT S'ABATTIT SUR LES PECHEURS, ET PAR 7 FOIS, LES PECHEURS REFUSERENT LA REDEMPTION."

***

Le spectacle devenait meilleur pour le public. Entre la confusion dans la tribune présidentielle (les gens qui se jettaient à terre, et le mec qui se tenait sur le toit d'un air de rien) et l'illuminé qui s'énervait tout seul au milieu du terrain, il y avait des choses à voir. Le public était en liesse, criait, hurlait, il ne manquait que d'un rien pour que le terrain ne soit envahi.

***

L'assassin se jeta du toi pour poignarder le Diplomate Demi-Elfe, mais c'était sans compter sans les réflexes surnaturels de Cyrielle qui plongea sur lui, et l'empêcha d'un part de toucher l'Officiel, et d'autre part de prendre pied sur la tribune. Ils plongèrent tous deux des quelques mètres les séparant du sol du Stade, se lardant mutuellement de coups.
Voyant cela, Marcus cria :" Vite, c'est le voleur, il faut s'emparer de lui!". Le caputaine, sous le charme du sort, obtempéra, et lança les gardes à proximité vers l'assassin, suivis de Lars, Tordek et Marcus. Elphyr restait tout seul en haut, ayant un peu de mal à suivre le cours de la situation.

***

Le combat tourna vite en déroute pour l'attaquant furtif : son attaque surprise avait échouée, et il se retrouvait maintenant attaqué par une moinesse, recevant des flèches du demi-elfe et des sorts en pagaille, et toute une troupe arrivant pour l'encercler. Il n'eut même pas le temps de fuir qu'une flèche lui transperça la gorge.

***

Glanix avait soudain pris la fuite vers les vestiaires, quand le bras de son arme improvisée s'était disloqué sous le choc, rendant son utilisation moins pratique. Les intendants reprenaient confiance, et le suivaient de près. Ils s'arrêtèrent cependant brusquement quand Glanix ressortit des vestiaires très vite, une énorme masse d'arme lourde à la main.
"LA JUSTICE SERA FAITE. LE PECHEUR SERA TUE. LA MAIN DU VOLEUR SERA TRANCHER, LES ORGANES DU VIOLEUR SERONT BRULES, ET LEUR MORT SERA EXPOSEE AU PEUPLE AFIN QUE TOUS SACHENT QUE LA VENGEANCE DE SAINT-CUTHBERT EST UNIQUE, EST GRANDE, EST FIN!".
L'intendant de tête n'eut pas le temps de se retourner qu'un grand revers de masse broya sa tête contre le mur. Son suivant se retourna et eut juste le temps de voir le visage du Capitaine de la garde avant de se faire embrocher. Celui-ci était venu aider Glanix, sur conseil de Marcus.

***

Le chaos était total, une foule dense commençait à envahir le terrain, tandis que la groupe de compagnons se réunissait. Elphyr allait les rejoindre, puis, mu par une subite impulsion, il retourna au coffre, empocha la bourse pleine de pièces d'Or, décocha un coup de pied au Diplomate Demi-Elfe qui était recroquevillé là, apeuré, et partit rejoindre ses amis. Il fallait bien se faire plaisir de temps en temps.

***

Quand ils sortirent du stade en courant, un dur combat avait commencé entre la foule en colère et les gardes de la ville. Marcus lança une toile d'araignée sur l'entrée pour couvrir leur retraite, tandis que Lars s'occupait du premier garde de la porte d'un seul coup d'épée. Son compère se sentit soudain moins courageux et prit la fuite. En face des aventuriers, ils virent tous l'écurie devant laquelle ils passaient quotidiennement sans y faire attention, et eurent tous la même idée.
Quand ils arrivèrent à la porte de la ville au galop, deux grands chevaux portant Elphyr et Marcus d'une part et Lars et Glanix d'autre part, suivis de Tordek et Cyrielle sur des poneys, ils furent arrêtés par des gardes inquiétés par les bruits de lutte provenant de plus haut dans la ville.
"Vite, il faut que vous alliez aider la garde! Le diplomate Demi-Elfe s'est fait attaquer par un sordide complot, et le valeureux Guet lutte pour sa survie! Nous sommes en partance pour la Capitale, en possession d'un message extrêmement urgent pour le Roi, afin de l'avertir du complot, l'urgence est de mise!"
Tous furent étonnés d'entendre Lars dire ces mots. Mais les gardes les absorbèrent comme parole divine, et laissèrent passer les aventuriers tout en s'armant.
" Vous auriez pas à bouffer des fois?" rajouta le barbare.
Un des gardes lança une cuisse de poulet au guerrier qui l'attrapa en plein vol, avant de repartir au galop vers le Sud.

La troupe avait quitté Banghora, en possession de la Pierre, la mission était accomplie.


samedi 27 juin 2009

La Compagnie des Bras Cassés - Part XVI

Alors que la compagnie semblait reprendre la main sur les opérations, après avoir récupéré le demi-elfe et s'être qualifiés pour la finale de Bourrée, qui leur permettrait de se rapprocher de la pierre tant convoitée, voilà qu'ils se retrouvent entourés par des personnes mystérieuses, a priori hostiles et semblant connaître Cyrielle...

Chapter XVI - Lies and Felony
ou "La saloooooope"

Toutes les personnes dans la pièce avaient une arme à la main, et l'atmosphère était tendue. Les différentes personnes encapuchonnées paraissaient mystérieuses, et un combat pourrait arriver n'importe quand. Cependant, le géant, ne paraissant pas s'inquiéter outre mesure du fait qu'il avait des guerriers armés en face de lui, continua:
"Tu as bien rempli ta tâche, en amenant ces rustres ici avec l'Oeuf, je suis content de toi. Mais ne nous éternisons pas en dialogue. Où est l'oeuf?"
En entendant ces mots, le visage de Tordek prit une teinte pourpre et ses doigts se crispèrent sur le manche de sa hache.
"- Je les ai amenés comme il était mon devoir de le faire. Mais il serait malvenu d'user de violence, ces gens ont le coeur pur, dit Cyrielle.
- Peu importe, seul compte l'Oeuf. Donne-le moi, rétorqua l'homme, avec une dureté nouvelle dans la voix.
- JAMAIS VOUS NE TOUCHEREZ A MON HERITAGE! cria Tordek.
- Si tu ne me le donne pas, j'irai le chercher sur ton corps de défunt, constata le moine, comme s'il parlait de boire un verre d'eau.
- Inutile d'user de violence! protesta Cyrielle."
Mais le moine n'écoutait pas, et se dirigeait déjà vers Tordek, avec une lueur de convoitise dans le regard. Tordek recula en plissant des yeux. Autour d'eux, les accolytes avancèrent aussi en direction des divers membres du groupe qui se tenaient prêts. Cyrielle essaya de s'interposer entre le nain et son agresseur.
"- Ce n'est pas dans les voies de notre ordre que d'user de violence contre des gens qui n'ont rien fait de mal!
- Peu importent les voies, seule la Fin compte. Si tu n'es pas avec nous, tu es contre nous."
Et, le geste accompagnant la parole, il tira de son dos une immense masse d'arme lourde dont il asséna un violent coup sur une Cyrielle éberluée, ce qui la projeta lourdement contre le mur. Et ce fut le chaos.

Tandis que Glanix se jeta sur l'adversaire qui lui faisait face, qu'Elphyr avait déjà décoché deux flèches de son arc vers un autre, Tordek essaya de se jeter par la fenêtre, mais se rata et resta bloqué dans l'encadrement. Marcus incantait des sortilèges, et des éclairs partirent frapper un ennemi en pleine poitrine, ce qui le retint un peu. Les détonations, les coups et la bataille faisaient rage dans la pièce, tandis que le mastodonte continuait à progresser vers Tordek qui se débattait avec la fenêtre où il était coincé, offrant un piètre spectacle, la moitié du corps dans la rue, et l'autre à l'intérieur. Cyrielle se releva, décontenancée, ne sachant que faire. Au beau milieu de cette situation confuse, la porte éclata en morceau, laissant le passage à un barbare en pagne, tenant une épée à deux mains dont il asséna un coup tranchant au moine le plus proche de lui, ce qui ne fit que rajouter à la confusion. Le chef des moines se tourna vers lui, et d'un moulinet de son énorme arme, l'envoya valser sur Cyrielle.
Marcus, pour temporiser, lança un sortilège de son cru qui fit apparaître dans toute la pièce une imposante et gluante toile d'araignée, qui réfrénait grandement les mouvements des divers protagonistes de l'action. Cela eut pour effet de ralentir un peu le déroulement de la situation, et les aventuriers purent se rendre compte qu'ils étaient vraiment en difficulté : Entre Cyrielle dont on ne connaissait pas trop les motivations, Glanix et Elphyr qui se faisaient oppresser par les ennemis, Tordek coincé dans une situation ridicule et un potentiel allié déjà à terre, les augures de la bataille n'étaient pas bon. Mais le jeune apprenti garda son sang froid, beugla une injonction à Glanix, et ne perdant pas de temps, saisit Tordek d'une main tandis que de l'autre, il toucha Cyrielle de son bâton. Glanix le rejoint, la main sur l'épaule de Cyrielle, et après s'être rapidement assuré que tout le monde était lié corporellement, Marcus lut l'invocation présente sur le parchemin de téléportation qui lui restait, et la réalité sembla se brouiller autour du groupe.

***

La nuit était tombée et le stade de Bourrée, si vivant le jour, était vide et sombre. Soudain, une lueur apparut au beau milieu de la pelouse, et la Compagnie arriva, en piteux état. Le temps que tout le monde se resaississe, et les explications purent commencer. Tordek voulait tordre le coup à Cyrielle, qui semblait effondrée. Le barbare ne comprenait pas ce qu'il lui était arrivé, et voulait finir son combat contre "la grosse brute". Glanix souffrait de diverses contusions, et Elphyr se plaignait des nombreuses toiles d'araignée qu'il avait dans sa chevelure dorée.
Après quelques minutes de confusion, les esprits se calmèrent un peu, et on put y voir plus clair : Les moines faisaient partie de l'ordre de Cyrielle, qui avait eu pour ordre de mettre la main sur l'Oeuf afin de le mettre en sûreté, pour protéger le Monde. Cependant, le comportement de son supérieur hiérarchique et de ses accolytes l'avaient profondément choquée, étant totalement contraire aux principes de sa foi, et elle était visiblement perturbée par le tour qu'avait pris la situations. Elle parlait peu et semblait prostrée. Dès que ses compagnons eurent fini de l'interroger, elle partir dans une profonde méditation afin de trouver la réponse à ses questions dans son Ki.
Le barbare, lui, avait faim. Son nom était Lars, et il était remplaçant dans l'équipe de Bourrée barbare. Il avait jugé l'équipe intéressante, et les avait suivi, sentant que quelque chose d'étrange se tramait. Il avait été profondément réjoui de l'opportunité de se joindre à une bonne bagarre, et restait maintenant sur sa faim. Il ne semblait pas d'une intelligence extrême, mais assez jovial et surtout extrêmement vif et puissant au combat. Il entra cependant dans une humeur sombre quand il comprit (un peu tardivement) qu'on avait usé de magie sur lui pour interrompre le combat. Il n'aimait pas la magie. Mais il ne chercha pas à en savoir plus, et quand Tordek l'assura qu'ils repartiraient donner une leçon à ses voleurs d'héritage, il sembla content.
Après que Glanix avait guéri tout le monde, les aventuriers décidèrent de s'accorder un petit somme avant de retourner chez Tordek et de reprendre le combat, préparés, cette fois. Lars crocheta habilement la serrure des vestiaires, et ils purent tous se reposer quelque peu.

***

Quand le jour se leva, toute la troupe se mit sur pied rapidement, l'esprit revanchard. Cyrielle leur déclara qu'elle avait décidé que plus rien ne la reliait désormais à son ordre, qui semblait perverti par la convoitise, et qu'elle soupçonnait d'avoir cédé à la tentation du pouvoir dont il était censé préserver le monde. Le meilleur moyen pour elle de rester fidèle à ses principes était d'aider ses compagnons à garder l'Oeuf intact et préservé de l'influence de mauvaises personnes. Cette confession fut accueillie avec enthousiasme par Glanix, tandis que Tordek semblait se méfier ostensiblement de la moinesse qui avait déjà trahi par deux fois sa confiance, peu aisée à gagner.
Ils s'équipèrent, mangèrent une ration de survie, et partirent d'un bon pas vers la maison du Nain. Arrivés à proximité, ils élaborèrent un plan : pour prendre les moines par surprise, Lars et Cyrielle passeraient par l'étage, après avoir escaladé le grossier mur attenant à la ruelle. Pendant ce temps, pendant qu'Elphyr déverserait une pluie de flèches par la fenêtre et que Marcus userait de sa magie, Tordek et Glanix jailliraient par la porte. L'effet de surprise serait déterminant, et tout le combat pouvait être terminé assez vite.
Tout ne se passa pas comme prévu. Si Cyrielle parvint à escalader facilement le mur, Lars manqua une prise et tomba lourdement sur le sol. Au même moment, la porte s'ouvrit avec fracas, propulsant Tordek qui se tenait derrière au sol. La suite fut beaucoup plus confuse que prévue, Glanix se jetant sur le géant et réussissant à le faire tomber par terre d'un majestueux coup d'épaule. Elphyr et Marcus parvinrent à ralentir le soutien des moines jusqu'à l'arrivée de Cyrielle. Une fois tous les combattants en place, Lars, Tordek et Glanix harcelèrent le géant qui ne savait contre qui porter ses attaques en priorité pendant que les trois autres se chargaient du reste des moines. Tout fut finit quelques minutes plus tard, quand Tordek fendit le crâne du chef des moines en deux d'un majestueux coup de hache.
Pendant que Glanix prodiguait des soins aux blessés, que Tordek constatait les dégâts apportés à sa maison et que Lars se servait à manger dans le repas des moines, Elphyr partit à la recherche du diplomate, qui devait bien se trouver quelque part dans la maison, et qu'il trouva à l'étage, libre de tout lien et apparemment impatient d'être mené à son hôtel (ce qu'il signifia au demi-elfe avec sa bonhommie habituelle). La finale ayant lieu le jour même, et la remise des prix aussi, les compagnons remirent rapidement un peu d'ordre et masquèrent les marques extérieures du combat avant d'escorter le demi-elfe à l'hôtel.
Ce ne fut qu'une fois que le diplomate fut arrivé à l'hôtel et qu'il leur signifia leur congé que Tordek exprima ses doutes.
"- Je ne suis pas d'accord. Qu'est-ce qu'il faisait en haut sans lien, ce demi-elfe? Je m'en méfie moi! Hors de question que je le laisse tout seul sans surveillance!"
Alors que Glanix allait expliquer au nain qu'il était trop méfiant, le représentant du roi, soudain beaucoup plus vif qu'à l'accoutumée, courut jusqu'à la fenêtre d'où il sauta pour planer jusqu'à un cheval qui l'attendait, et partit au galop. Les aventurieres ne purent que constater cette scène irréaliste et se rendre compte de l'évidence, ils avaient de nouveau fait face à l'imposteur. Ils avaient maintenant moins de deux heures pour retrouver le vrai diplomate, afin de mettre une main sur la Pierre.

dimanche 21 juin 2009

La compagnie des bras cassés - Anecdote IV

Anecdote IV : « Emmerdement maximum » ou « Banghora je t’aime ».

Vite, il fallait faire vite. Sinon ils étaient perdus. Il fallait a tout prix marquer des points, sinon les adversaires allaient prendre le large, et ce serait perdu d’avance !
Gibert avait décidé de tout donner sur cette action, pour tenter de démonter le moral de l’adversaire. Deux ou trois tampons bien placés et plop ! Un point de plus ! A droite, il y avait une belle faille chez l’adversaire : en première ligne un gars qui s’était fait défoncer par Alfredo il y a deux minutes, en deuxième ligne, un petit gars tout frêle qui avait appelé sa mère lors du match précédent alors qu’il se faisait tendrement bousculer par un autre gars de seulement trois fois son gabarit. Une tarlouze en somme. Il n’y avait que le dernier défenseur qui pouvait poser problème, mais bon, c’est la qu’il allait devoir mettre toute sa force dans un joli tampon dans les règles de l’art de la Bouré. Oh oui, Gibert était un artiste, un artiste tamponneur, et c’était une star pour tous les fans de ce merveilleux jeu de Bouré. Il avait les épaules trois fois plus épaisses que sa tête, un cou gros comme ses cuisses, il avait des troncs de chêne à la place jambes, et des mains… immenses. Il aurait sûrement pu attraper le petit morveux à maman de la deuxième ligne par la tête et le jeter comme un javelot… sûrement… et tiens c’était une bonne idée ça, se dit Gibert en connectant l’hémisphère sud et l’hémisphère nord de son cerveau.
Triiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !
Le coup d’envoi était donné ! Gibert attrapa la balle d’entre les mains de son adversaire qui venait de la mettre en jeu, avec une telle vigueur que cet adversaire courut en direction du trou de marque pendant quelques secondes avant de s’apercevoir que la balle n’était plus entre ses mains. Gibert tamponna avec une grande aisance le première ligne, qui alla valdinguer plusieurs mètres plus loin. Gibert poussa un rugissement en fermant les yeux, la foule du stade était aux abois. Complètement hystérique. Il rouvrit les yeux et se dirigea vers le deuxième ligne, une main tenant la balle, l’autre en avant pour tenter le « lancé de javelot ». Mais bizarrement, en s’approchant de lui il se rendit compte que ce dernier avait changé ! Comment avaient-ils fait pour changer de deuxième ligne aussi vite ? En plus le nouveau était bien plus massif. Mais bon rien d’insurmontable pour le roi du tampon. Gibert s’élança encore plus vite, vers ce nouveau deuxième ligne. Mais c’était qui d’ailleurs lui ? Un remplaçant qui venait de rentrer ? Il n’était pas sur le terrain en début de match… Bof, c’était une bonne raison de plus pour lui filer une belle trempe histoire qu’il ressorte aussi vite qu’il était entré.
Et c’est au moment ou Gibert vit apparaître d’autres gars sur le terrain que les deux hémisphères de son cerveau se reconnectèrent : « Mais ils sortent d’où ces mecs ? ». Malheureusement pour lui, cette connexion soudaine dans son encéphale lui valu un léger relâchement musculaire. Et donc son corps ne supporta pas le cumul d’une activité cérébrale intense et d’une chute violente. Plus aucune connexion ne se ferait jamais dans la tête de la superstar du tampon.

***

- « Pardon ? Répétez-moi ça ? J’ai pas dû bien comprendre !
- Il y a des corps d’hommes morts à l’étage, qui baignent dans leur sang. Ils nous ont agressés hier soir, donc on les a tués.
- …
- [sourire narquois]
- re-…
- Il faudrait les faire enlever, car ils vont commencer à faisander vu la chaleur »
L’aubergiste (qui de surcroît était un nain) dû réaliser un effort de concentration assez monumental pour ne pas aller chercher sa hache pour fendre en deux la tête de son homologue. Et pourquoi seulement en deux d’ailleurs ? Pourquoi pas en cinquante !? En mille morceaux d’égale grosseur ! Et pourquoi pas en faire du haché pour saucisses hein ??
- « Bien… on vous laisse, bonne journée ! ». Sur quoi l’homme à la tête hachée se dirigea vers la porte pour sortir.
La concentration du nain lâcha. Et il dit avec le même volume sonore qu’une foule déchaînée lors d’un match de Bourée :
- « Ne vous avisez plus jamais de revenir dans cette hôtel, plus jamais vous m’entendez ! Bande de vermines, voleurs, saccageurs, criminels ! Si vous revenez, je vous arrache la tête et la donne à manger aux cochons ! C’est clair ? ».
Il n’y avait plus personne dans le hall de l’hôtel.

***

- « Salut vieux frère ! Comment vas-tu ? »
Le vieux frère en question fronça les yeux quelques secondes, avant de reconnaître son ancien collègue de travail.
- « Salut a toi vieille raclure ! Tu me dois toujours une bière je te rappelle ! Pour la fois ou j’ai couvert tes arrières !
- Je te l’ai pas déjà offerte celle la !?
- Justement, tu m’en devais deux ! »
Il y avait d’autres personnes avec lui qui observaient chaque recoin de la banque. Comme s’ils recherchaient un nouveau spécimen d’araignée.
- « Ils font quoi tes amis la ? Demanda le nain au guichet, d’un air accusateur. Car s’ils cherchent un moyen de cambrioler la banque, dis leur immédiatement que notre sécurité est sans failles !
- Non non, ne t’inquiète pas, ils sont juste… euh… passionnés d’architecture naine !
- Ouais, je vois… » dit-il en redoublant sa surveillance.
Le nain client donna discrètement un coup de pied a chacun de ses compagnons en les regardant d’un air réprobateur.
- « Bon tu veux quoi Tordek ? Il n’y a plus de travail pour toi ici !
- Je venais juste demander si la sécurité de la banque était toujours aussi infaillible qu’avant. Car j’aimerais déposer quelques reliques en ma possession ici, mais auparavant j’aimerais m’assurer qu’elles seront bien en sécurité dans l’établissement. Tu comprends ?
- Tu as des possessions toi ? En dehors de cette vielle cahute en ruine qui te sert de maison ? ahahah, il parait d’ailleurs qu’on est venu visiter ta maison récemment, et c’est pour ça que tu veux déposer à la banque tes dernières chaises ? hahaha ».
Cette tirade ne parut pas plaire au nain client, mais bon, il ne s’en plaint pas, il pris juste un ton un peu plus dur dans ses phrases suivantes.
- « Je veux juste m’assurer que mes économies seront en sécurité ici. On dit partout en ville que cette banque est une mine d’or pour les voleurs inexpérimentés…
- Quoi ? Qui dit ça ?
- On dit même que la pierre de Bouré aurait été volée, et que cela va créer un scandale dans quelques jours !
- Quoi ?... je vais te prouver qu’elle est encore la cette pierre ! ».
Puis il s’en alla quelques minutes.
Il revint d’un air plutôt colérique.
- « Elle est toujours la cette satanée pierre ! Et j’ai pris une trempe par le chef à cause de toi pour avoir insisté pour aller voir, alors ouste ! Dégage moi le plancher, et que je te revois plus si c’est pas pour déposer de l’argent sur ton satané compte, qui est a sec depuis plusieurs années je te le rappelle ! ».
Le nain client et ses amis ne s’attardèrent pas.
- « Mais rappelle toi quand même que tu me dois une bière ! »
On ne la faisait pas à un nain, non mais !

***

- « Té r’garde cel’la ! L’est ronde comm’un coing ! Va s’la fair’ ! »
Nos deux ivrognes avaient repéré une demoiselle, pas mal foutue, forte poitrine, très beau cul, et saoule comme il faut. Juste assez pour qu’elle soit « consentante », et pour qu’elle ne se rappelle de rien le lendemain, si ce n’est un formidable mal aux fesses !
- « Rooooh toi, té e vrai fou d’la bééééz ! rhérhé ! »
Seulement le problème, c’est qu’ils ne savaient pas que leur destin avait été scellé dès lors qu’ils empoignèrent la femme pour la traîner dans une ruelle sombre. Et d’une ils ne la baisèrent jamais, et de deux une fois morts ils se virent leurs parties intimes broyées sous les coups de pieds répétés de ladite femme.

***

On frappait à la porte. Oh putain ouais et fort en plus ! Les assauts répétés sur cette porte résonnaient dans toute la pièce et dans la tête du sergent. Cela faisait redoubler d’intensité son mal de crâne.
Merde on peux pas décuver tranquille ! Laissez moi savourer tranquille ce fantastique mal de crâne ! C’est vraiment pourri de travailler au guet, les gens ne respectent même pas vos heures de récupération de lendemain de cuite.
- « C’est pour une plainte ! Ouvrez ! ».
Etrange, le sergent n’avait jamais remarqué à quel point il y avait de l’écho dans cette pièce du guet…

***

- « Salut vieux frère ! Comment vas-tu ?
- Qu’est ce que tu veux encore toi ?
- Hé bien la pierre, elle est toujours la ? Toujours en sécurité ? Vous n’avez pas eu de problèmes récemment ? Et le représentant du roi ne serait-il pas venu retirer la pierre en avance ?
- La pierre est toujours la !! Et ne me demande pas d’aller voir !! Sinon je te fais manger tes dents !
- C’est bon l’ami c’est bon ! Je suis rassuré donc je suis venu déposer de l’argent sur mon compte !
- Aaaaaah, enfin une bonne nouvelle ! Gardes-en quand même un peu pour me payer ma bière ! Combien tu veux déposer ?
- C’est combien le dépôt minimum ?
- …
- [sourire narquois]
- re-… »
Les pensées du nain au guichet auraient pu à cet instant être représentées par un drapeau pirate et une fiente de chien.
- « 30 pièces d’or.
- Ouh ! C’est une somme ! »
Voyant le visage du nain au guichet se décomposer, le nain client rajouta :
- « Allez je vais déposer 50 pièces d’or !
- Formidable……… »
Il pris l’argent, le rangea dans un sac, écrivit quelque chose dans un carnet et releva la tête sans adresser un regard sur le nain client.
- « Suivant…. ! »

***

- « Vous ? Dégagez-moi le plancher !
- Excusez-moi mais je suis ici pour la protection du chargé de protocole, aussi me faut-il passer la nuit ici.
- Dégagez ! Je ne veux plus vous voir, vous et vos amis dans mon établissement ! Je croyais avoir été clair là dessus !
- Comme vous voulez, mais s’il arrive malheur à ce représentant du roi pendant son sommeil dans votre établissement, comme c’est arrivé la nuit dernière je vous le rappelle, vous serez très certainement tenu pour responsable. »
A croire que tous les nains se ressemblent, mais à cet instant, la pensée du nain aubergiste fut très similaire a celle du nain au guichet quelques heures plus tôt.
- « Bon vous et seulement vous, si je revois vos compagnons, je les tue tous ! Il vous en coûtera 5 pièces d’or pour la nuit !
- 5 pièces d’or ? Hier nous avons payé 5 pièces d’argent !
- L’inflation a été forte aujourd’hui… » répondit le nain d’un air sarcastique.
Il n’y a pas de petits profits.
La femme chercha dans sa bourse un court instant.
- « Je n’ai pas cette somme malheureusement, mais je vais monter voir mon protégé, pour voir s’il peux me faire une avance sur ma paye »
Cette tirade s’accompagna d’un sourire narquois d’un coté, et d’un sourire crispé de l’autre. La femme avant de monter cru même apercevoir des légers filets de vapeur s’échapper des tempes et des cheveux grisonnants du nain, le regard vide, agrippant le comptoir. Lorsqu’elle redescendit pour payer, rien n’avait bougé, si ce n’est une lourde fissure dans la poutre du comptoir.

***

- « J’te parie 50 rondelles que l’ogre sera renversé pendant le match, et qu’il tombera comme une grosse merde par terre !
- Impossible ! C’est un mur ce gars la !
- T’as rien à perdre alors !
- Pari tenu ! M’est d’avis que t’as du pognon a perdre toi !
- Nous verrons, nous verrons…
Plein d’autres personnes prirent aussi ce jour la ce pari. Mais tous parièrent qu’il ne tomberait pas.

Ce pari ne fit qu’un seul heureux.
- « Alors, t’aurais pas des rondelles pour moi par hasard ? Annonça le parieur l’air enjoué.
- Beuuhhh…. Mmmm…… pfff… ouais mais…… grmlf….. »
Non le bookmaker n’avait rien à dire, même s’il cherchait, il ne trouverait pas les mots. Il grommela donc et lui donna son argent…

***

On frappait à la porte. Oh putain ouais et fort en plus ! Les assauts répétés sur cette porte résonnaient dans toute la pièce et dans la tête du sergent. Cela faisait redoubler d’intensité son mal de crâne.
Merde on peux pas décuver tranquille ! Laissez moi savourer tranquille ce fantastique mal de crâne ! C’est vraiment pourri de travailler au guet, les gens ne respectent même pas vos heures de récupération de lendemain de cuite.
- « Nous avons une information capitale ! Ouvrez ! ».
Etrange, le sergent n’avait jamais remarqué à quel point il y avait de l’écho dans cette pièce du guet… Il avait une impression de déjà vu, mais il ne préféra pas y penser car cela lui donna la gerbe.

***

Il était en train de préparer le feu pour son four à métaux quand un client entra.
- « Bonjour noble nain, quelle arme ou armure puis-je confectionner pour votre bon plaisir ?
- Bonjour à vous noble nain, on m’a dit que vous êtes le meilleur forgeron que cette terre est connu
- Oh vous me flattez, mais en effet je me débrouille assez.
- Je ne vous flattais pas… Ce n’est pas mon genre. »
Cela jeta un froid quelques secondes, mais le nain forgeron recommença :
- « Que désirez vous exactement ? Une armure digne de ce nom ? Une belle hache sur-mesure, et bien tranchante dite « Plussundégas », le nom de l’inventeur de la technique d’aiguisage ?
- Non, rien de tout ça.
- Ola ! Quelle arme gigantesque voulez vous que je confectionne ? Quelle armure en mithril d’invulnérabilité voulez vous que je vous fasse ? Dites moi tout ! » Dit le nain forgeron, alléché à l’idée d’une arme énorme à fabriquer.
Il n’avait pas eu pour client un autre nain depuis plusieurs mois, et comme les nains voulaient toujours des armes plus grosses et conséquentes que leurs voisins, il salivait de savoir ce qui l’attendait cette fois ! Il en avait marre des dagues ou autres épées courtes « Plussundégas », qu’il considérait comme des morceaux de paille.
- « Non c’est pas gigantesque quand même ! dit le nain client en rougissant.
- Un fléau a deux mains ?
- Non, plus petit.
- Une hache de guerre naine ?
- Non, un peu plus petit encore.
- Une hallebarde ?
- Non
- Une massue ?
- Toujours pas.
- Une épée bâtarde ? Une masse d’arme à pointes ? Un marteau de guerre ?»
Toutes ces armes tournoyaient dans ses yeux.
- « Non, non et non. Je voudrais une hachette de très bonne facture
- … »
Le nain forgeron resta bouche bée pendant quelques secondes. On entendit une mouche voler. Toutes les armes qui tournoyaient dans ses yeux quelques secondes auparavant tombèrent au sol et explosèrent pour laisser place à une minuscule hachette. Il venait de tomber sur le seul nain de la terre qui n’avait pas besoin de compenser sa petite taille par des armes énormes.
- « Et vous voulez faire quoi d’une hachette ? C’est pour offrir ?
- C’est pour mettre dans ma main gauche ».
Oui, ce nain voulait bel et bien une hachette… pour lui… Et il semblait le plus sérieux du monde. Le nain forgeron ne s’en remis qu’une bonne semaine plus tard…

***

La nuit avait été détestable. Toute cette foutue nuit il y avait eu du bruit a l’étage. Et cela ne pouvait être que ce foutu demi-race ou cette emmerdeuse de femme qui se prenait pour un moine. C’étaient les deux seuls clients. Ou alors ils s’étaient trouvés tout les deux, et ils avaient baisé une bonne partie de la nuit. Une sacrée partie de baise vu le boucan ! Et donc cette nuit détestable avait rendu le nain aubergiste un peu plus aigri que d’habitude. Et son humeur n’alla pas en s’améliorant lorsqu’il aperçu ses pires ennemis entrer dans l’hôtel.
- « Vous ? Je croyais vous avoir dit de ne plus jamais remettre les pieds ici !! Vous êtes comme la gangrène ma parole ! Dégerpissez ! Fichez moi le camp avant que je vous découpe en morceaux !
- Nous venons chercher le chargé de protocole, il est sous notre protection.
- Tous les idiots et crétins de cette ville doivent le protéger ou quoi ? Cette demi-race ne sait pas s’entourer ! »
Les compagnons commencèrent à monter à l’étage avant même qu’il ai fini sa phrase.
- « Et dites lui bien qu’il a fait du boucan toute la nuit, et que s’il continue, représentant du roi ou pas, je le vire d’ici ! »
Cette phrase n’eut pour effet que de faire accélérer le mouvement aux compagnons. Ils étaient peut être tous jaloux car eux aussi ils voulaient tous se faire la moinesse sans jamais y arriver…

***

Comme toutes les nuits, « vieux rat » (c’est comme ça que tout le monde l’appelait) déambulait dans les rues de Banghora a la recherche d’un caniveau un peu moins inconfortable que les autres. Il n’avait rien mangé depuis trois jours. La plèbe du stade n’était pas très généreuse cette année, aucune pièce n’était tombée dans sa main. Les seules choses qu’il avait récoltées étaient des remarques désobligeante du style : « Oh mon dieu qu’il sent mauvais ! » ou « Oh mon dieu qu’il est sale ! ». Bah vieux rat était habitué, il ne prêtait plus d’attention à ce genre de remarque, sauf que d’habitude, son odeur et sa saleté lui rapportaient quelques pièces. Donc voila, vieux rat était maintenant en quête d’un caniveau pour dormir, avec un peu de chance il trouverait un caniveau dans lequel il y aurait un rat mort a manger, ou un peu d’eau d’égout pour se débarbouiller.
Et c’est la qu’il croisa un homme encapuchonné portant un homme inconscient sur les épaules au détour d’une ruelle. L’homme s’arrêta devant lui. Vieux rat sauta sur l’occasion.
- « Une petite pièce mon bon monsieur ?
- Ola mendiant, tu vois la ruelle là-bas ? Un trésor t’y attend ! hahahaha ! »
Et il s’en alla au pas de course. Sur quoi vieux rat grommela dans sa barbe un « connard » qu’il fut le seul à entendre. Malgré tout, vieux rat était assez curieux de nature, donc il se dirigea vers la ruelle en question. Et effectivement, c’était son jour de chance. Il y trouva un cadavre qui avait quelques pièces, de la nourriture et des vêtements chauds sur lui. Il allait peut être enfin passer une bonne nuit, et pour sur il ne mourrait pas de faim cette nuit.

Le lendemain, vieux rat retourna à son affaire, il retourna mendier à l’entrée du stade. Et il était tellement excité de sa trouvaille de la veille, il était tellement repus des quelques biscuits qu’il avait trouvé sur le corps et de la bière qu’il avait pu se payer avec les quelques pièces d’argent que le macchabée possédait, qu’il ne pu se retenir d’en parler a quelques passants en échange d’une pièce ou deux. Les passants intrigués lui avait proposé quelques pièces en plus s’il les menait a son trésor, ce qu’il fit : les quelques pièces promises lui assureraient de la nourriture et de la boisson pour au moins deux semaine ! Décidément, c’était sa semaine ! Une étoile brillait sur sa tête !
C’est pourquoi il ne compris pas très bien les évènements qui suivirent. A la découverte du trésor, les passants devinrent odieux, s’énervèrent, posèrent tout un tas de questions auxquelles le malheureux vieux rat ne savait absolument pas répondre. Ils l’agressèrent et lui reprirent les quelques pièces qu’ils lui avaient données. Et ils s’en allèrent en le laissant là, dépouillé de toutes ses possessions et de toute sa fierté. Ils avaient même embarqué le corps. C’était bien parti pour qu’il reste a jeun pendant plusieurs jours…

***

- « Salut vieux frère ! Comment vas-tu ?
- Je ne suis pas ton frère ! Tu veux quoi ! ENCORE !
- Hé bien je suis la pour escorter la milice qui va venir chercher la pierre bientôt.
- Toi ? Tu escortes la milice ? T’es même pas foutu de protéger ta maison et tu veux protéger les miliciens ? hahaha, t’es un marrant toi ! » la joie sur le visage du nain au guichet disparu aussi rapidement qu’elle était arrivée. Comme si la joie avait été forcée…
- « Je viens aussi vérifier que mon or est toujours en sécurité.
- Tu te fous de ma gueule ?
- Heu… non…
- Alors dégage ! »
Le nain client commença à s’éloigner mais revint aussi sec devant le guichet.
- « Combien tu m’as dit déjà pour le solde minimum sur le compte ?
- …
- [sourire narquois]
- 30 pièces d’or
- Ah alors je voudrais retirer les 20 pièces d’or en excédent, ainsi que les intérêts.
- Les intérêts ? LES INTERETS ?? Ca fait deux jours que tu as posé ton or ! »
Le nain au guichet pris 20 pièces d’or dans sa caisse et les jeta avec force sur le guichet.
- « Tiens ! Voila ton or ! Va t’acheter des chaises avec ! Et ne t’avise pas de revenir avant cent ans ! Sinon je te le fais bouffer ton or ! Je ne veux plus te voir !
- Et la bière que je te dois ?
- Je t’en fais CADEAU !! »
Une demi seconde après avoir dit ces mots, le nain au guichet se ravisa.
- « Ou plutôt tu me la paiera dans cent ans ! ».
Quand même, une bière…

***

On frappait à la porte. Oh putain ouais et fort en plus ! Les assauts répétés sur cette porte résonnaient dans toute la pièce et dans la tête du sergent. Cela faisait redoubler d’intensité son mal de crâne.
Merde on peux pas décuver tranquille ! Laissez moi savourer tranquille ce fantastique mal de crâne ! C’est vraiment pourri de travailler au guet, les gens ne respectent même pas vos heures de récupération de lendemain de cuite.
- « Le représentant du roi nous envoie ! Ouvrez ! ».
Etrange, le sergent n’avait jamais remarqué à quel point il y avait de l’écho dans cette pièce du guet… Il avait une impression de déjà vu, mais il ne préféra pas y penser car cela lui donna la gerbe.

***

Arbitrer un match de Bouré n’était pas une mince affaire. Vous étiez au beau milieu d’un combat entre deux armées de gros monstres pleins de muscles qui se foutaient sur la gueule aussi fort qu’ils le pouvaient. Oui il fallait avoir les nerfs solides. Surtout que derrière vous, une troisième armée était elle aussi prête à bondir à la moindre erreur de jugement de votre part. C’était un peu l’armée du comité de discipline. Une erreur de jugement (par erreur de jugement le comité de discipline entendait bien sûr un abus d’objectivité et d’impartialité envers l’équipe soutenue) et l’armée était lâchée pour vous lyncher. Oui ce n’était pas une mince affaire que d’arbitrer la Bouré. Mais le solde était en conséquence de tous les risques encourus. Et ce jours la, ce fut une finale des plus mouvementées que Crumb allait arbitrer. Il allait mériter sa prime de risque.
En effet, il y eu un tampon qui bouleversa le cours du match. Un tampon durant lequel Crumb détecta une faute de « recours à la magie ». Il était clair que le gros avait usé de la magie sur le maigre. Aussi, de manière parfaitement légitime, Crumb siffla de toutes ses forces pour signaler la fraude.
- « triiiiiiiiiii
- QUOI ? Je suis expulsé pour usage de la magie ?
- Triiiiiiiiii
- Mais monsieur l’arbitre, c’est cet homme qui a triché ! Regardez il empoisonne mon équipe avec ces épines !
- Triiiiiiiii
- Mais…. Monsieur l’arbitre je m’insurge devant une telle injustice !
- Triiiiiiii, dit l’arbitre en sortant de sa poche une carton rouge, signe d’explusion.
- Mais…. Saint-Cuthbert m’en est témoin, je ne laisserais pas une telle injustice restée impunie !! »
Sur ces mots, le gros joueur s’empara de la jambe du maigre, et il commença à faire tournoyer ce dernier au dessus de sa tête, frappant l’arbitre.
- « Triiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii », répondit l’arbitre a cette agression, tout en sortant un carton noir de sa poche.
Personne ne savait exactement ce que signifiait ce carton noir, les gens savaient juste que c’était une faute très grave. Et donc la vision de ce carton n’eut pas un effet très positif sur le comité de discipline (la foule), qui commença à descendre sur le terrain.

L’arbitre Crumb allait devoir utiliser sa prime de risque pour se faire soigner.

***

La finale avait très mal fini. Ratonnade générale. Expulsions. Disqualifications. Aucune récompense car le prix avait été volé. Plusieurs morts. Une pelouse à refaire. Des arbitres ne voulant plus arbitrer. Un stade fermé pour plusieurs mois… Ouah cette finale allait rester dans les annales de la Bouré ! Heureusement pour Gyorn, un noble passionné de Bouré qui avait fait le déplacement spécialement depuis la capitale du pays pour voir la finale, la bière avait malgré tout été au rendez-vous après cette fin de match mouvementée.
Mais il avait quand même cher payé les kilomètres se disait-il. Pour un match aussi catastrophique. Deux jours de cheval pour ça, il n’était pas très sur que cela en valait la peine. Mais bon il avait au moins pu rendre visite a son cousin de Banghora, et il avait pu se taper une magnifique femme de joie sans la crainte de se faire démasquer par sa femme. Donc au moins pour ça, le déplacement avait été utile. Donc ça va, il n’était pas trop mécontent d’être venu.
Ce sentiment s’envola le lendemain matin, au moment de partir. Il allait récupérer son cheval pour rentrer. Et il fut très désappointé d’apprendre a l’écurie de la ville qu’il allait devoir rentrer a pied ou payer un carrosse. Son cheval n’était plus la, il avait été « emprunté » par les voleurs du trophée.

mercredi 17 juin 2009

La compagnie des bras cassés - Anecdote III

Anecdote III : Born to be treacherous

Je vais jamais la trouver! Cette ville est trop grande! Il doit y en avoir des centaines comme elle! Tout ca pour 20 pièce d'or... Je me suis fait avoir...

C'est sur cette pensée que notre messager arriva a Banghora. Il devait retrouver une "destination" (c'est comme ca que la caste des messagers appelaient les personnes a qui ils devaient remettre les lettres), et lui donner une lettre... Et voila... Messager, quel beau métier, et tout ca pour un solde ridicule. Et dire qu'il y en a qui se plaignent d'être miliciens.

Bref, plus vite j'aurais trouvée c'te conne, plus vite je me casserai d'ici. Allez cherche messager, cherche!

Il était presque midi, mais notre brave messager n'avait pas faim, il se prendrait une bière lorsqu'il l'aurait trouvé. Il commença sa recherche dans les hôtels du coin, et il réalisa cette tâche dans la plus grande discipline : du moins cher au plus cher. Oui il fallait être un minimum organisé pour retrouver une destination, sinon vous pouviez y passer des journées entières!
Aucun des hôtels pour pauvres n'avait constaté la trace de sa destination. Bonne chose, il aurait peut-être un pourboire. Le deuxième hôtel pour riches qu'il traversa fut le bon.
Aux premiers abords, il se demanda si l'hotel appartenait a quelqu'un car il n'y avait personne a la reception. Mais après quelques secondes durant lesquelles il martela la sonette, un nain fit son apparition. "C'est bien ma veine..." maugréa le messager intérieurement.
- "2 pièces d'or la nuit, payable d'avance" annonça le nain, sans même un signe de bienvenue.
- "Bonjour monsieur, je ne souhaite que glaner quelques informations au sujet d'une personne que je recherche".
- "Je ne sais rien, adressez-vous au Guet!" répondit le nain en tournant les talons, manifestement préssé de se replonger dans sa sieste.
- "Si vous ne me répondez pas, vous risquez d'enerver certaines personnes très susceptibles...". Bluff, ce messager connaissait bien son métier, et il était passé expert dans la maitrise du bluff. Il faut dire que ce genre de situation était très fréquente. Le nain se retourna, visiblement très désapointé, mais à l'écoute.
C'est la qu'il apprit qu'un groupe d'aventuriers perturbateurs lui avait apporté toute une série d'ennuis, et il y avait au sein de ce groupe une personne qui correspondait tout a fait a la description de sa destination. Il était sur la bonne voie.

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Le soir venu, il avait rentrouvé sa destination. Il l'accosta tout près de l'hotel et s'assura dans un premier temps que c'était la bonne destination. Puis il lui remis la lettre et elle la lu a voie haute
- "... vous semblez en grande difficultés pour mener a bien la mission qui vous a été confié, aussi nous avons décidé de venir vous preter main forte. Dites-nous où et quand, et nous serons là".
A cette lecture, le visage de la destination se transforma. Cela ressemblait a un mélange de crainte et d'interrogation.
- "On m'a demandé une réponse" dit le messager en lui tendant un crayon de bois.
La destination resta immobile pendant un long moment, ne sachant quoi écrire. Manifestement la destination était perturbée par ce message.
Au bout d'un moment, elle fini par écrire au dos de la lettre et rendit le tout au messager en partant, sans dire un mot.

Merde alors! Et mon pourboire!!

Finalement le messager ne prit pas de bière, il s'en alla et quitta la ville. L'air frais de la campagne le calmerais bien plus qu'une pinte de bière chaude au milieu de dizaines de poivreaux.