La Compagnie en a appris un peu plus sur l'œuf magique qu'ils avaient récupéré et vont partir à la recherche des pierres manquantes à l'activation de l'artefact. Cela dit, la tâche n'est pas aisée, et la recherche nécessitera sans doute un travail ardu, et la rencontre éventuelle des assassins d'Angus Von Anorfol.
Chapter X - Let's Play
ou "Dansons la Bourrée"
- Bon, des pierres, il y en a une dans une cité volante, une autre dans une cité sous-marine et l'autre à Banghora. Vous pensez que ce sera laquelle, la plus facile à récupérer?, demanda Elphyr
- Banghora est ma ville natale. J'y connais du monde, et je sais m'y repérer, ce pourrait être un bon début pour notre quête, et elle me parait beaucoup plus accessible que les autres., affirma Tordek d'un ton péremptoire.
- D'autant plus que Maëllstrom Carédas nous a dit qu'elle était sans doute liée à une équipe d'un sport barbare qui se joue dans ces contrées. C'est déjà une bonne piste , acquiesa Glanix.
- La bourrée n'est pas un sport barbare!, interrompit Tordek. C'est tout un art qui demande réflexion, tactique et technique. Les athlètes se doivent d'être affutés aussi bien au niveau de l'intelligence que du physique. Voyez...
Le nain se lança alors dans un monologue, vantant les multiples et divers mérites de la Bourrée, devant un auditoire peu concerné. Il perdit toute attention de quelques minutes, mais ne s'en rendit pas compte, et continuait à exprimer ses vues sur les façons variées de viser la victoire dans ce sport viril, qu'il semblait beaucoup apprécier. Alors qu'il reprenait sa respiration, Marcus réussit à l'interrompre.
- Par quel moyen comptez-vous vous rendre à Banghora? Cette ville se trouve au sud d'Erose si je ne m'abuse, et cela demanderait des semaines de voyages, et impliquerait de repasser dans les régions sauvages que nous avons déjà traversées... Peut-être pourrions nous demander à Maellström de nous offrir ses services afin de nous téléporter directement dans la ville en question?
Cette solution avait le mérite de la facilité, et surtout de la rapidité. Ainsi, Marcus réussit après quelques négociations dont le reste de l'équipe ne sut pas le détail, à obtenir un parchemin de téléportation. L'apprenti magicien demanda alors au nain de se concentrer sur l'image d'un endroit reconnaissable de Banghora, et lut à voix haute les formules cabbalistiques inscrites en runes d'or sur le parchemin. Sa voix semblait plus profonde et plus grave, et de plus en plus forte au long de la lecture. Sur les dernières syllabes, Marcus criait presque, et quand il prononca le vocable d'éxécution, toute l'équipe put voir...
Rien.
Rien du tout.
Même pas un nuage de fumée.
Tous les compagnons étaient restés au même endroit, tandis que Marcus regardait autour de lui avec un air hagard. Apparemment, le sortilège n'avait pas marché. Alors que Tordek commençait à grommeler ses éternelles litanies contre la magie, et que Ferin râlait ouvertement, Marcus retourna voir le magicien pour essayer d'obtenir un autre parchemin.
Il revint l'air penaud.
- Bon, j'ai réussi à obtenir deux autres parchemins de téléportation, mais ce sont les derniers. Nous allons essayer de faire marcher ça plus efficacement, il faudrait que Maitre Nain me décrive l'endroit avec précision, afin que je puisse le visualiser aussi pendant que je lis le sort.
- ça nous a couté combien, demanda Tordek, toujours un peu près de ses économies.
- Oh, seulement 2000 pièces d'or sur les 5000 que nous gagnerons avec les pierres.
Il fallut une bonne dizaine de minutes pour que le nain arrive à articuler une phrase, ayant apparemment été victime d'une crise d'apoplexie en entendant le prix qu'avait couté leur premier échec. Après cela, il fallut attendre une petite demie heure pour que le nain arrête de bouder, et consente à décrire l'endroit d'arrivée.
- Le plus facile serait d'arriver au milieu du stade, c'est assez reconnaissable. C'est une grande pelouse de 370 pieds de longs sur 120 de large. Sur les côtés, plusieurs rangées de gradins en pierre, et en bois derrière les points de marquages. Au loin, on peut deviner les Monts Graduels, et au Nord Est, on voit le haut du clocher de l'Eglise d'Oba-haï.
Marcus, le teint concentré, écoutait religieusement ses indications. Une fois qu'il fut sûr de bien visualiser l'endroit, il recommença à incanter de la même façon que précédemment, à la différence près que cette fois, la réalité autour d'eux sembla d'une façon indescriptible se distordre, et ils se retrouvèrent soudain au milieu d'un stade.
Et un homme fonçait sur Glanix, dans la manifeste volonté de l'agresser. Le prêtre, surpris dégaina sa masse d'armes lourde, et tenta de lui en porter un coup, mais il n'en eut pas le temps, l'homme, de forte corpulence et torse nu, se jeta sur Glanix.
Et s'abattit lourdement sur le sol, après s'être apparemment cogné le crâne contre l'armure d'écaille du religieux. Un regard sur le corps inerte étendu à terre suffit pour constater l'évidence : l'homme s'était rompu le cou dans le choc. Et cela ne semblait pas plaire à ses accolytes, d'autres hommes torse nu sur le terrain, qui se rapprochaient à grande vitesse, ni à la foule massée sur les gradins entourant la pelouse où était arrivée la compagnie, qui hurlait, sifflait et criait à tout va, ni à l'homme habillée dans une veste rayée de noir et de blanc, qui soufflait d'un petit outil en bois d'où émanait des bruits stridents, et qui agitait des bras en tous sens.
Alors que toute la compagnie commençait à dégainer ses armes, et à se préparer à un inégal combat, Tordek réalisa où ils étaient, et cria sur ses compagnons:
- Arrêtez, arrêtez! Ne vous servez pas de vos armes! Nous sommes arrivés en plein match de bourrée! Nous ne devons pas abîmer ces gens, ou nous serons lynchés!
Effectivement, la bronca du public était impressionnante, et l'arbitre (car apparemment, c'était la fonctionde l'homme en noir et blanc) et un officiel arrivèrent, et emmenèrent les compagnons dans un couloir taillé sous les tribunes pour discuter au calme.
- Bon, pourquoi vous tuez mes joueurs, vous? demanda le petit homme bourru, apparemment assez convaincu de sa propre importance
- Heu, c'est plutôt lui qui s'est tué tout seul, protesta Glanix
- C'est la même chose! Maintenant, il nous manque un joueur pour finir le match, et il va bien falloir le remplacer! Sinon, on va se faire lyncher par la foule et les spectateurs. Dire qu'en plus, on était bien partis pour le gagner facilement, ce match... Vous avez une solution, messieurs "j'apparais au milieu des matches", ou on vous livre en patûre à la foule en colère?
Même si les compagnons n'aimaient pas trop le ton de l'entraîneur, il apparassait assez clair qu'il allait falloir faire quelque chose pour éviter de subir le courroux d'une foule en délire.
- Nous pourrions peut être vous fournir le joueur qu'il vous manque, pour continuer le match?, proposa Tordek d'un air plein d'espoir.
- Excusez-moi, mais je pense que vous êtes un petit peu petit pour ce genre de sports... Non, lui, il aurait le bon gabarit, répondit l'entraîneur, en désignant Glanix.
- Je ne vais pas m'amuser à jouer à des jeux alors que nous sommes là pour récupérer la pierre!
- Un jeu? C'est pas un jeu la bourrée! Et il y aurait une récompense à la clé! Y a de l'or en jeu.
Tordek reprit la parole:
- Excusez-moi, mais avec le titre de la coupe, il y a pas une pierre précieuse?
- Précieuse? Ben y a bien le caillou vert, mais si il est passé de génération en génération, c'est bien parce qu'il est pas très précieux. C'est plutôt un truc symbolique, j'imagine.
- J'aimerai consulter mes amis!
Le groupe se retira dans une salle dont la porte était gardée.
- Ecoutez, la pierre que nous cherchons, c'est un des trophées qui est transmis avec la victoire de la coupe. Si nous nous infiltrons dans l'équipe, et que nous participons à la victoire, nous rentrerons en possession de la pierre, n'est-ce pas d'une simplicité enfantine? s'excita Tordek
- Sinon, moi, je pense que je pourrais la dérober aisément, hein. dit Ferin
- Ce ne serait pas juste, annonça Glanix. Je pense qu'il est effectivement plus sage de faire les choses dans l'ordre.
- Surtout qu'on ne voudrait pas se mettre toute la ville à dos en s'enfuyant, rajouta Cyrielle.
Ainsi fut décidé. Glanix fut déshabillé de ses armes et armures, tandis que Tordek essayait de lui inculquer les rudiments de la bourrée.
- Il est interdit de frapper, mais tu peux mettre à terre qui tu veux. ça se joue à 7 contre 7, le but étant d'amener la balle dans le cercle qui se trouve au bout du terrain adverse. Toi tu joueras attaquant, c'est à dire que tu es censé amener le ballon de l'autre côté, et si jamais l'autre équipe s'en empare, tu cours derrière celui qui l'a piqué, et tu l'étales. Si tu as le ballon, cours vers le cercle adverse. Si tu ne l'a pas, essaye de protéger ton collègue qui l'a. Vous menez 2-1, et il reste à peine 5 minutes, ça devrait être jouable!
Glanix avait cependant du mal à saisir les subtilités du sport : pour lui, s'il fallait amener la balle de l'autre côté, pourquoi ne pas taper les gens qui l'en empêchaient. De plus, il avait du mal à saisir la notion d'arbitre.
- Je ne vais pas me laisser ordonner des trucs par un espèce d'escogriffe déguisé en zèbre, disait-il à haute voix, non loin de l'arbitre. Il n'est même pas représentant d'une autorité quelconque.
C'est Cyrielle qui trouva les mots justes.
- C'est un espèce de prêtre du sport, si tu préfères. L'autorité morale. Si tu rejoins le sport, tu dois te conformer à ses rites.
A partir de ce moment, Glanix fut à l'écoute de l'arbitre, et lui parla d'un ton extrêmement respectueux, ce qui étonna quelque peu le maître de jeu qui officiait.
Glanix se mit sur le terrain, juste en face d'une tranchée profonde et large (comme celle de Cyrielle) d'un mètre, qui délimitait les deux zones de jeu. Il était à côté d'un joueur de son équipe, qui lui dit de l'imiter et de le suivre, étant donné que leurs postes étaient jumelés. Tordek, Cyrielle et Elphyr s'étaient mis sur le bord du terrain pour suivre le match, tandis que Ferin et Marcus étaient montés dans les gradins, et Ferin essayait de faire l'éducation alcoolique de Marcus, et avait déjà commandé des bières.
L'arbitre siffla la reprise du match, et lança le ballon dans les mains de Glanix. Celui-ci, se comportant comme on lui avait conseillé, se lanca directement vers l'avant, le ballon à la main. Il sauta au dessus du fossé avec aisance, et chargea d'un grand coup d'épaule l'adversaire qui lui faisait face, avant d'en écarter un autre d'un raffut de la main. Son coéquipier qui le suivait était en train de mettre un autre joueur à terre. Glanix continuait de courir, et se retrouva en face d'un gigantesque demi-orque, qui le plaqua rudement à terre. Le ballon lui échappa alors des mains, pour aller rouler à quelques mètres. Le demi-orque se releva, et se retrouva nez à nez avec un joueur adverse. Les deux adversaires s'empoignèrent et se roulèrent à terre, aucun des deux ne voulant lâcher l'autre.
Glanix en profita pour se relever, et, titubant encore un peu du choc terrible qu'il venait de recevoir, il récupéra le ballon, et alla dans la zone d'en-but, validant ainsi un point de plus pour son équipe. La foule exultait, tandis que ses coéquipiers le félicitaient, et que Tordek s'égosillait à en perdre la voix sur le bord du terrain.
L'arbitre siffla peu après la fin du match : la victoire était acquise.
Chapter X - Let's Play
ou "Dansons la Bourrée"
- Bon, des pierres, il y en a une dans une cité volante, une autre dans une cité sous-marine et l'autre à Banghora. Vous pensez que ce sera laquelle, la plus facile à récupérer?, demanda Elphyr
- Banghora est ma ville natale. J'y connais du monde, et je sais m'y repérer, ce pourrait être un bon début pour notre quête, et elle me parait beaucoup plus accessible que les autres., affirma Tordek d'un ton péremptoire.
- D'autant plus que Maëllstrom Carédas nous a dit qu'elle était sans doute liée à une équipe d'un sport barbare qui se joue dans ces contrées. C'est déjà une bonne piste , acquiesa Glanix.
- La bourrée n'est pas un sport barbare!, interrompit Tordek. C'est tout un art qui demande réflexion, tactique et technique. Les athlètes se doivent d'être affutés aussi bien au niveau de l'intelligence que du physique. Voyez...
Le nain se lança alors dans un monologue, vantant les multiples et divers mérites de la Bourrée, devant un auditoire peu concerné. Il perdit toute attention de quelques minutes, mais ne s'en rendit pas compte, et continuait à exprimer ses vues sur les façons variées de viser la victoire dans ce sport viril, qu'il semblait beaucoup apprécier. Alors qu'il reprenait sa respiration, Marcus réussit à l'interrompre.
- Par quel moyen comptez-vous vous rendre à Banghora? Cette ville se trouve au sud d'Erose si je ne m'abuse, et cela demanderait des semaines de voyages, et impliquerait de repasser dans les régions sauvages que nous avons déjà traversées... Peut-être pourrions nous demander à Maellström de nous offrir ses services afin de nous téléporter directement dans la ville en question?
Cette solution avait le mérite de la facilité, et surtout de la rapidité. Ainsi, Marcus réussit après quelques négociations dont le reste de l'équipe ne sut pas le détail, à obtenir un parchemin de téléportation. L'apprenti magicien demanda alors au nain de se concentrer sur l'image d'un endroit reconnaissable de Banghora, et lut à voix haute les formules cabbalistiques inscrites en runes d'or sur le parchemin. Sa voix semblait plus profonde et plus grave, et de plus en plus forte au long de la lecture. Sur les dernières syllabes, Marcus criait presque, et quand il prononca le vocable d'éxécution, toute l'équipe put voir...
Rien.
Rien du tout.
Même pas un nuage de fumée.
Tous les compagnons étaient restés au même endroit, tandis que Marcus regardait autour de lui avec un air hagard. Apparemment, le sortilège n'avait pas marché. Alors que Tordek commençait à grommeler ses éternelles litanies contre la magie, et que Ferin râlait ouvertement, Marcus retourna voir le magicien pour essayer d'obtenir un autre parchemin.
Il revint l'air penaud.
- Bon, j'ai réussi à obtenir deux autres parchemins de téléportation, mais ce sont les derniers. Nous allons essayer de faire marcher ça plus efficacement, il faudrait que Maitre Nain me décrive l'endroit avec précision, afin que je puisse le visualiser aussi pendant que je lis le sort.
- ça nous a couté combien, demanda Tordek, toujours un peu près de ses économies.
- Oh, seulement 2000 pièces d'or sur les 5000 que nous gagnerons avec les pierres.
Il fallut une bonne dizaine de minutes pour que le nain arrive à articuler une phrase, ayant apparemment été victime d'une crise d'apoplexie en entendant le prix qu'avait couté leur premier échec. Après cela, il fallut attendre une petite demie heure pour que le nain arrête de bouder, et consente à décrire l'endroit d'arrivée.
- Le plus facile serait d'arriver au milieu du stade, c'est assez reconnaissable. C'est une grande pelouse de 370 pieds de longs sur 120 de large. Sur les côtés, plusieurs rangées de gradins en pierre, et en bois derrière les points de marquages. Au loin, on peut deviner les Monts Graduels, et au Nord Est, on voit le haut du clocher de l'Eglise d'Oba-haï.
Marcus, le teint concentré, écoutait religieusement ses indications. Une fois qu'il fut sûr de bien visualiser l'endroit, il recommença à incanter de la même façon que précédemment, à la différence près que cette fois, la réalité autour d'eux sembla d'une façon indescriptible se distordre, et ils se retrouvèrent soudain au milieu d'un stade.
Et un homme fonçait sur Glanix, dans la manifeste volonté de l'agresser. Le prêtre, surpris dégaina sa masse d'armes lourde, et tenta de lui en porter un coup, mais il n'en eut pas le temps, l'homme, de forte corpulence et torse nu, se jeta sur Glanix.
Et s'abattit lourdement sur le sol, après s'être apparemment cogné le crâne contre l'armure d'écaille du religieux. Un regard sur le corps inerte étendu à terre suffit pour constater l'évidence : l'homme s'était rompu le cou dans le choc. Et cela ne semblait pas plaire à ses accolytes, d'autres hommes torse nu sur le terrain, qui se rapprochaient à grande vitesse, ni à la foule massée sur les gradins entourant la pelouse où était arrivée la compagnie, qui hurlait, sifflait et criait à tout va, ni à l'homme habillée dans une veste rayée de noir et de blanc, qui soufflait d'un petit outil en bois d'où émanait des bruits stridents, et qui agitait des bras en tous sens.
Alors que toute la compagnie commençait à dégainer ses armes, et à se préparer à un inégal combat, Tordek réalisa où ils étaient, et cria sur ses compagnons:
- Arrêtez, arrêtez! Ne vous servez pas de vos armes! Nous sommes arrivés en plein match de bourrée! Nous ne devons pas abîmer ces gens, ou nous serons lynchés!
Effectivement, la bronca du public était impressionnante, et l'arbitre (car apparemment, c'était la fonctionde l'homme en noir et blanc) et un officiel arrivèrent, et emmenèrent les compagnons dans un couloir taillé sous les tribunes pour discuter au calme.
- Bon, pourquoi vous tuez mes joueurs, vous? demanda le petit homme bourru, apparemment assez convaincu de sa propre importance
- Heu, c'est plutôt lui qui s'est tué tout seul, protesta Glanix
- C'est la même chose! Maintenant, il nous manque un joueur pour finir le match, et il va bien falloir le remplacer! Sinon, on va se faire lyncher par la foule et les spectateurs. Dire qu'en plus, on était bien partis pour le gagner facilement, ce match... Vous avez une solution, messieurs "j'apparais au milieu des matches", ou on vous livre en patûre à la foule en colère?
Même si les compagnons n'aimaient pas trop le ton de l'entraîneur, il apparassait assez clair qu'il allait falloir faire quelque chose pour éviter de subir le courroux d'une foule en délire.
- Nous pourrions peut être vous fournir le joueur qu'il vous manque, pour continuer le match?, proposa Tordek d'un air plein d'espoir.
- Excusez-moi, mais je pense que vous êtes un petit peu petit pour ce genre de sports... Non, lui, il aurait le bon gabarit, répondit l'entraîneur, en désignant Glanix.
- Je ne vais pas m'amuser à jouer à des jeux alors que nous sommes là pour récupérer la pierre!
- Un jeu? C'est pas un jeu la bourrée! Et il y aurait une récompense à la clé! Y a de l'or en jeu.
Tordek reprit la parole:
- Excusez-moi, mais avec le titre de la coupe, il y a pas une pierre précieuse?
- Précieuse? Ben y a bien le caillou vert, mais si il est passé de génération en génération, c'est bien parce qu'il est pas très précieux. C'est plutôt un truc symbolique, j'imagine.
- J'aimerai consulter mes amis!
Le groupe se retira dans une salle dont la porte était gardée.
- Ecoutez, la pierre que nous cherchons, c'est un des trophées qui est transmis avec la victoire de la coupe. Si nous nous infiltrons dans l'équipe, et que nous participons à la victoire, nous rentrerons en possession de la pierre, n'est-ce pas d'une simplicité enfantine? s'excita Tordek
- Sinon, moi, je pense que je pourrais la dérober aisément, hein. dit Ferin
- Ce ne serait pas juste, annonça Glanix. Je pense qu'il est effectivement plus sage de faire les choses dans l'ordre.
- Surtout qu'on ne voudrait pas se mettre toute la ville à dos en s'enfuyant, rajouta Cyrielle.
Ainsi fut décidé. Glanix fut déshabillé de ses armes et armures, tandis que Tordek essayait de lui inculquer les rudiments de la bourrée.
- Il est interdit de frapper, mais tu peux mettre à terre qui tu veux. ça se joue à 7 contre 7, le but étant d'amener la balle dans le cercle qui se trouve au bout du terrain adverse. Toi tu joueras attaquant, c'est à dire que tu es censé amener le ballon de l'autre côté, et si jamais l'autre équipe s'en empare, tu cours derrière celui qui l'a piqué, et tu l'étales. Si tu as le ballon, cours vers le cercle adverse. Si tu ne l'a pas, essaye de protéger ton collègue qui l'a. Vous menez 2-1, et il reste à peine 5 minutes, ça devrait être jouable!
Glanix avait cependant du mal à saisir les subtilités du sport : pour lui, s'il fallait amener la balle de l'autre côté, pourquoi ne pas taper les gens qui l'en empêchaient. De plus, il avait du mal à saisir la notion d'arbitre.
- Je ne vais pas me laisser ordonner des trucs par un espèce d'escogriffe déguisé en zèbre, disait-il à haute voix, non loin de l'arbitre. Il n'est même pas représentant d'une autorité quelconque.
C'est Cyrielle qui trouva les mots justes.
- C'est un espèce de prêtre du sport, si tu préfères. L'autorité morale. Si tu rejoins le sport, tu dois te conformer à ses rites.
A partir de ce moment, Glanix fut à l'écoute de l'arbitre, et lui parla d'un ton extrêmement respectueux, ce qui étonna quelque peu le maître de jeu qui officiait.
Glanix se mit sur le terrain, juste en face d'une tranchée profonde et large (comme celle de Cyrielle) d'un mètre, qui délimitait les deux zones de jeu. Il était à côté d'un joueur de son équipe, qui lui dit de l'imiter et de le suivre, étant donné que leurs postes étaient jumelés. Tordek, Cyrielle et Elphyr s'étaient mis sur le bord du terrain pour suivre le match, tandis que Ferin et Marcus étaient montés dans les gradins, et Ferin essayait de faire l'éducation alcoolique de Marcus, et avait déjà commandé des bières.
L'arbitre siffla la reprise du match, et lança le ballon dans les mains de Glanix. Celui-ci, se comportant comme on lui avait conseillé, se lanca directement vers l'avant, le ballon à la main. Il sauta au dessus du fossé avec aisance, et chargea d'un grand coup d'épaule l'adversaire qui lui faisait face, avant d'en écarter un autre d'un raffut de la main. Son coéquipier qui le suivait était en train de mettre un autre joueur à terre. Glanix continuait de courir, et se retrouva en face d'un gigantesque demi-orque, qui le plaqua rudement à terre. Le ballon lui échappa alors des mains, pour aller rouler à quelques mètres. Le demi-orque se releva, et se retrouva nez à nez avec un joueur adverse. Les deux adversaires s'empoignèrent et se roulèrent à terre, aucun des deux ne voulant lâcher l'autre.
Glanix en profita pour se relever, et, titubant encore un peu du choc terrible qu'il venait de recevoir, il récupéra le ballon, et alla dans la zone d'en-but, validant ainsi un point de plus pour son équipe. La foule exultait, tandis que ses coéquipiers le félicitaient, et que Tordek s'égosillait à en perdre la voix sur le bord du terrain.
L'arbitre siffla peu après la fin du match : la victoire était acquise.
Tss, si on m'avait laissé jouer, j'en aurais mis 2 de points moi !!
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