lundi 30 mars 2009

La Compagnie des Bras Cassés - Part VII

Les Compagnons ont triomphé sans coup férir d'une bande de brigands rencontrés en chemin, guidé par un Marcus survolté. Les héros se congratulent en constatant les dégâts causés par le raid des bandits.

Chapter VI : Make my bad
Ou (un gobelin, ça va. Six gobelins, ça fait un pack)

Le sol était jonché de cadavres autour du chariot des marchands. Certains étaient ceux de pauvres commerçants qui avaient essayé tant bien que mal de résister, d'autres ceux des hommes de mauvaise vie qui avaient rencontré leur destin en ce jour. Tandis que Ferin était rentré dans le chariot faire un état des biens utilisables, les autres rassemblèrent les corps des personnes honnêtes, et Glanix fit pour eux une prière, recommandant leur âme à Saint Cuthbert qui pourrait leur conter la vengeance subie par les malfrats.
Ferin trouva vite la caisse des marchands contenant la modique somme de 400 Pièces d'Or, qu'il vida dans une de ses bourses, déjà remplie de pièces qu'il avait détroussées aux passants dans les rues d'Erose avant son départ. A part ça, il ne trouva que quelques fioles remplies de potions de différentes couleurs, quelques flèches, et une tonne d'objets inutiles de piètres valeurs, que les marchands vendaient sans doute en usant de quelque escroquerie.
- Qu'as-tu trouvé, ami Ferin? demanda Elphyr d'un ton joyeux.
- Quelques flèches, des fioles que Marcus ou Glanix devront étudier, et un tas d'objets inutiles.
- N'y avait-il pas la caisse de ces négociants?, demanda Tordek, d'un air soupçonneux.
- 40 Pièces d'Or que je m'apprêtais à vous remettre, Maître Nain. Je pense, et je crois que mes camarades en conviendront, que vous serez le plus à même de conserver notre Or afin qu'il ne soit pas dépensé inutilement!
Tordek opina, et empocha rapidement les 40 Pièces d'Or que lui tendait le roublard. Et resta ensuite pensif d'un air souriant, et il fut par la suite beaucoup moins critique dans ses propos envers le roublard.

Quand ils décidèrent de reprendre la route, les aventuriers soucieux de gagner du temps, prirent avec eux le chariot (vidé au préalable de toutes babioles superflues), qui pourrait au futur leur servir d'abri potentiel en cas de pluie, ou de permettre à certaines personnes de se reposer (si les aptitudes de Tordek ou Elphyr aux longues marches n'étaient pas à remettre en question, les capacités d'endurance de Marcus ou de Glanix restaient à confirmer). De plus, les deux boeufs attelés au chariot avaient l'air robuste, et pourraient éventuellement faire plus tard une bonne monnaie d'échange sur un quelconque marché.

Une fois le brasier chargé de consumer les corps purs allumé, la compagnie repartit, tandis qu'une épaisse et noire fumée montait vers le ciel. Il était alors aux alentours de midi quand ils repartirent d'un pas assuré vers les montagnes, maintenant plus proches.

Deux heures de route plus tard, alors que Glanix avait repris son débit sempiternel de prêches et cantiques divers, ils commencèrent à monter, et arrivèrent sur une route étroite, bordée par la vallée sur la droite, et par une longue plaine fortement pentue, qui amenait aux roches plus haut, où on pouvait apercevoir quelques grottes qui se dessinaient.
- L'endroit serait tout approprié pour une embuscade, dit Elphyr d'un ton nerveux tandis qu'il longeait cette pente. J'espère que les gobelins ne résident pas trop près dans la région, ou ils auraient tôt fait de nous attaquer.
Ces mots à peine dits, de gros roulements de tambour se firent entendre, et des formes se dessinèrent sur les hauteurs, semblant courir vers le chariot.
- Ils arrivent, chuchota Tordek, tiraillé entre le sentiment de piège, et son ancestrale envie d'en découdre avec l'ennemi héréditaire de sa race.
-Yaaaaah, cria Glanix, qui était aux rênes, et mit les boeufs au galop.

L'attaque des gobelins avait été préméditée, le gros des troupes arriveraient en bas avec un lourd retard sur le chariot, qu'il leur faudrait combler en courant, mais une poignée d'autres gobelins descendaient déjà la pente pour intercepter le chariot au loin devant. Tandis que la carriole accélérait, et semblait souffrir du contacts avec les diverses pierres qui parsemaient le chemin, Marcus eut l'idée d'utiliser les bouteilles d'huile comme projectiles : il commença donc à déchirer les tentures, afin de constituer des projectiles explosifs.
Soudain, une roue arrière explosa littéralement, après un contact de trop, et la deuxième la suivit rapidement. Le chariot continuait sur sa lancée, freiné par les contacts répétés de l'essieu arrière avec le sol. Sentant que le véhicule pouvait rapidement se disloquer, Glanix fit freiner les boeufs. Une croisée de chemins apparaissait non loin de là, un chemin montant plus avant dans la montagne, et l'autre descendant vers la vallée, tout droit vers une large forêt qui se tenait en contrebas.
Attiré par la haine de l'ennemi, Tordek profita du ralentissement de la course pour sauter de la carriole, se réceptionna d'une petite roulade, et se tint prêt à accueillir les créatures répugnantes qui se rapprochaient maintenant dangereusement.
Mal lui en prit, car ce fut exactement le moment que choisit Marcus pour lancer son projectile inflammable improvisé, qui éclata juste devant le nain, qui se retrouva avec une barbe en feu. Tandis que Marcus, horrifié, commença tout de suite à préparer un autre projectile afin de rattraper son erreur, Tordek se roulait dans l'herbe pour essayer d'éteindre le feu. Elphyr était descendu à son tour, mais d'une manière plus agile, et arrosait de flèches quelques gobelins qui arrivaient trop près. A l'avant, Glanix et Cyrielle descendirent à leur tour, et se dirigèrent vers l'avant pour réceptionner les gobelins qui descendaient droit de la pente. A l'intérieur, Ferin s'assurait qu'il n'avait rien oublié de précieux dans le véhicule avant de l'abandonner.

La lutte était inégale : malgré leurs piètres performances au corps à corps les gobelins arrivaient en grand nombre, et s'ils étaient assurés de subir de lourdes pertes, ils étaient une quinzaine à l'avant contre seulement une moine et un prêtre, et ils étaient non loin d'une centaine qui courraient à l'arrière. Le pillage allait être beau, et les récompenses grasses, pour ceux qui survivraient. De plus, il y avait un nain à torturer, une joie toujours largement appréciée chez les gobelins, et le barbu était déjà en train de se rouler par terre de peur.

C'est ce que disait un des gobelins du groupe de tête des poursuivants qui étaient sur le point de se jeter sur Tordek, quand une bouteille explosa non loin d'eux, provoquant un soudain déluge de flammes et de douleur sur les créatures méprisables qui se débattaient pour éviter une mort certaine.
Le gros nuage de flamme qui venait d'apparaître grâce à la vivacité d'esprit de Marcus laissait un répit de quelques minutes, tant cette explosion avait désorganisé les gobelins. Ferin, suivant son instinct, ne réfléchit pas trop, et courut tout droit vers la forêt, bientôt suivi par Elphyr et Marcus, et enfin Tordek. Glanix et Cyrielle, de leur côté, couvraient leur fuite en massacrant les quelques gobelins qui arrivaient par le haut au compte-goutte, et dont l'ardeur se faisait plus tempérée au fur et à mesure que les cadavres s'accumulaient. C'est quand Glanix, emporté par son mouvement, asséna un violent coup de masse d'armes sur la nuque de Cyrielle qu'ils jugèrent bon de rebrousser chemin à leur tour.
La troupe courut jusqu'à la forêt, et se dissimula non loin de l'orée. Les quelques gobelins qui osèrent les suivre jusque là furent rapidement éliminés, mais la majeure partie n'eut pas la témérité de pénétrer sous les arbres qui leur étaient hostiles, et retournèrent participer au pillage des restes du chariot et à la mise à mort des bovins qui leur serviraient de repas lors des prochains jours.

Les aventuriers se retrouvèrent vite seuls. Ils étaient saufs et fatigués. Ils pouvaient voir au loin les monts ensoleillés qui semblaient se moquer d'eux : ils avaient été vaincus, et ne passeraient pas par la montagne.

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